•  Avant qu'on ne l'aperçoive, on l'a déjà repérée: en couple ou, plus rarement,  en petite troupe, elle s'agite, se chamaille avec ses congénères avec force bruit: claquements et caquètements. Cagoule noire, gilet blanc et veste sombre aux reflets irisés, c'est la pie.

          Même en étant néophyte, difficile de confondre cet oiseau là avec un autre, sauf à souffrir d'agnosie visuelle, être très myope ou le faire exprès.

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

     

           Bien qu'elle soit l'une des espèces les plus familières en milieu urbain, la pie, comme la corneille noire et les autres corvidés, reste méfiante à la campagne et, en général, ne se laisse observer que de loin. L'admirer de près dans son élégant costume noir et blanc reste un privilège. Bien présente dans l'imaginaire populaire, la pie peut être considérée comme un célèbre inconnu dont le comportement n'a vraiment été étudié qu'à partir des années 80. 

    La pie bavarde (pica pica)


     

              Côté préférences alimentaires, c'est une nettoyeuse de petits cadavres et une consommatrice de fruits et de baies. Côté obscur, elle a une fâcheuse tendance à dévorer œufs et nichées d'autres oiseaux, certains couples écumant systématiquement les buissons aux alentours de leur nid. En cela pourtant,  elle n'a pas l'exclusivité, puisque geais, corneilles et même le si sympathique et mignon écureuil s'adonnent aux mêmes méfaits, sans parler des dégâts occasionnés par les chats (pour ces derniers, l'impact de prédation est difficile à évaluer mais on peut prévoir qu'il est important).

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

     La corneille noire et le geai pillent volontiers le nid des autres oiseaux, celui de la pie aussi parfois.

    On se gardera de juger négativement tous ces honnêtes pirates qui contribuent ainsi à l'équilibre des populations de petits passereaux. Ajoutons à cela la curiosité naturelle de la pie qui la pousse à garnir son nid d’objets hétéroclites et son attirance pour les objets brillants qui lui a valu une réputation de voleuse1 en plus de « nuisible » avéré, justifiant la persécution qu’elle a subi dans les campagnes.

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)


          A l’inverse, certains amateurs d'oiseaux l'élèvent. Elle se montre alors aussi intelligente qu'attachante, suivant partout son maitre. 


    C'est au sommet d'un grand arbre que la pie construit un nid volumineux muni d'un toit et d'une entrée latérale. De loin on pourrait le prendre pour une boule de gui. A partir d'avril, elle y pond 4 à 8 œufs.

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

        Ici, une pie a installé son nid au sommet d'un châtaignier. 

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

     En pleine lumière, les rémiges et les rectrices de la pie ont de beaux reflets irisés. 

    La pie bavarde (pica pica)

     La pie gourmande accepte volontiers les appâts offerts par l'observateur. Reliefs de repas, déchets de viande, miettes de pain ou de gâteau, tout fait ventre. L'occasion de la voir de près à condition de rester très discret.

    La pie bavarde (pica pica)

     

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

    Si vous ne l'avez pas encore vue, elle vous a déjà repéré, prête à s'envoler.

     

    La pie ne chante pas. Comme les autres corvidés, elle émet des cris peu mélodieux. Ci-dessous le chant agréable du merle se mêle aux jacassements de la pie.

     

     

     Quelques repères

    Longueur: 44-56 cm (dont queue 20-30 cm)  Poids: 190-250 g 

    Dimorphisme sexuel peu marqué: les mâles sont légèrement plus grands que les femelles.

    Portraits d'oiseaux (9): La pie bavarde (pica pica)

     

     

     

    En savoir plus : Pie bavarde Wikipédia

     

     

     

     1. Le compositeur italien J.Rossini est l'auteur d'un opéra en deux actes "La pie voleuse" ("La gazza ladra" créé en 1817 à la Scala) dans lequel la malheureuse Ninetta est accusée du vol d'une cuillère en argent dérobée...par une pie !

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2020 

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  •   Loxiafilms est fier de vous faire partager la découverte d'une nouvelle espèce d'oiseau: le coco-geai. Un petit sourire et une bonne nouvelle pour les amis des oiseaux et des ornithologues en cette période difficile de confinement et d'appauvrissement de la biodiversité.

    La photographie ci-dessous a demandé de longs mois de recherche et d'observation dans les forêts reculées du Jura. Nous devons les photographies au talentueux Georges Lafleur qui nous a aimablement autorisé à les publier dans cet article. Nous l'avons baptisé, en attente d'homologation, du nom scientifique  thrautes glandarius (prononcez tro té glan darius).

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est au plus profond d'une forêt jurassienne que nous avons découvert une nouvelle espèce: le coco-geai.

