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    Yves Le Presse: photographe naturaliste et poète        Ce mois-ci, je vous invite à découvrir Yves Le Presse, naturaliste breton venu tardivement à la photographie et amateur de poésie.

          C'est par le blog d'un autre ami de Loxia dont je compte bien parler dans un prochain article, le "Blogadupdup" de Bernard, que j'ai connu Yves.

        Passionné de nature, Yves parcourt régulièrement sa chère campagne bretonne à la recherche d'une belle observation. Il traduit par une photo l'impression du moment devant un paysage ou un discret habitant de l'herbe. Sans but précis, il ramène toujours quelque chose d'intéressant à partager avec ses nombreux amis.

    " L'occasion fait le larron ", dit-il. Je crois que notre larron a souvent de belles occasions que vous pourrez admirer sur son site "naturepassion" .

          Je remercie Yves d'avoir eu l'amitié de prendre un peu de son précieux temps libre pour répondre à quelques questions pour cet article, et d'avoir fourni quelques jolis clichés pour l'illustrer de manière agréable.

    Philoxia

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?
    Yves:    J'ai commencé à pratiquer la photographie animalière en 2006. La photo animalière est arrivée à moi un peu par hasard . Étant un observateur de la nature depuis tout petit ( j'ai commencé à compter les oiseaux du jardin vers l'age de 7/8 ans), j'ai eu envie de partager ces beaux moments avec le plus grand nombre par l'image. Internet a fait le pont entre nous tous .

     Le pipit maritime n'a pas échappé à l’œil expert d'Yves 


    Loxia : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?
    Les odonates .... Je peux rester des heures à rechercher et observer et photographier les libellules.
     Je crois que cela vient du fait que j'aime être au bord de l'eau, dans un coin du Finistère en Bretagne, pays où je suis né. Le bruit d'un ruisseau, un soir près d'un étang .. J'adore.

     Un bel odonate au nom impossible: Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

     


     Un agrion ou demoiselle :  le leste vert femelle ( Chalcolestes viridis )

    Loxia : Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?
    Yves:   Je pratique surtout a billebaude... Rarement l’affût.

    Loxia :  As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?
    Yves:Je n'ai pas de modèle, mais j'aime la façon de voir la nature et le travail photographique d'Erwan Balança.

    Loxia : Comment te situes-tu dans cet art?
    Yves: Je me considère comme un amateur passionné.



     

    Loxia : Quels sont tes projets en cours ?
    Yves:  Je n'ai pas de projet particulier car je n'ai aucun but lorsque je pars en balade...  L'occasion fait le larron !

    Quand l'occasion fait le larron...

     

      

      Le meilleur souvenir: rencontre inattendue avec le chevreuil.

    Loxia : Quel est ton grand rêve en photo animalière?
     YvesJe n'ai pas de rêve de ce côté-là, car pour moi, l'ordinaire reste toujours extraordinaire. 

     Loxia : Quel est ton meilleur souvenir?

    Yves: Mon meilleur souvenir est un tête à tête avec un chevreuil alors que j'étais accroupi dans l'herbe à photographier des libellules.


     Loxia : Quel est ton plus grand regret ?
    Yves: Pas assez de temps pour ma passion...

    Loxia : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?
    Yves:   Apprendre d'abord à observer et connaître la nature pour finir par anticiper... La photographie suivra le mouvement.

    Le temps suspendu d'un cliché: la linotte mélodieuse. Cette espèce est en forte régression sur une grande partie du territoire français.

    Crédit photos: © Loxiafilms / Yves Le Presse - 2018  

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           C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition brutale de Michel Guimas. Michel était un ami de la première heure de Loxia. Nous perdons un collaborateur et un ami. Il faisait partie de ces grands animaliers amateurs que l’on rencontre dans les festivals dédiés à la nature où il fut souvent invité, collectionnant les sélections et les prix. Des lauriers mérités : il était non seulement un observateur doué mais aussi un remarquable faiseur d’images, amoureux de la faune sauvage de Touraine  et passionné  par le cerf sur lequel il a réalisé de nombreux films.

     Le cerf, la grande passion de Michel.

            Comme c’est souvent le cas avec les amis de Loxia, j’ai connu Michel au cours d’un festival de cinéma en 2007, lors de la première édition de Besancourt qui se déroulait, comme son nom le laissait deviner, à Besançon. Plusieurs documentaires étaient en compétition, et parmi ceux-ci, un court « le roi des forêts ». Le titre et le sujet (un film sur le cerf) me firent d’abord sourire. A l’heure des projections, Michel présente son film. J’admire alors la manière décontractée et assurée avec laquelle notre homme présente son œuvre. Il faut dire que je suis particulièrement mal à l’aise dans ce genre d’exercice !

