•  

       Dès que je vois une araignée de grande taille se promener dans la maison, je l'associe immédiatement à une tégénaire. Constatant qu'un spécimen squatte le plafond des toilettes depuis quelques jours je décide de photographier l'animal. C'est bête (si j'ose dire!), mais l'on a une propension à ignorer les animaux qui nous côtoient régulièrement, à tel point que je ne possède aucune photo de tégénaire. Il est donc temps de remédier à cette anomalie. Il est tard, enfin tôt le matin, et je pense amener l'escabeau pour me mettre à hauteur du sujet avant de rejoindre Morphée.

    L'araignée Nosferatu.   Mais la bête a eu la bonne idée de descendre le long du mur. Pas besoin d'échelle. Je peux opérer à hauteur d'homme. Et dans la boîte, voilà des photos de ce que je crois être une tégénaire. Le lendemain j'examine mes images, et, surprise, un curieux dessin sur le dos de l'arachnide me font prendre conscience que ma tégénaire n'en est pas une !

    Après consultation de la documentation dont je dispose et un petit tour sur le net, je découvre que mon nouveau locataire est une araignée scientifiquement nommée Zoropsis spinimana. Une espèce reconnaissable à à ses chélicères noirs1 et au motif hard métal de son blouson qui lui vaut le nom peu engageant d'araignée Nosferatu. Il apparait par ailleurs que notre animal aurait une allure de lycose. Un détail qui ajoute à ma confusion de l'avoir pris pour une tégénaire. A ma décharge tout de même, les lycoses, chez moi, sont  de petite taille (moins de 1 cm).   N'étant pas entomologiste, ce moment de honte est vite passé... même si, habituellement,  je veille à ne pas commettre trop d'erreur dans mes articles.

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

    Zoropsis spinimana ou tégénaire ? Trouvez les différences !

     

    Nosferatu

              L'araignée Zoropsis spinimana doit son nom vernaculaire à ce curieux motif ressemblant à Nosferatu. En fait, la ressemblance n'est pas évidente mais on devine tout de même un visage peu engageant.

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

     Dans quel sens voyez vous la tête de Nosferatu?

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

         Durant la journée, notre araignée se cache ou se tient immobile, les pattes allongées et ressemble à une brindille accrochée au mur. En fait, il s'agit d'une espèce qui vit à l'extérieur, s'abritant le jour dans des anfractuosités de  troncs ou de vieux murs ou se réfugiant sous une feuille. De mœurs nocturnes, c'est une araignée errante qui ne tisse pas de toile. On l'observe rarement à découvert. Elle se cache pendant la journée et, la nuit tombée,  part en chasse à la recherche de petites proies.

       Pendant la mauvaise saison, il lui arrive d'entrer dans les maisons où elle trouve le gîte et le couvert. Le fait est plus rare dans les régions méridionales.

    1 appendice pair situé près de la bouche, caractéristique des chélicérates en particulier des arachnides auxquels appartiennent les araignées. Ils servent à injecter le venin destiné à tuer les proies.

     L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)  

     

     Nosferatu

                  Un spécimen de Zoropsis spinimana ou araignée Nosferatu se laisse gentiment tirer le portrait avant de continuer sa chasse nocturne.     

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)        Zoropsis spinimana loge dans les anfractuosités des vieux murs ou des troncs. L'hiver, elle se réfugie parfois dans les maisons où elle trouve le gite et le couvert.

     L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

     

        Zoropsis spinimana  se colle au support, immobile,  et ressemble à une brindille. Camouflage efficace dans la nature, beaucoup moins sur un mur blanc !

     

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       Portrait de Zoropsis spinimana réalisé avec objectif retourné et le logiciel "Focus Stacker". Photo prise du dessus pour ne pas déranger l'animal.

     

     

    Repères 

      Taille (hors pattes): 1,5 à 2 cm

      Espèce proche:  Zoropsis media

    Aspect comparé de deux espèces d'araignées Nosferatu vivant en France.

