• LA NATURE ET LES PETITES BÊTES

    Cette rubrique n'a pas la prétention de donner des renseignements exhaustifs sur les sujets abordés. Il s'agit en général de présenter de manière la plus agréable possible un animal, insecte ou oiseau, à l'occasion d'observations personnelles (une sorte de carnet naturaliste). Les liens (en caractères gras dans le texte) et le paragraphe "en savoir plus"  renvoient à des sites fournissant des indications complémentaires. Bonne lecture. 

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         Ce court article vient compléter l'article du 15 mai 2019 "le flambé, papillon zèbre"

          En juillet, la rencontre avec ce beau papillon m'a permis de réaliser quelques clichés. C'est d'abord sur les fleurs d'un buddleia, le bien nommé "arbre aux papillons", que le bel insecte s'est montré. Forme légèrement triangulaire, ailes blanches barrées de noir deux ocelles oranges sur les ailes postérieures festonnées de bleu.

    Le flambé   Un flambé se nourrit sur une fleur de buddléia et laisse admirer sa voilure splendide.

        Difficile de confondre notre insecte avec l'un de ses cousins, même, si, toutefois, quelque débutant pourrait le prendre pour un machaon  pourtant bien différent, tant par sa forme que par la répartition de sa coloration.

    Le flambé en images

     Le flambé, à gauche,  est parfois confondu avec le machaon, à droite.  La forme triangulaire du flambé et la forme des motifs de l'aile permettent de distinguer facilement les deux cousins.

        Les adultes sont visibles d'avril à septembre. Selon certains auteurs, les mâles ont un comportement territorial particulier: le hill-topping ou ronde sommitale. Les mâles se placent sur une hauteur. Depuis, leur observatoire, ils attendent le passage des femelles et chassent les intrus  qui pénètrent dans leur territoire.

    Le flambé (2)

     Les œufs sont pondus sur des plantes hôtes telles que les pommiers, poiriers , prunus ou l'aubépine. Souvent ils sont parasités par un triste citoyen répondant au nom de trichogramme. Comme chez beaucoup d'espèces ils sont consommés par divers prédateurs. Les chenilles peuvent être manipulées sans danger. Elles peuvent cependant émettre un liquide nauséabond dont la fonction est de décourager un éventuel prédateur.

     

    Le trichogramme est un minuscule hyménoptère qui parasite les œufs des flambés. Il pond dans l’œuf du lépidoptère dévoré par une larve qui en ressortira à l'état adulte.    

    Le flambé

     

    Le flambé 

    Le flambé

     

    Le flambé

     

    Le flambé 

    Le flambé

     

     

    Le flambé en images

     

    Repères

     

    Carte d'identité du flambé 

    Famille : Papillionidae  Sous-famille : Papillioninae  Genre : Iphiclides 

    Longueur :  50 à 70 cm

    signes distinctifs:     un pyjama rayé et des ailes postérieures  festonnées  portant chacune 4 lunules bleues et un ocelle orange.

     

     

     

     Ci-contre: répartition du flambé  in  Lepinet

     

    Le flambé en images

     

     

     

     

         Développement du flambé. La chenille s’arrime solidement sur un support avant de se nymphoser. Elle se fixe en bas directement sur la branche et en haut par l'intermédiaire d'un filin de soie.

     

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2022

     

     

     

     

     

     

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        Deux papillons sont entrés dans la maison. L'un d'eux laisse brièvement voir la couleur  de ses ailes: orangées, tachetées de noir et  finement bordées de bleu.  C'est une grande tortue (Nymphalis Polychloros).

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros) Sur le rebord d'une fenêtre, une grande tortue montre brièvement la couleur de ses ailes qui sont généralement repliées au repos.

       La confusion pourrait se faire avec la petite tortue (aglais urticae), plus petite et aux couleurs plus vives et plus encore avec la vanesse du saule (nymphalis  xanthomelas), une espèce orientale rare que l'on ne rencontre dans le quart nord-est de la France.

