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    François Breau     Cette rubrique accueille aujourd'hui un nouvel ami de Loxia, François Breau. Le premier métier de François est  l'électronique. Ce passionné de sciences "exactes"  est aussi un naturaliste qui réalise depuis quelques années des documentaires sur la nature. Pour partager ses productions et celles des auteurs qu'il apprécie, il a créé il y a dix ans le festival " Images et Faune Sauvage des Garennes sur Loire"

          Ce voyageur à la recherche d'espaces et de nature ne s'est pas arrêté là. Il vient de créer  "Natureview -Le film documentaire nature Autrement", un site dédié, comme son nom l'indique, aux documentaires nature, et plus particulièrement  aux films qui ont fait les beaux jours de son festival. Vous pourrez retrouver là, en compagnie de réalisations diverses, ses œuvres  et quelques métrages des amis de Loxia.

    Bienvenue  chez les amis de Loxia et merci à François d'avoir répondu à notre jeu de "l'interview". 

    Philoxia

    François Breau

     

       Philoxia:   Tu viens de créer un site « Natureview - Le Documentaire Nature Autrement ». Peux tu nous expliquer le but de ce projet et ce qui t’a motivé pour le réaliser?

       François Breau :      Natureview.fr est un site de partage. J'avais pour idée depuis 2 ou 3 ans de créer une plateforme pour fédérer les auteurs de second métier  que nous sommes  dans le thème animalier, voire naturaliste pour rester large.

        Philoxia:  Qu'entends tu par par "auteur de second métier" ?

      François Breau:  Quand je dis "Auteur de second métier" il faut comprendre "les réalisateurs qui ne vivent pas de cette activité". Pour avoir reçu nombre de réalisateurs depuis 10 ans au Festival Images et Faune Sauvage de Juigné sur loire, notamment des jeunes de l'Iffcam, j'ai constaté combien il était difficile de se faire une place dans les festivals d'importance et les médias, TV nationales ou locales.
     Ce site est, je l'espère, la promesse d'une ouverture fédératrice au partage libre d’œuvres cinématographiques sans contraintes spécifiques si ce n'est celle de répondre à une charte de qualité. 

    François Breau
     Le dernier opus de François Breau "Des hommes , des ours et des forêts "

     Philoxia:    A quelles  difficultés t’es-tu heurté lors de la réalisation de ce projet ?

     François Breau:    Je n'ai pas rencontré de problème particulier, si ce n'est la perte de notre ami Michel Guimas, avec qui j'étais parti pour monter le projet. J'ai failli abandonner en Mai 2019 quand j'ai appris la triste nouvelle de sa disparition.
     Pour mener a bien cette idée, il a fallu privilégier la location d'un serveur puissant (ou cloud) et d'autre part un site de qualité donc payant et exempt de bannières publicitaires. Mes choix se sont donc orientés vers SproutVideo, qui possède un excellent service client, et Wix que je maîtrise très bien.       

    Philoxia:    As tu déjà quelques retours sur le site?

      François Breau:     Oui,  j'ai des retours positifs suite aux diffusions, mais surtout un pic de fréquentation pendant la période de Noël après la parution d'un article dans Ouest France. Il faut aller sur le site souvent pour augmenter le référencement Google, c'est bien connu, donc j'encourage à le faire....

      Philoxia:   Tu es évidemment auteur de documentaires nature. Depuis quand pratiques-tu cette activité?

    François Breau

     

         François Breau:  Je réalise des films depuis les années 2000, puisque c'était une branche de mon entreprise. Mon premier film , en DV, date de 2006 et a fait plus de 15000 vues sur Youtube, ce que je ne recherche pas vraiment en fait. J'en ai fait une quinzaine depuis.

     

     

        Philoxia: Qu'est-ce-qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo nature ?

    François Breau  François Breau: C'est un besoin pour moi de raconter des histoires naturelles. Sauf que  je viens justement de déroger en racontant une histoire d'artisans du désert ! Depuis tout petit je suis passionné par la nature.  Ado je faisais des photos autant que je pouvais.
     Je n'aime pas vraiment le terme de Vidéo.  La vidéo est un moyen en fait, pas une finalité. Je préfère le terme de chasseur... d'images. Il y a 50 ans j'aurais fais la  même chose je pense en 8 ou 16 mm !
                                                                            

      Philoxia: C'est effectivement dans ces formats que j'ai commencé très tôt ce que tu pourrais appeler  mon "second métier" ! Quel sont tes  sujets préférés?  Vois-tu une raison à ces choix?