        Z. spinimana est un peu plus grande et apparait plus foncé que Z. media. Ses chélicères sont noirs et le motif dorsal plus nettement dessiné. Z. media est surtout méridionale. Z. spinimana se rencontre plus au nord et se réfugie souvent dans les habitations pendant la mauvaise saison.

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

     

    Aspect comparé de Zoropsis spinimana et de quelques araignées.

    L'araignée Nosferatu (Dufour, 1820)

     

     

     

    En savoir plus

         De nombreux sites donnent des renseignements plus ou moins complets sur cette espèce. L'article proposé ne traitant que de quelques aspects des caractéristique et de la biologie de l'animal, voici un choix de quelques liens qui m'ont paru  intéressants

             Muséum d'Histoire naturelle

             Insecte.org:   article 1  pour faire la distinction entre Z. spinimana et Z. media

                                   article 2

             Wikipedia

             LPO   (hé oui, il n'y a pas que des articles sur les oiseaux sur le site de la LPO !)

            

     Crédit photos et photomontage  © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2024

    Zoropsis media d'après Inaturalist UK

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  •    Cette année, les températures clémentes ont permis d'observer tardivement quelques espèces d'insectes peu pressées d'hiberner. Mi-novembre, on pouvait voir des frelons encore très actifs, des diptères et quelques lépidoptères dont le C-gamma, le tircis et l'objet de notre article du mois, le vulcain (Vanessa atalanta).

    Le vulcain

     Les couleurs vives du vulcain permettent de l'identifier facilement.

       Voilure  noire ornée de bandes oranges, taches blanches à l’extrémité des ailes antérieures, notre papillon est vite identifié sans grand risque de le confondre avec un autre de ses cousins. Posé sur une feuille de courge, ailes largement étalées, il laisse admirer sa voilure flamboyante.  Vite confiant il se laisse approcher sans crainte et même, parfois, vient se poser sur l'observateur pour peu que l'on reste immobile et que l'on évite les gestes brusques. Les individus de l'automne sont en fait des migrateurs qui quittent les contrées du nord pour gagner des régions aux températures plus clémentes. Tant que les températures restent favorables,  les imagos voyageurs  prolongent leur séjour chez nous où ils  se nourrissent des fruits mûrs et pourrissant: pommes tombées à terre, raisins oubliés sur la vieille vigne. Leurs descendants remonteront vers le nord à la belle saison.

    Le vulcain

     En été,  le vulcain apprécie les fleurs du buddleia, le bien nommé arbre à papilon.

    Le vulcain

     Un vulcain s'est posé et profite de la lumière solaire entre deux averses.

    Le vulcain  (Vanessa atalanta)

     Le vulcain cherche  la meilleure exposition pour emmagasiner le maximum d'énergie.

    Le vulcain

     

    Le vulcain

     Le raisin oublié sur la vigne est particulièrement apprécié par notre papillon.            

     Le vulcain

     Le vulcain

     

    Le vulcain  Image insolite d'un vulcain posé sur une feuille de bananier.

    Le vulcain

       Le vulcain est plutôt confiant et autorise le photographe à réaliser des gros plans plus difficiles à obtenir chez d'autres espèces.

     Repères

      Envergure: 50- 60 mm

      Pas de dimorphisme sexuel

      Parasites des chenilles: nombreux hyménoptères dont les genres apechthis , cotesia, microgaster

    Le vulcain  (Vanessa atalanta)

     

    Le vulcain

     

     

     Le vulcain

     

       Les imagos du vulcain seront facilement distingués des autres nymphalidés. La détermination de ses chenilles sera quant à elle plus délicate. De couleur variable, elles peuvent être confondues avec celles du paon du jour (Inachis io) et de la petite tortue (aglais urticae). Les taches blanches qui ponctuent le bas des segments abdominaux sera un critère sûr d'identification.