    Quelques données éco-éthologiques

      On sait encore peu de choses sur les habitudes de cette espèce. On peut néanmoins le décrire brièvement et exposer quelques caractéristiques biologiques.

      De taille réduite (16 cm) l'oiseau possède un plumage coloré: poitrine  et tête rose, plastron noir, béret bleu clair rayé, dos foncé, nuque grise, et une bande alaire blanche. Les deux sexes sont semblables avec cependant une petite différence: les femelles portent une moustache noire. En période de reproduction, il semble que les femelles dotées de la plus belle moustache soient les plus courtisées.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      Découverte: une nouvelle espèce, le coco-geai d'Europe (thrautes glandarius)

     

    Le régime alimentaire est constitué de graines et fruits secs divers (noisettes, noix, faines...) et de petits invertébrés (limaces, insectes, vers...). 

    Les premières données sur son anatomie semblent indiquer que l'oiseau présente des caractères archaïques qui le rapproche fortement du célèbre archéoptéryx, oiseau fossile daté de 150 millions d'années. En particulier trois vertèbres libres formant une courte queue et un bec orné de dents visibles quand l'oiseau ouvre la bouche.

     Le chant du mâle de coco-geai est constitué de kuoloukou-kuoloukou-kuoloukou ou kirikou-kirikou-kirikou auxquels répondent les hou, hou des femelles.

     

    Chant du Coco-geai, au printemps dans la forêt jurassienne

     

     

     

     

    Fossile d'archéoptéryx, oiseau fossile daté de 150 millions d'années retrouvé dans les calcaires fins de Bavière en Allemagne. 

     C'est surtout le soir que le coco-geai fait retentir son chant caractéristique.

     Nous découvrons, au petit matin,  le domaine du coco-geai en ULM.

     

     Georges Lafleur notre photographe reçoit le ravitaillement du jour au campement.

     

    Crédit photos et photomontages: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2020 

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  •    Le gros-bec est un fringillidé étonnant par la taille et l'aspect. Comme son nom l'indique, il y a d'abord ce bec imposant qui permet de l'identifier immédiatement. Cet  organe hors norme  lui permet de s'alimenter avec toutes sortes de fruits secs et de graines. Sa puissance est telle qu'il est capable de briser les noyaux de cerises.

       Passé l'effet de surprise créé par le faciès de l'oiseau , on remarquera un plumage aux couleurs magnifiques, particulièrement chez les mâles. Plutôt discret à la belle saison, c'est en hiver, au nourrissage, qu'il se laissera admirer en compagnie des pinsons et autres mésanges.

    Le gros bec

     Le plumage du mâle de gros-bec (ci-dessus) est plus coloré et contrasté que celui de la femelle (ci-dessous)

    Le gros bec

     

    Le gros bec

     

    Le gros bec

     

    Le gros bec

     

    Le gros bec

     

    Le gros bec

     

    Quelques repères

    Le gros bec

     Parmi les fringilles le gros-bec fait figure de géant, le tarin des aulnes étant le plus petit. 

    Le gros bec

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2020 

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  •    Le détourage permet de mettre en valeur les caractéristiques du sujet photographié en l'isolant du fond. Ce petit exercice fastidieux permet d'obtenir des résultats sympathiques.

        Ci-dessous, une première série sur le développement du paon de jour à partir de photos traitées façon dessin (voir précédents articles "carte blanche" et "carte noire").

    Petites bêtes en phodessins: le paon de jour

     

           Avant leur métamorphose, les papillons passent par cinq stades larvaires notés L. Ici, 3 stades sont représentés:

    1. Chenille L1    

    2. Chenille L3 avant mue     

    3. Chenille L5

         Les petites chenilles du paon du jour (Inachis io) deviennent gris bleu, puis se parent, dans les derniers stades, d'une robe noire constellée de petits points blancs.

        Avant la mue nymphale, la chenille au stade L5 se suspend à un support sur lequel elle sera fixée jusqu'à la mue imaginale.

    4. Juste après la mue nymphale, la jeune chrysalide, encore molle, est de couleur vert tendre.

    5. En se durcissant, elle devient jaune pâle.

    6. Dans les jours qui précèdent la mue imaginale, le papillon adulte devient visible à travers la paroi amincie de la chrysalide.

    7. et 8. Mue imaginale: l'imago (insecte adulte) s'extrait de la chrysalide. Ses ailes sont froissées. Il reste parfaitement immobile afin que la pression de  l'hémolymphe (le sang des insectes) développe harmonieusement sa voilure.

        Si le papillon ne dispose pas de suffisamment d'espace, les ailes restent froissées. Il ne peut plus voler et devient rapidement la proie facile d'un chasseur d'insectes, un oiseau, par exemple.