       François Breau:  A priori, je n'ai pas de sujet  préféré. En fait,  mes sens me conduisent hors des sentiers battus et vers l'insolite.  Je suis ainsi fortement attiré par les contrées désertiques.

       Philoxia: L'appel du désert en quelque sorte !?

       François Breau: C'est un peu cela...   (sourire)

    François Breau

        Plaine à proximité de Lecinena, dévastée par un incendie en 2020 non loin du décor de "Mas alla del desierto" le dernier métrage de François Breau

      Philoxia: Sans trahir tes secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    François BreauFrançois Breau:  J'utilise comme beaucoup de mes collègues différentes techniques de prise de vues. Ce peut être l'approche, ou la méthode de distance au zoom. J'utilise aussi des caméras automatiques étanches comme cela commence à se faire, mais c'est pas vraiment ma tasse de thé. Je pratique la "repasse" pour certains rapaces, avec un certains succès, mais je m'interdis d'en abuser, d'ailleurs les oiseaux eux-mêmes savent le dire....


        Philoxia: As-tu un modèle parmi les grands noms de la cinématographie ou de la photographie  animalière ?

         François Breau:  J'étais fan de Christian Zuber quand j'étais ado, puis des films de Nicolas Hulot. Je change souvent de modèles: Robert Luquès et Jean Michel Bertrand sont parmi mes préférés.

          Philoxia:  J.M. Bertrand emploie  d'autres cadreurs, en particulier notre ami Frank Neveu que j'admire beaucoup. Quels sont tes  projets en cours ?

    François Breau
     

      François Breau  J'ai toujours 2 ou 3 projets de films d'avance sur le papier et dans ma tête. Il faut pouvoir rêver pour se projeter et avoir toujours la pêche pour créer une histoire! Je  termine actuellement  mon dernier 30mn : "Mas alla del desierto" (Au delà du désert) et je commence à bosser sur un vaste sujet autour de la faune concentrée sur les rivières...
     

     Philoxia: Vaste projet... Quel(s) conseil(s)  donnerais-tu à un débutant ?

    François Breau  Quoi dire à un débutant?     Deux choses qui me viennent à l'esprit: Vis ta passion sans limite, profite de ta jeunesse pour explorer le monde naturel, fais les choses comme tu le ferais si elles n'avaient jamais été faites. Et puis deuxième chose, apprend un métier, car le film animalier ne te permettra probablement pas d'en vivre !

     

     

     Crédit photos: © François Breau 2021

     

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  • C'est au festival d'Abbeville que j'ai rencontré pour la première fois Patrick. 

            Lorsque le festival nous fait la joie de sélectionner un film, nous prenons un petit week-end avec mon Guillaume de fils pour assister à la soirée des films amateurs le vendredi soir puis à la soirée de la remise des prix le lendemain. En ce mois de mars 2016, tout juste arrivés dans la  bourgade, nous entrons dans une petite gargote, et là, seul, notre ami Patrick attablé devant une assiette de frites, repas luxueux que nous prévoyons aussi de nous offrir ! Rapidement nous faisons connaissance et le courant passe immédiatement.Nous échangeons quelques propos sur la photographie naturaliste et, plus prosaïquement, quelques réflexions sur la pollutions des eaux tout en avalant notre rata.

            Ce week-end là, une première version de "la litière forestière" devait être récompensé par une mention de la meilleure image, "Un jour d'été" n'obtenant rien avec, tout de même à la clé une petite satisfaction, avoir fait sursauté le public deux fois avec l'attaque surprise de misumena vatia, l'araignée caméléon et un éclair bruyant durant la séquence d'orage. Mais il est temps de laisser la parole à notre ami Patrick !    

    Loxia:   Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    Patrick:  D'abord photographe, je suis passé à la vidéo depuis 5 ans

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Qu'est-ce-qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    C’est l’arrivée de la fonction vidéo sur les appareils photos reflex, auparavant je ne faisait que de la photo nature et animalière.

     Loxia: Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Les oiseaux, les cerfs et chevreuils, cette préférence vient de la proximité de cette faune, plus facile à observer.

    Loxia: Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je n’ai pas de secret particulier, une bonne connaissance des espèces, moi je préfère l’affut mais il faut de la patience et  même beaucoup, parfois. Il y a aussi une part de chance...