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

        La vanesse du saule est une espèce orientale originaire de l'Asie. Deux caractères principaux permettent de la distinguer de la grande tortue.

    Après l'émergence, les imagos estivent avant de reprendre un peu d'activité en septembre. Par ces temps de canicule, ceux là cherchent sans doute un endroit moins chaud dans les habitations pour s'engourdir en attendant la fin de l'été. Ils hibernent ensuite et redeviennent actifs pour se reproduire au printemps suivant.

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

     Une grande tortue estivante se laisse manipuler quelques instants avant de s'envoler et retourner à sa torpeur.

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

         Les œufs sont souvent pondus sur les feuilles d'un orme, ce qui lui vaut son second nom de vanesse de l'orme. Les chenilles peuvent néanmoins se nourrir de nombreuses autres essences: saules, arbres fruitiers, sorbier, peuplier...

         Elles sont grégaires et se développent en petits groupes, ne se séparant qu'à l'approche de la nymphose. Elles trahissent leur présence par un découpage important des feuilles dont elles s'alimentent. Néanmoins, elles ne présentent  pas  de danger pour l'arbre où elles se trouvent.

         Les imagos se nourrissent d'exsudations issues de bourgeons ou de blessures infligées aux arbres. On ne peut donc pas les observer sur les fleurs.

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

     

     

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     2 spécimens de grande tortue:  la coloration des ailes diffère légèrement d'un individu à l'autre.

     

    Repères

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)

     

     

    La grande tortue (Nymphalis Polychloros)
       En savoir plus

          Sur le site d'André Lequet:   la grande tortue

          Wikipedia:   la grande tortue

                              la vanesse du saule

     

     

     Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2022

    vanesse du saule: d'après   Nymphalis xanthomelas in Mount Ogōchi, Ōshika, Nagano prefecture, Japan.

     

     

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  •       Cet article vient compléter les quelques informations  sur le Gamma données dans un article du 4 mai 2016  : "Transformations: Nymphose des chenilles de l'ortie"

        Un papillon s'est posé sur une fleur de lavande. Les ailes rousses à l'aspect déchiqueté  sont tachetées de noir. Lorsqu'elles sont ramenées à la verticale, elles laissent apparaître une marque blanche en forme de C:  c'est un gamma ou C-blanc plus communément connu sous le nom de Robert le Diable. Cette dernière dénomination a une origine beaucoup moins claire que les deux autres. Je laisse à d'autres le soin de l'exposer (voir "en savoir plus").

        Si ce n'étaient la taille et la forme des ailes, on pourrait confondre le Robert le Diable avec la grande tortue (Nymphalis polychloros). Les mâles ont un comportement territorial et défendent leur domaine posé sur un perchoir bien en vue. Cet amateur d'exsudations végétales visite aussi les fleurs du jardin sur lesquelles il se laisse assez facilement observer. Les individus qui estivent ont un revers d'aile brun clair qui devient brun foncé  chez les hibernants. 

       Les chenilles se nourrissent souvent d'orties sur lesquelles on peut trouver aussi les chenilles de la petite tortue ou du paon de jour. Elles peuvent être parasitées par divers hyménoptères en particuliers ces citoyens répondant aux doux noms de  phobocampe confusa, hoplismenus terrificus, pteromalus puparum et blapsidotes vicinus (d'après guide des papillons de France  Moussu, Lorin et Cooper Editions Delachaux et Niestlé 2019).

         Chez les  lépidoptères les larves subissent 4 ou 5 mues, chaque stade étant numéroté de L1 à L5. Au stade L4, les chenilles du gamma présentent sur le dos un curieux ornement en forme de fiente d'oiseau. Cette tache mimétique peu ragoûtante découragerait les prédateurs au palais délicat.