     

    En savoir plus:

           Le vulcain ou atalante       André Lequet (insectes-net.fr)

           Le vulcain          Observatoire de la faune de Bourgogne

     

    Crédit photos et photomontage  © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2023

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           Pour commencer l'année, quelques "phodessins"réalisés à partir d'éléments détourés pour le plaisir des yeux. Prochain article le 1er février 2024. Le procédé a été évoqué dans trois précédents articles: animaux en phodessins. 

    Loxiafilms vous souhaite une très belle année 2024.

     

     

    Rapaces en phodessins

    Chouettes chevêches

    Rapaces en phodessins

     Épervier d'Europe

    Rapaces en phodessins

    Hibou grand-duc

     

    Rapaces en phodessins

    Milan noir

    Rapaces en phodessins

    Faucon pèlerin

    Rapaces en phodessins

     

    Rapaces en phodessins

    Faucons crécerelles (mâle et femelle).  Ci-dessous, mâle couvant.

    Rapaces en phodessins

     

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  •          Près d'un vieux mur, un papillon aux ailes rouges s'envole et se cache derrière une feuille de cornouiller. Je cherche l'insecte à l'habit de pourpre et, surprise, je trouve un petit quidam aux ailes sombres rayée de  jaune pâle.

    L'écaille chinée

     

    L'écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)

     

         Un drôle de petit zèbre, vite identifié,  portant une robe écarlate  dissimulée par deux voiles triangulaires parfaitement homochromes. Ce prince qui camoufle sa parure rutilante est une écaille chinée (Euplagia quadripunctaria). Un hôte fréquent des zones ombragées. Bien que sa position systématique la place dans les Hétérocères ou papillons de nuit, notre écaille est active aussi bien le jour que la nuit.

     

     

    L'écaille chinée

     L'écaille chinée laisse rarement admirer ses ailes postérieures rouge vif.       

    L'écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)  

          Si la rousse écaille cramoisie Phragmatobia fuliginosa (ci-contre) assume un peu mieux sa couleur, les autres écailles, elles aussi, recouvrent leurs ailes postérieures un peu trop voyantes avec des ailes antérieures aux motifs plus sobres.  Au moment de l'envol, il n'est pas exclu que la teinte rouge, signal de danger,  décourage les prédateurs capables de percevoir les couleurs.

     

    L'écaille chinée

        Une écaille chinée s'est posée sur une vieille poutre. La couleur et les rayures des ailes postérieures constituent un camouflage efficace. Lorsqu'elle s'envole, on remarquera surtout le rouge des ailes postérieures habituellement cachées au repos.   

    L'écaille chinée

         

        Avec une seule génération par an, l'écaille chinée est une espèce dite univoltine. Les adultes se reproduisent en août. Les œufs donnent naissance à des chenilles noires qui hibernent avant d'achever leur développement au printemps suivant.  Leur nourriture est constituée de toutes sortes de plantes herbacées ou ligneuses. Avant la métamorphose elles auront changé d'apparence: corps gris avec verrues oranges portant une touffe de soies de la même teinte, des taches claires formant une ligne sur le dos et des loupes blanches cernées de noir  sur le bas des flancs.

           Au dernier stade de leur développement, les chenilles se tissent un cocon constitué d'un voile léger en général sous des feuilles mortes. Les imagos apparaissent à partir de la mi-mai. 

    L'écaille chinée Une seule génération de chenille peut s'observer pendant l'année.

    L'écaille chinée   Une écaille chinée s'est posée dans un arbuste. L'auriez vous remarquée? 

    L'écaille chinée

     Comme pour le zèbre, on peut se poser la question de savoir si l'écaille chinée est noire avec des raies blanches ou blanche avec des raies noires !