    Patrick Bodu

     

    Loxia: As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    Non

    Loxia: Comment te situes-tu dans cet art?

    Depuis 5 ans je dois reconnaître que la progression de mes réalisations va en s’améliorant, avec quelques prix. Il est agréable de se sentir reconnu à ce niveau.

    Loxia: Quels sont tes projets en cours ?

    J’étudie la possibilité de réaliser un film sur la vie nocturne. Comme d’habitude, je prends beaucoup de temps à la préparation d’un court métrage (contenu, style, et dans ce cas particulier les contraintes technique).

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Réaliser un court métrage sur les oies sauvages.

    Loxia: Ton meilleur souvenir?

    J’aime beaucoup l’affût car il se passe toujours quelque chose, ce qui laisse beaucoup de bons souvenirs. Le meilleur est sans doute cette rencontre avec une famille renard, un dimanche matin, alors que le soleil se levait. Ils sont restés une quinzaine de minutes avant de repérer mon odeur.

    Patrick Bodu

     

    Loxia: Ton plus grand regret ?

    N’avoir pas commencé plus tôt !

     Loxia: Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    Bien connaître les espèces choisies avant de partir filmer et faire du repérage la veille. J’ai une préférence pour l’affût. Dans ce cas, il faut prévoir un matériel adapté. Je n’aime pas les tentes du commerce, je préfère les filets militaires (pas cher) et quelques branches.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Patrick Bodu - 2019 

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    Yves Le Presse: photographe naturaliste et poète        Ce mois-ci, je vous invite à découvrir Yves Le Presse, naturaliste breton venu tardivement à la photographie et amateur de poésie.

          C'est par le blog d'un autre ami de Loxia dont je compte bien parler dans un prochain article, le "Blogadupdup" de Bernard, que j'ai connu Yves.

        Passionné de nature, Yves parcourt régulièrement sa chère campagne bretonne à la recherche d'une belle observation. Il traduit par une photo l'impression du moment devant un paysage ou un discret habitant de l'herbe. Sans but précis, il ramène toujours quelque chose d'intéressant à partager avec ses nombreux amis.

    " L'occasion fait le larron ", dit-il. Je crois que notre larron a souvent de belles occasions que vous pourrez admirer sur son site "naturepassion" .

          Je remercie Yves d'avoir eu l'amitié de prendre un peu de son précieux temps libre pour répondre à quelques questions pour cet article, et d'avoir fourni quelques jolis clichés pour l'illustrer de manière agréable.

    Philoxia

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?
    Yves:    J'ai commencé à pratiquer la photographie animalière en 2006. La photo animalière est arrivée à moi un peu par hasard . Étant un observateur de la nature depuis tout petit ( j'ai commencé à compter les oiseaux du jardin vers l'age de 7/8 ans), j'ai eu envie de partager ces beaux moments avec le plus grand nombre par l'image. Internet a fait le pont entre nous tous .

     Le pipit maritime n'a pas échappé à l’œil expert d'Yves 


    Loxia : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?
    Les odonates .... Je peux rester des heures à rechercher et observer et photographier les libellules.
     Je crois que cela vient du fait que j'aime être au bord de l'eau, dans un coin du Finistère en Bretagne, pays où je suis né. Le bruit d'un ruisseau, un soir près d'un étang .. J'adore.

     Un bel odonate au nom impossible: Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

     


     Un agrion ou demoiselle :  le leste vert femelle ( Chalcolestes viridis )

    Loxia : Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?
    Yves:   Je pratique surtout a billebaude... Rarement l’affût.

    Loxia :  As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?
    Yves:Je n'ai pas de modèle, mais j'aime la façon de voir la nature et le travail photographique d'Erwan Balança.

    Loxia : Comment te situes-tu dans cet art?
    Yves: Je me considère comme un amateur passionné.



     

    Loxia : Quels sont tes projets en cours ?
    Yves:  Je n'ai pas de projet particulier car je n'ai aucun but lorsque je pars en balade...  L'occasion fait le larron !

    Quand l'occasion fait le larron...

     

      

      Le meilleur souvenir: rencontre inattendue avec le chevreuil.

    Loxia : Quel est ton grand rêve en photo animalière?
     YvesJe n'ai pas de rêve de ce côté-là, car pour moi, l'ordinaire reste toujours extraordinaire. 

     Loxia : Quel est ton meilleur souvenir?

    Yves: Mon meilleur souvenir est un tête à tête avec un chevreuil alors que j'étais accroupi dans l'herbe à photographier des libellules.