     Michel au micro: un exercice dans lequel il semblait particulièrement à l'aise.

    Je ne suis qu’au début de ma surprise. Au moment de la projection… le choc ! Je suis ébloui, totalement bluffé par la qualité des images. Splendide. Ce type est trop fort!

    En 2007, Michel réalise un film superbe sur le cerf : "Le roi des forêts". Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier...

          J’oublie le titre, trop naïf à mon avis, quelques maladresses de montage et de mixage du son, totalement conquis par la beauté des plans. A la fin de la séance, je vais vers mon petit camarade et on commence à discuter nature, prises de vue, matériel, technique. Échanges de coordonnées, et je lui propose une collaboration pour un  opus futur qui se concrétisera par la réalisation de «Je me souviens »,(l’ histoire d’un renard écrasé !) qui obtiendra plusieurs récompenses.

          Malheureusement pour Michel, le prix du meilleur documentaire reviendra cette année là à "L'âme du cochon", un film où l'on saignait avec allégresse  un malheureux cochon !

           Dans les mois qui suivent, je crée le logo « Loxiafilms » puis la chaine Youtube « Loxiavideo » dans laquelle j’intègre les courts réalisés par Michel et qui obtiennent un joli succès. Parmi les titres les plus appréciés : «Deux mois plus tard», «La couleuvre verte et jaune », « Dans les brumes du matin ». Comme le monde est petit, je constate que nous avons une connaissance commune, Paul Giboureau qui nous a quittés en décembre 2015, avec qui je conversais déjà depuis quelques temps sur le forum du Repaire numérique ! Paul habitait tout près de chez lui. L’un se passionnait pour les cervidés, l’autre était un explorateur méticuleux du microcosme de l’herbe. Ainsi, pendant quelques années, nous avons formé un trio d’amis qui, tour à tour, collaboraient pour une œuvre commune ou réalisaient leurs propres production.

          Mais les qualités de Michel ne s'arrêtaient pas à son art animalier. C'était aussi un amateur de poésie qui distillait en privé un humour pince sans rire. Humour qui ponctuait parfois ses films, comme une pirouette après avoir abordé un sujet sérieux ou grave. Pour oublier la tristesse, je finirai cet article avec deux citations de mon pote Michel : la conclusion de son film « la vie d’un gland »  et l'un de ses poèmes.

          Au revoir l'ami. Et merci pour toutes ces belles choses que tu as su nous faire découvrir avec talent...

     

     

    Le renard

     

    Oh toi tendre Goupil, tu parcours les sentiers

    Famille des canidés, tu habites le terrier

    Ton pelage brun roux, enveloppe magnifique

    Est bercé de tendresse par ton regard magique.

     

    Dès le mois de janvier, tu cherches la femelle

    Qui comme toi bien sûr est toujours la plus belle,

    Tu visites les bois, et quitte la lisière,

    Tu n’attends pas la nuit pour jouer dans la clairière.

     

    Tu habites les forêts mais colonises les villes,

    Tu traverses l’étang pour rejoindre les îles,

    Tu n’attends pas le printemps pour connaître l’amour,

    Les nuits ne suffisent plus et tu colores le jour.

     

              Tu aimes les campagnols, tu raffoles de mulots,

              Tu grignotes les fruits, parfois les escargots

              Tu caches avec talent l’entrée de tes terriers

              Ton acuité des sens n’est plus à démontrer.

     

     

    La nuit parfois au loin, j’entends ta voix qui jappe,

    Alors tout près de toi, j’imagine la harpe,

    Accompagnant ton saut d’une douce musique,

    L’incrustant tendrement de notes mélodiques.

     

    Le bipède que tu vois, son pinard et ses armes,

    Le bourreau qui te cherche et fait couler tes larmes

    N’a qu’une envie, c’est sûr, pouvoir te supprimer

    Il en a les moyens mais n’est pas très rusé.

     

    Alors ne t’inquiète pas, continue ton chemin,

    Promène tes petits dans les brumes du matin,

    Elimine les rats qui détruisent nos blés

    Et tu verras un jour l’arroseur arrosé !