     RepèresL'écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)

     

     

    Taille: 21 à 29 mm

                                            Pas de dimorphisme sexuel

     

     

    L'écaille chinée apprécie l'eupatoire à feuille   de  chanvre

     

     

     

     

     

     

    L'écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)

         L'écaille chinée peut être confondue avec d'autres écailles dont les motifs qui ornent les ailes sont cependant différents. Généralement, les ailes sont sombres rayées de bandes claires blanches ou jaune pâle. Chez certains individus une mutation provoque une variation de couleur des ailes postérieures, normalement rouges,  qui apparaissent alors jaunes.

     

      En savoir plus

     Musée d'Histoire Naturelle:   L'écaille chinée 

     Wikipédia:   Euplagia quadripunctaria

     Société d'Histoire Naturelle d'Autunécaille chinée

     Crédit photos et photomontage  © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2023

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  •      Sur une feuille de ronce, une mouche au long nez attend, immobile. Cet étrange insecte est une panorpe plus communément appelée mouche scorpion.

          L'appellation de mouche-scorpion est liée au fait que l'extrémité de l’abdomen des mâles de ces espèces leur donne un aspect de scorpion. Scorpion bien inoffensif puisqu'il ne s'agit pas d'un aiguillon venimeux mais d'un organe de copulation.

    Le panorpe

     

        Drôle de mouche, donc,  qui n'est pas un diptère et encore moins un scorpion mais qui appartient à l'ordre des insectes mécoptères (étymologiquement groupe des "longues ailes"). Quelle différence me direz-vous en dehors de l'aspect des ailes? Pour être simple, un caractère bien distinct et facile à repérer: les mécoptères sont dotés de deux paires d'ailes,  les  diptères d'une seule (la deuxième paire d'ailes est transformée en organes de l'équilibre: les balanciers).

            En contrepartie, la distinction entre les sept espèces du genre Panorpa, elle, s'avère délicate. Raison pour laquelle, par prudence,  j'ai  évité d'indiquer un nom scientifique dans le titre et dans les légendes des photos qui suivent.  Il est très probable tout de même que les spécimens photographiés ici appartiennent à l'espèce Panorpa communis.

        Le tableau ci-dessous vous donnera une petite idée du problème de la détermination, comme c'est souvent le cas chez les insectes !

    La panorpe

     

    La panorpe

    La panorpe n'aurait-elle pas un petit air de Jar Jar Binks ?

      Il faut avoir le regard bien exercé pour repérer ce curieux insecte qui  fréquente les endroits ombragés et humides. Il se nourrit de petits insectes mais aussi de fruits abimés et n'hésite pas à s'inviter à la table des araignées, de l'argiope en particulier.  Au même titre que les cleptoparasites des genres  DesmometopaPhyllomyza ou Neophyllomyza le terrible arachnide semble faire preuve d'une mansuétude inhabituelle vis à vis de notre héros du jour. Mais leur relation tient peut-être plus de l'échange de services rendus: un peu de nourriture pour le mécoptère  qui nettoie ainsi la toile des restes du festin de l'ogresse.

    Le panorpe

     Trouvez la panorpe !

    Le panorpe

     Difficile de confondre la panorpe au long nez avec un autre insecte.

     Le panorpe

     

        

    La panorpe

      Panorpe femelle à gauche et mâle à droite. Seule l'extrémité de l'abdomen du mâle est doté de ce curieux appendice lui donnant l'allure d'un scorpion.

    La panorpe

     

    Le panorpe

      Une  femelle de panorpe parasitée par un acarien.

    Le panorpe

     La panorpe se nourrit de cadavres d'insectes et de fruits abimés.

    Le panorpe

     

    Le panorpe

     

    La panorpe
     La gourmandise met parfois la panorpe en situation délicate: ici, un mâle s'est un peu empêtré dans les fils gluant de la toile d'une argiope. Il finira tout de même par s'échapper du piège.

    La panorpe

     

     

     Ces petits diptères cleptoparasites semblent encore plus téméraires que les panorpes en se nourrissant sans gêne "dans l'assiette" de l'argiope.

     Repères

    La panorpe

     Crédit photos et photomontage  © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2023

     

                  

     


     


     

     

     

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