    8. Quelques heures après la sortie de la chrysalide, le papillon s'envole.

     De nombreux insectes, en sortant de l’œuf, ont une apparence très différente de leurs parents. Les lépidoptères ou papillons, font partie de ces animaux qualifié d'holométaboles, c'est à dire d'animaux subissant une transformation ou métamorphose complète.

       Les papillons, de ce point de vue, sont remarquables, tant les chenilles paraissent différentes des adultes ou imagos.

       Cela signifie que les chenilles représentent le stade larvaire du développement du papillon. Ce stade larvaire lui-même se déroule en cinq étapes séparées chaque fois par une mue, c'est à dire un changement de cuticule (la "peau" des insectes). Cette cuticule qui recouvre le corps des insectes est rigide, elle constitue un squelette externe. La croissance ne peut donc se réaliser qu'en changeant cette carapace qui empêche l'expansion du corps de l'animal. La cuticule des chenilles est relativement souple mais ne peut se distendre indéfiniment. La mue est donc provoquée quand la croissance du corps atteint la limite de la capacité d'expansion de cette cuticule.

      Le stade larvaire est suivi de la nymphose: durant cette étape, la larve (chenille pour les papillons) devient une nymphe. Lorsque la nymphe ou chrysalide apparait (photos 4,5), on est surpris par sa forme qui n'est ni celle d'un papillon ni celle d'une chenille. En fait, la chrysalide va subir une transformation complète : les tissus larvaires sont totalement digérés et des structures cellulaires, les disques imaginaux*, reconstruisent entièrement l'animal. 

     

    *En savoir plus:  disques imaginaux  (J Royet - ‎1998  INSERM)

                                       le paon du jour   par André Lequet 

     

    Crédit photos et photomontage: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2019 

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  •    Au milieu du pré, un oiseau sautille et fouille la terre avec son bec à la recherche de petits invertébrés.Œil blanc, dos vert, croupion jaune fluo, dessous jaune pâle, masque noir de Zorro et casquette rouge: c'est le pic vert.

        Les deux sexes possèdent une moustache noire, mais chez Monsieur, les couleurs sont plus contrastées  et la moustache est ornée de rouge. Les juvéniles sont plus unis avec des taches claires sur le dos et les ailes, tandis que les parties claire de la tête et le ventre sont rayées.

          Contrairement à d'autres pics, le pic vert cherche souvent sa nourriture au sol et plus rarement sur les arbres. Il  se nourrit ainsi de petits invertébrés, en particulier de fourmis.

      Le pic vert (picus viridis)

     Chez les pics verts, Monsieur arbore moustache noire ornée de rouge, Madame se contentant d'une moustache entièrement noire.

    Le pic vert

     Le pic vert cherche le plus souvent sa nourriture au sol. Il y capture des fourmis et des petits invertébrés.

    Le pic vert

     

    Le pic vert (picus viridis)

     

    Le pic vert

     

          Après avoir éventré une fourmilière, ce jeune pic vert absorbe sans peine fourmis  œufs et  couvain de la colonie grâce à sa langue télescopique. Les soldats qui courent sur son corps opposent une résistance dérisoire à un ennemi bien trop gros pour eux.

          Peut-être même, ironie du sort,  lui rendent-ils service en nettoyant son plumage avec l'acide formique qu'ils produisent ! 

    Le pic vert

     

    Le pic vert

     

    Le pic vert (picus viridis)

     

          Parmi les adaptations des pics et en particulier du pic vert, on notera non pas un mais deux doigts placés en arrière du pied et des rectrices très dures qui permettent un appui solide sur les troncs et font de ces animaux des grimpeurs habiles.

           Une autre caractéristique remarquable de ces oiseaux est la capacité à projeter loin en avant une langue qui apparait beaucoup plus longue que son bec. C'est un outil extrêmement efficace pour explorer les interstices du sol et saisir des petites proies inaccessibles à d'autres espèces insectivores. On peut évidemment et légitimement se poser la question de savoir où notre oiseau loge  pareil organe.

              Le dessin ci--dessous donne la réponse: la langue est le prolongement d'un ensemble anatomique, l'appareil hyoïdien,  qui s'enroule autour de la tête de l'oiseau. En se contractant, le muscle génio-hyoïdien se raccourcit et projette la langue vers l'avant, l'ensemble atteignant alors une dizaine de centimètres chez le pic vert !  

    Le pic vert (picus viridis)

     

     

    Le pic vert (picus viridis)

    (en savoir plus cliquez ici) 

     

    Quelques repaires pour identifier le pic vertLe pic vert (picus viridis)

     

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2019 

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