     

    Le gamma ou "Robert le Diable"


     

    Le gamma ou "Robert le Diable"

     

    Le gamma ou "Robert le Diable"

        Les ailes du Robert le Diable présentent une tache blanche en forme de C qui  lui donne son nom scientifique:  gamma ou C-blanc (Polygonia c-album).

    Le  Robert le Diable (Polygonia c-album)

     La tache blanche en forme de fiente d'oiseau est caractéristique de la chenille de Robert le Diable. 

    Le gamma ou "Robert le Diable"

     

    Le gamma ou "Robert le Diable"

          Avant la nymphose la chenille de Robert de Diable se suspend à un support et se replie en crochet. Quand la cuticule de la larve se fend, la chrysalide encore molle s'extirpe.  On devine la tête et les ailes du futur papillon. Une fois durcie la chrysalide prend l'aspect d'un curieux poisson suspendu !  

    Le gamma ou "Robert le Diable" 

    Le gamma ou "Robert le Diable"

     

    Le gamma ou "Robert le Diable"

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Deux formes apparaissent durant l'année: une forme au revers d'aile clair et contrasté qui estive et une forme au revers d'aile foncé et moins contrasté qui hiberne et réapparait au printemps.

     

     

    Le gamma ou "Robert le Diable"

     

    Crédit photos et photomontage: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2022

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  •    Comme les autres articles de ce site, le texte ci-dessous n'a pas la prétention d'ajouter une référence de plus à la connaissance de cette jolie punaise que l'on voit beaucoup sur les autres sites naturalistes. Il s'agit surtout de présenter quelques images d'un insecte particulièrement photogénique, un bonheur pour le photographe.   

     

          A la voir, on pourrait croire que la punaise arlequin ou graphosome italien est un supporteur miniature de l'équipe de football de l'AC Milan! De toute évidence, et loin de ces considérations sportives, voilà une punaise résolument photogénique.

           Deux espèces très proches existent, l'une en Afrique du nord (graphosoma lineatum) l'autre dans les seules régions méditerranéennes (graphosoma semipunctata)). Au delà,  la bossue rayée peut difficilement être confondue avec l'une ou l'autre de ses autres cousines. Parmi elles, les pyrrhocores (pyrrhocoris apterus) qui se rassemblent parfois en groupes importants dans les endroits ensoleillés.

           C'est sur les ombellifères que l'on aura le plus de chance de rencontrer ce curieux insecte au costume rouge et noir. Comme les autres punaises, le graphosome possède un appareil buccal piqueur-suceur qui lui permet de prélever la sève de la plante hôte. En fait, il passe son temps à se nourrir et à se reproduire. Les individus accouplés ne sont pas rares et ne semblent pas spécialement perturbés par un éventuel observateur.

             Manipuler le graphosome est sans danger. Le seul vrai risque est de le voir produire un liquide malodorant sur la main. Inoffensif mais désagréable ! C'est un système de défense habituel chez les punaises pour décourager un éventuel prédateur. Dans son arsenal de défenses passives s"ajoutent la couleur rouge qui constitue un signal de danger pour les oiseaux (d'autres insectes se déguisent en noir et jaune pour imiter les guêpes et autres redoutables frelons)  et  un thorax  bossu  qui  semble  gêner la saisie de notre punaise par un oiseau indifférent à la couleur rouge.

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     Quand le graphosome pose docilement pour le photographe: une vraie star !

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     C'est sur les ombellifères que l'on rencontrera le plus souvent  la punaise arlequin...

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

      ... dans toutes les sens, tête en bas...

     La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     ... horizontalement ou verticalement...

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)
     ... et même dans des positions qui laissent à penser que... ! 

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

    Le graphosome italien est bossu. Sa bosse pourrait le protéger des prédateurs insensibles à la couleur rouge, signal de danger, en rendant sa capture plus difficile.

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     

     

     

     

     

     

     

     

    Difficile de confondre  le graphosome italien avec l'une de ses cousines.