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Michel Guimas 2019  

     © imageincabestany.org

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  •  Trouver une chrysalide n'est pas un fait rare. Par contre, trouver une chrysalide de flambé sur le sol est moins courant. Avant la mue nymphale, la chenille se fixe en trois points sur un support vertical et en hauteur, comme le machaon (photo 2 ci-dessous) : un point de fixation à l'extrémité de l'abdomen et deux fils de soie au niveau de la tête arriment l'animal sur son support. Les hypothèses les plus plausibles sont que les cordages ont cédé sous un coup de vent un peu violent ou que la qualité de ces cordages était exceptionnellement inférieure à la normale... ou les deux !

      Toujours est-il que je récupère le spécimen le prenant pour un nocturne un peu paresseux. La forme de la chrysalide aurait du m'alerter sur ma méprise, mais bon. Nul n'est parfait, désolé.

      Après avoir passé l'hiver dans une de mes cages à papillons, la chrysalide présente à la mi-avril un changement. On perçoit, à travers la coque, des dessins: un joli papillon en perspective. Voilà qui attise ma curiosité. Quand la coque me parait bien amincie, je mets en place mon matériel vidéo pour filmer l'émergence.

      Il faudra patienter quatre jours pour que l'animal quitte sa prison, évidemment à un moment où la caméra tourne seule... Comme tous les êtres, il me faut bien me nourrir de temps en temps et c'est toujours à ce moment là que surviennent les évènements les plus intéressants ! Encore une fois, j'aurais du m'en douter !

      Ci-dessous, ce que la caméra a pu capter, sachant que la bête est rapidement sortie du champ,  la chrysalide n'étant pas fixée sur un support...

         Je retrouve donc mon papillon suspendu, les ailes pratiquement développées. Surprise, pas de noctuelle mais un magnifique papillon décoré comme un zèbre: un flambé !

    L'insecte  restera plusieurs heures, immobile. Le temps, évidemment, de faire quelques clichés en toute sérénité de l'élégant papillon.

    Le flambé   Le flambé

     

     

     

     

     

     

     

     

     Une chrysalide à terre, mais c'est bien un flambé qui devrait être fixé à un support vertical!                          

    Le flambé

      La caméra ne peut saisir que le début de l'émergence. Absence coupable du vidéaste!

     

    Le flambé

     L'imago laisse déployer ses ailes révélant un splendide flambé ! 

    Le flambé

    Les yeux dans les yeux avec Iphiclides podalirius

     

    Quand Iphiclides podalirius prends la pose. Séance photo!

    Le flambé

     

     

    Le flambé

     

    Le flambé

     

    Le flambé

     

    Le flambé

     

    Le flambé

     

    Le flambé

     

     Le flambé, papillon zèbre (Iphiclides podalirius)Le flambé (Iphiclides podalirius)

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

    Répartition du flambé   in  Lepinet

     

              Carte d'identité du flambé

    Famille : Papillionidae

    Sous-famille : Papillioninae

    Genre : Iphiclides

    Longueur :  50 à 70 cm

    signes distinctifs: un pyjama rayé et des ailes postérieures  festonnées  portant 3 lunules bleues et un ocelle orange.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2019 

     

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        L’actu de juin, c’est, chez Loxia, la réalisation en cours d'une mini série de six épisodes de cinq minutes racontant l'histoire d’un jeune ragondin « Rato », série qui sera aussi déclinée sous la forme d'un moyen métrage de 33 minutes.
        Réalisé à partir d’un tournage étalé sur 8 mois qui avait été à l’origine d’un premier court, «Sur la rive», « Rato » est d’abord destiné aux enfants et permet de découvrir un peu de l’intimité de la vie des ragondins.

     Le ragondin: un mal aimé ?

        L’animal n’est certes pas franchement apprécié et cela en raison des dégâts occasionnés par l'espèce considérée comme invasive. De fait, il semble que ce rongeur pose surtout problème pour les petits étangs et les petits cours d’eau dont il provoque l’effondrement des berges. Ainsi, alors que l’on se réjouit du retour du castor, on déplore la prolifération du ragondin qui, pourtant, en terme de dégâts, ne me semble pas pire que son cousin.


      Mais que regarde donc Rato avec tant d'intérêt ?

        En l’absence de prédateur naturel, rien ne viendrait vraiment freiner son expansion. On lui reproche aussi de transmettre la leptospirose. Il existe pourtant bien des espèces beaucoup plus susceptibles de transmettre cette maladie infectieuse et autrement plus proches des habitats humains, en particulier les rats surmulots et une cohorte de petits rongeurs. Du coup, et pour toutes ces raisons, le ragondin devient la cible privilégiée des « chasseurs de nuisibles ». On lui attribue aussi des dégâts sur les écluses, ce qui semble un peu exagéré.

