•   J'ai eu la bonne surprise de découvrir sur un plant de lavande ce splendide petit papillon qu'est l'ariane ((Lasiommata maera). L'occasion de recoller plus précisément à l'intitulé de la rubrique: "insectes et petites bêtes"! Le spécimen observé à la mi-août est vraisemblablement issu d'une deuxième génération.

        La beauté de l'ariane ne saute pas immédiatement aux yeux. C'est en regardant de près que l'on peut véritablement apprécier la délicatesse des motifs qui ornent ses ailes. De loin, on peut le confondre avec l'amaryllis ( Pyronia tithonus) ou le Tristan (Aphantopus hyperantus). Aussi en ai-je profité pour tirer le portrait de ce joli et discret lépidoptère avec un GH4 associé au 100-400 Leica. L'occasion de tester l'appareil et ce superbe objectif, et pour pimenter l'affaire, en tentant de saisir au vol le joli papillon. 

     

    L'ariane

     

    L'ariane

     

    L'ariane

     

    L'ariane

     

     

    L'ariane

     

    L'ariane

     

     

    L'ariane

     

    Deux espèces proches de l'ariane.

     

    L'ariane (Lasiommata maera)

     

    L'ariane (Lasiommata maera)

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2019 

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  • C'est au festival d'Abbeville que j'ai rencontré pour la première fois Patrick. 

            Lorsque le festival nous fait la joie de sélectionner un film, nous prenons un petit week-end avec mon Guillaume de fils pour assister à la soirée des films amateurs le vendredi soir puis à la soirée de la remise des prix le lendemain. En ce mois de mars 2016, tout juste arrivés dans la  bourgade, nous entrons dans une petite gargote, et là, seul, notre ami Patrick attablé devant une assiette de frites, repas luxueux que nous prévoyons aussi de nous offrir ! Rapidement nous faisons connaissance et le courant passe immédiatement.Nous échangeons quelques propos sur la photographie naturaliste et, plus prosaïquement, quelques réflexions sur la pollutions des eaux tout en avalant notre rata.

            Ce week-end là, une première version de "la litière forestière" devait être récompensé par une mention de la meilleure image, "Un jour d'été" n'obtenant rien avec, tout de même à la clé une petite satisfaction, avoir fait sursauté le public deux fois avec l'attaque surprise de misumena vatia, l'araignée caméléon et un éclair bruyant durant la séquence d'orage. Mais il est temps de laisser la parole à notre ami Patrick !    

    Loxia:   Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    Patrick:  D'abord photographe, je suis passé à la vidéo depuis 5 ans

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Qu'est-ce-qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    C’est l’arrivée de la fonction vidéo sur les appareils photos reflex, auparavant je ne faisait que de la photo nature et animalière.

     Loxia: Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Les oiseaux, les cerfs et chevreuils, cette préférence vient de la proximité de cette faune, plus facile à observer.

    Loxia: Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je n’ai pas de secret particulier, une bonne connaissance des espèces, moi je préfère l’affut mais il faut de la patience et  même beaucoup, parfois. Il y a aussi une part de chance...

    Patrick Bodu

     

    Loxia: As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    Non

    Loxia: Comment te situes-tu dans cet art?

    Depuis 5 ans je dois reconnaître que la progression de mes réalisations va en s’améliorant, avec quelques prix. Il est agréable de se sentir reconnu à ce niveau.

    Loxia: Quels sont tes projets en cours ?

    J’étudie la possibilité de réaliser un film sur la vie nocturne. Comme d’habitude, je prends beaucoup de temps à la préparation d’un court métrage (contenu, style, et dans ce cas particulier les contraintes technique).

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Réaliser un court métrage sur les oies sauvages.

    Loxia: Ton meilleur souvenir?

    J’aime beaucoup l’affût car il se passe toujours quelque chose, ce qui laisse beaucoup de bons souvenirs. Le meilleur est sans doute cette rencontre avec une famille renard, un dimanche matin, alors que le soleil se levait. Ils sont restés une quinzaine de minutes avant de repérer mon odeur.

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Ton plus grand regret ?

    N’avoir pas commencé plus tôt !

     Loxia: Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    Bien connaître les espèces choisies avant de partir filmer et faire du repérage la veille. J’ai une préférence pour l’affût. Dans ce cas, il faut prévoir un matériel adapté. Je n’aime pas les tentes du commerce, je préfère les filets militaires (pas cher) et quelques branches.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Patrick Bodu - 2019 

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  •  

               Les rushes que l'on obtient en vidéo ne sont pas tous exploitables. Cependant, ils offrent parfois l'occasion d'extraire quelques clichés, qui, s'ils ne sont pas d'une qualité  technique irréprochable (c'est le moins que l'on puisse dire ici!) permettent de saisir et d'analyser quelques comportements intéressants.   C'est le cas du comportement très agressif des corneilles vis à vis des buses auquel j'avais déjà consacré un court article sur Loxia (combat en plein ciel).