    Repères

    La punaise arlequin (graphosoma italicum)

     

     

     

     

    En savoir plus

        Les excellentes pages entomologiques d'André Lequet proposent un article parmi les plus complets sur la bestiole. Étant plus photographe qu'entomologiste je vous recommande donc cet article

           Le graphosome italien

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2022

    Illustrations graphosoma lineatum et graphosoma semipunctata d'après Wikipedia

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         Si l'on exclut quelques rares groupes de passionnés, les colombidés  semblent assez peu attirer les amateurs d'oiseaux, ornithologues ou non. Dans cette rubrique, un petit article de 2017 traitait  des mérites d'un oiseau très familier et très répandu dans les milieux urbains, le pigeon de ville (columba livia) ou, plus exactement, de ses beaux yeux!  Plus récemment, c'est la tourterelle turque qui était à l'honneur dans un second article de "la nature et les petites bêtes". Je  m'intéresse ce mois-ci à une espèce très proche mais  moins inféodée aux milieux humains:  le pigeon ramier (columba palumbus).

      Un matin de la mi-mars, quelques pigeons se sont posés dans le pré derrière la maison. Je pense d'abord à des pigeons de ville (columba livia) égarés en pleine campagne. Mais en regardant de plus près, pas de doute, ces pigeons là sont des pigeons ramiers (columba palumbus). Les pigeons ramiers peuvent se déplacer en troupes parfois importantes. Mais on peut aussi observer  des individus isolés ou en couples. De loin, ils peuvent passer inaperçus parmi  les pigeons de ville auxquels ils peuvent se mêler.

      Vus de près, cependant, difficile de les confondre avec une autre espèce: des yeux à l'iris blanc, l’extrémité orange du bec et la caractéristique tache blanche du cou lèvent vite le doute sur l'identification de l'oiseau.

      De loin et de dos, la confusion serait possible avec le pigeon colombin (columba oenas) qui montre de profil une tache caractéristique bleu-vert métallisée sur le cou.

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier

     Notre pigeon peut s'observer seul ou en groupe plus ou moins important. Il se nourrit dans les arbres ou, comme ici, au sol. 

       S'ils sont plutôt confiants en milieu urbain, ils deviennent beaucoup plus méfiants en campagne où ils sont souvent chassés. Pour l'heure, ils se déplacent tranquillement pour glaner quelque graine tombée au sol. Puis l'idée leur prend de récolter les baies du lierre qui envahit un vieux cerisier.

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier (columba palumbus)

     

      Mais aujourd'hui, pas de chasseur pour les faire fuir. C'est la présence un peu insistante d'un chat trop curieux qui les fera s'envoler soudainement vers d'autres lieux.

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier

     Œil blanc, bec orange, tache blanche sur le cou: impossible de confondre, c'est bien un pigeon ramier aussi appelé palombe.

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier (columba palumbus)

     Le pigeon de ville  ressemble  beaucoup au ramier. L’œil orange et l'absence de tache blanche sur le cou permet cependant de le distinguer facilement de son cousin.    

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier

     Perché sur une branche haute, le pigeon ramier pourrait être confondu avec le pigeon colombin. Mais, de face et même de loin,  sa poitrine rose permet de l'identifier sans crainte de se tromper. 

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier (columba palumbus)

     

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier

     Le pigeon ramier apprécie les fruits du lierre. 

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier

     

    Repères:

       Pas de dimorphisme sexuel, sexes identiques

       Taille: 40 à 42 cm.

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier (columba palumbus)

     

    Portraits d'oiseaux (24): Le pigeon ramier (columba palumbus)

     Hormis la couleur globale de la tête (très variable chez le pigeon de ville) , saurez vous retrouver toutes les différences entre la tête du pigeon ramier  (à gauche) et celle du pigeon de ville (à droite)?

     

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2022  

     

     

     

     

     

     

     

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