     Une tête large et deux grandes incisives oranges, des yeux de myope: le ragondin, un animal plutôt sympa...

     

       Alors, désirable ou indésirable le ragondin? Pour ce qui me concerne, ce rongeur est un animal plutôt sympathique. Quant aux dégâts sur la rive où il a été filmé à l'origine d'une expédition punitive, je cherche encore, mais je n’ai pas trouvé ! L’écluse qui se trouve à proximité de l’île de « Rato » ne semble pas trop souffrir non plus de la présence (pourtant ancienne) de nos amis aux dents oranges.

       Ils ne sont pas mignons les ragondins ?

    Je ne saurais trop conseiller un peu de ce film  à ceux qui pensent encore que le ragondin n'est qu'un gros rat très moche sous le fallacieux prétexte qu'il a une tête un peu large et une queue ronde, ni plate ni en panache...  

     

     

     Sur la rive (2018)

      "Sur la rive" est une promenade poétique, caméra au poing, sur un texte de  Jean Monnet

    "La rive est un miroir troublé
    Où s’ébattent plumes et pattes

    Là est le rivage, et toute une vie
    Faite de fourrures et d’ébrouements, essorées
    Comme des lèches marines,
    S’y épanouit.... " 

     

     

    "Rato". Bande annonce

     La série "Rato" en six épisodes:

    1. L'hiver des ragondins

    2. Sur la glace

    3. Le printemps de Rato

    4. Un si bel été

    5. A l'heure d'automne

    6. Une nouvelle vie

         

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini 2018 

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    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier         J'ai fait connaissance avec Benoît au festival de Namur où nous avions tous les deux été sélectionnés. Il présentait un superbe petit film intitulé "Source miraculeuse" dans lequel il exprimait déjà sa passion pour la plongée sous-marine et les images en immersion. 

         La même soirée m'avait fait rencontrer aussi quelques réalisateurs sympathiques et deux  photographes:

                 Gregory Odemer, animalier à la production remarquable (il est auteur notamment  d'un ouvrage magnifique "les oiseaux de la plaine d'Ariège" avec une série de clichés sur l'élanion blanc, petit rapace rare inféodé surtout aux Pyrénées) 

                    et  Frédéric Labaune, macro et micro-photographe, bricoleur de génie,  présent en tant qu'exposant. Deux genres de photographies totalement différents, deux univers passionnants dont j'espère pouvoir parler un peu plus longuement dans un article dédié.

      Je vous invite donc à découvrir ce jeune homme prometteur à travers l'interview proposé par Loxia. Merci à Benoît d'avoir accepté de prendre un peu sur son temps libre pour répondre aux questions de loxia. 

    Philoxia  

       

     

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    B.C. : J’ai commencé mes premières petites prises de vues animalières dès l’acquisition de mon premier petit APN en 2003 qui avait la possibilité de faire des vidéos. Mais, c’est en 2014 après deux stages à l’IFFCAM que j’ai réellement réalisé des petits courts-métrages plus construits et réfléchis.

    Qu'est-ce qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours passé beaucoup de temps à observer la nature. Ça a commencé avec les insectes, les escargots dans le jardin de mes parents. Puis avec des copains en allant jouer à la rivière, où l’on s’amusait principalement à capturer des serpents, des poissons et des batraciens pour les observer et les relâcher. J’ai ensuite élevé des poissons, des phasmes, des chenilles que j’observais devenir papillons, …

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalierEt c’est vrai qu’à l’époque, j’ai été bercé par mon magazine préféré : Wapiti. Je rêvais d’être photographe animalier, aventurier aux quatre coins du monde. Plus tard, je suis passé à la photo puis à la vidéo pour ramener comme des preuves de ce que j’avais pu voir. C’est une manière beaucoup moins traumatisante que de manipuler ou de ramener le dit individu ! Cela a été particulièrement vrai pour mes prises de vues en eau douce, où la majorité des gens ont du mal à se rendre compte de ce que l’on peut y voir. C’était une manière de leur montrer, sans qu’ils aient à se mouiller, et de les sensibiliser.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Je ne pense pas avoir d’animal préféré, chacun à son intérêt et je peux prendre plaisir à filmer chacun d’entre eux. Ce qui est intéressant, c’est que dans tous les cas, cela nécessite une bonne connaissance de son sujet. Seules de longues observations permettent de pouvoir anticiper les comportements et donc de filmer des scènes intéressantes. C’est vrai pour les oiseaux et les mammifères, mais aussi pour les poissons ou les insectes. De ce point de vue, ce sont les zones aquatiques et ces habitants que je connais le mieux.

    Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je suis plutôt du genre à aller à la rencontre de mes sujets par une traque puis une approche délicate, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à moi. Avec cette méthode, ça ne marche pas du premier coup ; on se fait surprendre et on peut rater la bonne occasion. On apprend ainsi à connaître les habitudes, les lieux de présence en fonction du moment de la journée ou de l’année et on redouble alors de vigilance lors de l’approche sur le point crucial et l’attente est alors moins longue puisque l’on maximise ces chances de rencontre. C’est cette traque qui m’apporte le plus d’adrénaline et de surprise.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    En réalité, je ne sais même pas qui sont les grands noms de la photographie animalière. Et je peux encore moins parler de modèle. Je suis plus un autodidacte et j’essaye de faire comme je le sens, selon ce qui me semble fonctionner.

    Mon influence, vient en fait surtout des sports de glisses, des sports de natures, avec des lignes plus punchy, des rythmes rapides,…

    Comment te situes-tu dans cet art?

    Je ne me situe pas trop pour le moment. J’ai juste envie de partager ce que je vois et de le retranscrire du mieux possible. C’est pourquoi, à un moment, j’ai proposé ce que je faisais à des festivals spécialisés. J’ai eu la chance d’être sélectionné et que ces images soient vues par un plus grand nombre. Ça a été de formidables occasions d’échanger avec des gens professionnels ou non et de mieux comprendre quels sont les ingrédients d’un bon film. J’ai aussi été très touché de voir que les milieux aquatiques, puisque c’était le thème de mes premiers films, avaient pu étonner et aiguiser la curiosité de certaines personnes. Ce n’était à priori pas courant de voir ça.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Je termine actuellement un court métrage de 13 minutes sur ma rivière de prédilection, la plus sauvage et la plus claire de France. Depuis 2014, je réalise des images au fil des saisons et de la vie au sens large de cette rivière pour ce film. Depuis plusieurs années, je filme également en Camargue avec peut-être un projet sous 2 ans d’un court-métrage sur le sujet.

    Dans un autre genre, j’ai un court-métrage sur la pêche à la mouche du saumon en Gaspésie au Québec qui va passer sur un festival spécialisé.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Mon rêve serait surtout de pouvoir œuvrer à la préservation de différents environnements, en sensibilisant le public par la diffusion d’images témoignant de leurs beautés singulières et de leur fragilité. En ce sens, si j’en avais les moyens et le temps, j’aimerais faire un sujet sur le Lac Tanganyika en Afrique. Mais je rêve aussi de manchots dans les terres australes, de Casoar en Australie,…

    Ton meilleur souvenir?

    Un de mes meilleurs souvenirs, est une rencontre fortuite avec un castor. J’étais alors invité à tourner sur une descente de la Sorgue avec Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique et Robert Luquès, cinéaste et réalisateur pour le film de ce dernier « La Rivière ». J’étais à la traine en train de filmer une truite quand une masse brunâtre est entrée dans l’eau juste dans le champ ! Je me suis mis à la filmer et à la suivre, la bête massive n’avait pas l’air paniquée ! J’ai d’abord cru à un ragondin, mais c’était en fait un castor. Identification faite je l’ai indiqué à mes compères qui étaient plus en aval. J’ai suivi le castor descendre le courant, puis le remontant tout en me passant en dessous à moins de 50 cm ! Ça tombait bien, j’étais en grand angle ! Yannick, a finalement réussi à remonter le courant, juste le temps de prendre 2 photos et le castor s’en est allé ! J’ai ainsi passé près de 5 minutes en suivi au plus proche de ce castor ! Inoubliable dans ces eaux si claires, mais physique avec le courant qu’il y avait !

    Ton plus grand regret ?

    Je n’ai pas de grand regret. Ou peut-être de ne pas avoir commencer plus tôt ! Mais au moment où j’avais le temps, c’est à dire quand j’étais ado et jeune adulte, les moyens matériels n’étaient pas les mêmes et surtout plus onéreux !

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    J’ai appris que le plus important, c’est de pourvoir raconter une histoire. De belles images, c’est bien, mais il faut surtout qu’elles puissent s’insérer dans un tout qui a du sens. Il ne faut pas oublier de faire pleins de plans de raccords et d’ambiance pour arriver à faire les jonctions, transitions et servir la narration.

     

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