              Les photographies  que je vous propose ce mois-ci  illustrent une attaque de corneille noire (corvus corone) qui s'en prend, cette fois, à un milan royal (milvus milvus).

    Ici, il n'y a pas de contact. Dans ce cas, il s'agit plus d'un accompagnement du rapace par le corvidé qui semble inviter l'intrus à quitter son territoire. Bien qu'il soit mieux armé, le milan n'insiste pas et préfère éviter la bagarre!

          Si vous n'avez jamais observé ce comportement, tournez le regard vers  le ciel et ouvrez l’œil:  peut-être assisterez vous à un ballet aérien spectaculaire et réussirez vous quelques clichés si vous avez eu la bonne idée d'emporter avec vous votre appareil photo.

     

    Quelques phases  de l'attaque.

     

    On peut remarquer la silhouette caractéristique du milan royal: tête claire, queue en aronde et marques blanches sous les ailes.

    Milan vs corneille noire

     

    Milan vs corneille noire

     

    Le milan s'éloigne sous la surveillance étroite de la corneille qui le raccompagne.

    Milan vs corneille noire


     

       Photos extraites de rushes obtenus avec un Canon XA 20, focale : environ 500 mm.

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2019 

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  •  

     

    Yves Le Presse: photographe naturaliste et poète        Ce mois-ci, je vous invite à découvrir Yves Le Presse, naturaliste breton venu tardivement à la photographie et amateur de poésie.

          C'est par le blog d'un autre ami de Loxia dont je compte bien parler dans un prochain article, le "Blogadupdup" de Bernard, que j'ai connu Yves.

        Passionné de nature, Yves parcourt régulièrement sa chère campagne bretonne à la recherche d'une belle observation. Il traduit par une photo l'impression du moment devant un paysage ou un discret habitant de l'herbe. Sans but précis, il ramène toujours quelque chose d'intéressant à partager avec ses nombreux amis.

    " L'occasion fait le larron ", dit-il. Je crois que notre larron a souvent de belles occasions que vous pourrez admirer sur son site "naturepassion" .

          Je remercie Yves d'avoir eu l'amitié de prendre un peu de son précieux temps libre pour répondre à quelques questions pour cet article, et d'avoir fourni quelques jolis clichés pour l'illustrer de manière agréable.

    Philoxia

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?
    Yves:    J'ai commencé à pratiquer la photographie animalière en 2006. La photo animalière est arrivée à moi un peu par hasard . Étant un observateur de la nature depuis tout petit ( j'ai commencé à compter les oiseaux du jardin vers l'age de 7/8 ans), j'ai eu envie de partager ces beaux moments avec le plus grand nombre par l'image. Internet a fait le pont entre nous tous .

     Le pipit maritime n'a pas échappé à l’œil expert d'Yves 


    Loxia : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?
    Les odonates .... Je peux rester des heures à rechercher et observer et photographier les libellules.
     Je crois que cela vient du fait que j'aime être au bord de l'eau, dans un coin du Finistère en Bretagne, pays où je suis né. Le bruit d'un ruisseau, un soir près d'un étang .. J'adore.

     Un bel odonate au nom impossible: Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

     


     Un agrion ou demoiselle :  le leste vert femelle ( Chalcolestes viridis )

    Loxia : Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?
    Yves:   Je pratique surtout a billebaude... Rarement l’affût.

    Loxia :  As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?
    Yves:Je n'ai pas de modèle, mais j'aime la façon de voir la nature et le travail photographique d'Erwan Balança.

    Loxia : Comment te situes-tu dans cet art?
    Yves: Je me considère comme un amateur passionné.



     

    Loxia : Quels sont tes projets en cours ?
    Yves:  Je n'ai pas de projet particulier car je n'ai aucun but lorsque je pars en balade...  L'occasion fait le larron !

    Quand l'occasion fait le larron...

     

      

      Le meilleur souvenir: rencontre inattendue avec le chevreuil.

    Loxia : Quel est ton grand rêve en photo animalière?
     YvesJe n'ai pas de rêve de ce côté-là, car pour moi, l'ordinaire reste toujours extraordinaire. 

     Loxia : Quel est ton meilleur souvenir?

    Yves: Mon meilleur souvenir est un tête à tête avec un chevreuil alors que j'étais accroupi dans l'herbe à photographier des libellules.


     Loxia : Quel est ton plus grand regret ?
    Yves: Pas assez de temps pour ma passion...

    Loxia : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?
    Yves:   Apprendre d'abord à observer et connaître la nature pour finir par anticiper... La photographie suivra le mouvement.

    Le temps suspendu d'un cliché: la linotte mélodieuse. Cette espèce est en forte régression sur une grande partie du territoire français.

    Crédit photos: © Loxiafilms / Yves Le Presse - 2018  

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  •  

           C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition brutale de Michel Guimas. Michel était un ami de la première heure de Loxia. Nous perdons un collaborateur et un ami. Il faisait partie de ces grands animaliers amateurs que l’on rencontre dans les festivals dédiés à la nature où il fut souvent invité, collectionnant les sélections et les prix. Des lauriers mérités : il était non seulement un observateur doué mais aussi un remarquable faiseur d’images, amoureux de la faune sauvage de Touraine  et passionné  par le cerf sur lequel il a réalisé de nombreux films.

     Le cerf, la grande passion de Michel.

            Comme c’est souvent le cas avec les amis de Loxia, j’ai connu Michel au cours d’un festival de cinéma en 2007, lors de la première édition de Besancourt qui se déroulait, comme son nom le laissait deviner, à Besançon. Plusieurs documentaires étaient en compétition, et parmi ceux-ci, un court « le roi des forêts ». Le titre et le sujet (un film sur le cerf) me firent d’abord sourire. A l’heure des projections, Michel présente son film. J’admire alors la manière décontractée et assurée avec laquelle notre homme présente son œuvre. Il faut dire que je suis particulièrement mal à l’aise dans ce genre d’exercice !

     Michel au micro: un exercice dans lequel il semblait particulièrement à l'aise.

    Je ne suis qu’au début de ma surprise. Au moment de la projection… le choc ! Je suis ébloui, totalement bluffé par la qualité des images. Splendide. Ce type est trop fort!

    En 2007, Michel réalise un film superbe sur le cerf : "Le roi des forêts". Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier...

          J’oublie le titre, trop naïf à mon avis, quelques maladresses de montage et de mixage du son, totalement conquis par la beauté des plans. A la fin de la séance, je vais vers mon petit camarade et on commence à discuter nature, prises de vue, matériel, technique. Échanges de coordonnées, et je lui propose une collaboration pour un  opus futur qui se concrétisera par la réalisation de «Je me souviens »,(l’ histoire d’un renard écrasé !) qui obtiendra plusieurs récompenses.

          Malheureusement pour Michel, le prix du meilleur documentaire reviendra cette année là à "L'âme du cochon", un film où l'on saignait avec allégresse  un malheureux cochon !

           Dans les mois qui suivent, je crée le logo « Loxiafilms » puis la chaine Youtube « Loxiavideo » dans laquelle j’intègre les courts réalisés par Michel et qui obtiennent un joli succès. Parmi les titres les plus appréciés : «Deux mois plus tard», «La couleuvre verte et jaune », « Dans les brumes du matin ». Comme le monde est petit, je constate que nous avons une connaissance commune, Paul Giboureau qui nous a quittés en décembre 2015, avec qui je conversais déjà depuis quelques temps sur le forum du Repaire numérique ! Paul habitait tout près de chez lui. L’un se passionnait pour les cervidés, l’autre était un explorateur méticuleux du microcosme de l’herbe. Ainsi, pendant quelques années, nous avons formé un trio d’amis qui, tour à tour, collaboraient pour une œuvre commune ou réalisaient leurs propres productions.

          Mais les qualités de Michel ne s'arrêtaient pas à son art animalier. C'était aussi un amateur de poésie qui distillait en privé un humour pince sans rire. Humour qui ponctuait parfois ses films, comme une pirouette après avoir abordé un sujet sérieux ou grave. Pour oublier la tristesse, je finirai cet article avec deux citations de mon pote Michel : la conclusion de son film « la vie d’un gland »  et l'un de ses poèmes.

          Au revoir l'ami. Et merci pour toutes ces belles choses que tu as su nous faire découvrir avec talent...

     

     

    Le renard

     

    Oh toi tendre Goupil, tu parcours les sentiers

    Famille des canidés, tu habites le terrier

    Ton pelage brun roux, enveloppe magnifique

    Est bercé de tendresse par ton regard magique.

     

    Dès le mois de janvier, tu cherches la femelle

    Qui comme toi bien sûr est toujours la plus belle,

    Tu visites les bois, et quitte la lisière,

    Tu n’attends pas la nuit pour jouer dans la clairière.

     

    Tu habites les forêts mais colonises les villes,

    Tu traverses l’étang pour rejoindre les îles,

    Tu n’attends pas le printemps pour connaître l’amour,

    Les nuits ne suffisent plus et tu colores le jour.

     

              Tu aimes les campagnols, tu raffoles de mulots,

              Tu grignotes les fruits, parfois les escargots

              Tu caches avec talent l’entrée de tes terriers

              Ton acuité des sens n’est plus à démontrer.

     

     

    La nuit parfois au loin, j’entends ta voix qui jappe,

    Alors tout près de toi, j’imagine la harpe,

    Accompagnant ton saut d’une douce musique,

    L’incrustant tendrement de notes mélodiques.

     

    Le bipède que tu vois, son pinard et ses armes,

    Le bourreau qui te cherche et fait couler tes larmes

    N’a qu’une envie, c’est sûr, pouvoir te supprimer

    Il en a les moyens mais n’est pas très rusé.

     

    Alors ne t’inquiète pas, continue ton chemin,

    Promène tes petits dans les brumes du matin,

    Elimine les rats qui détruisent nos blés

    Et tu verras un jour l’arroseur arrosé !

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Michel Guimas 2019  

     © imageincabestany.org

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