     Loxia : Quel est ton plus grand regret ?
    Yves: Pas assez de temps pour ma passion...

    Loxia : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?
    Yves:   Apprendre d'abord à observer et connaître la nature pour finir par anticiper... La photographie suivra le mouvement.

    Le temps suspendu d'un cliché: la linotte mélodieuse. Cette espèce est en forte régression sur une grande partie du territoire français.

    Crédit photos: © Loxiafilms / Yves Le Presse - 2018  

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           C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition brutale de Michel Guimas. Michel était un ami de la première heure de Loxia. Nous perdons un collaborateur et un ami. Il faisait partie de ces grands animaliers amateurs que l’on rencontre dans les festivals dédiés à la nature où il fut souvent invité, collectionnant les sélections et les prix. Des lauriers mérités : il était non seulement un observateur doué mais aussi un remarquable faiseur d’images, amoureux de la faune sauvage de Touraine  et passionné  par le cerf sur lequel il a réalisé de nombreux films.

     Le cerf, la grande passion de Michel.

            Comme c’est souvent le cas avec les amis de Loxia, j’ai connu Michel au cours d’un festival de cinéma en 2007, lors de la première édition de Besancourt qui se déroulait, comme son nom le laissait deviner, à Besançon. Plusieurs documentaires étaient en compétition, et parmi ceux-ci, un court « le roi des forêts ». Le titre et le sujet (un film sur le cerf) me firent d’abord sourire. A l’heure des projections, Michel présente son film. J’admire alors la manière décontractée et assurée avec laquelle notre homme présente son œuvre. Il faut dire que je suis particulièrement mal à l’aise dans ce genre d’exercice !

     Michel au micro: un exercice dans lequel il semblait particulièrement à l'aise.

    Je ne suis qu’au début de ma surprise. Au moment de la projection… le choc ! Je suis ébloui, totalement bluffé par la qualité des images. Splendide. Ce type est trop fort!

    En 2007, Michel réalise un film superbe sur le cerf : "Le roi des forêts". Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier...

          J’oublie le titre, trop naïf à mon avis, quelques maladresses de montage et de mixage du son, totalement conquis par la beauté des plans. A la fin de la séance, je vais vers mon petit camarade et on commence à discuter nature, prises de vue, matériel, technique. Échanges de coordonnées, et je lui propose une collaboration pour un  opus futur qui se concrétisera par la réalisation de «Je me souviens »,(l’ histoire d’un renard écrasé !) qui obtiendra plusieurs récompenses.

          Malheureusement pour Michel, le prix du meilleur documentaire reviendra cette année là à "L'âme du cochon", un film où l'on saignait avec allégresse  un malheureux cochon !

           Dans les mois qui suivent, je crée le logo « Loxiafilms » puis la chaine Youtube « Loxiavideo » dans laquelle j’intègre les courts réalisés par Michel et qui obtiennent un joli succès. Parmi les titres les plus appréciés : «Deux mois plus tard», «La couleuvre verte et jaune », « Dans les brumes du matin ». Comme le monde est petit, je constate que nous avons une connaissance commune, Paul Giboureau qui nous a quittés en décembre 2015, avec qui je conversais déjà depuis quelques temps sur le forum du Repaire numérique ! Paul habitait tout près de chez lui. L’un se passionnait pour les cervidés, l’autre était un explorateur méticuleux du microcosme de l’herbe. Ainsi, pendant quelques années, nous avons formé un trio d’amis qui, tour à tour, collaboraient pour une œuvre commune ou réalisaient leurs propres productions.

          Mais les qualités de Michel ne s'arrêtaient pas à son art animalier. C'était aussi un amateur de poésie qui distillait en privé un humour pince sans rire. Humour qui ponctuait parfois ses films, comme une pirouette après avoir abordé un sujet sérieux ou grave. Pour oublier la tristesse, je finirai cet article avec deux citations de mon pote Michel : la conclusion de son film « la vie d’un gland »  et l'un de ses poèmes.

          Au revoir l'ami. Et merci pour toutes ces belles choses que tu as su nous faire découvrir avec talent...

     

     

    Le renard

     

    Oh toi tendre Goupil, tu parcours les sentiers

    Famille des canidés, tu habites le terrier

    Ton pelage brun roux, enveloppe magnifique

    Est bercé de tendresse par ton regard magique.

     

    Dès le mois de janvier, tu cherches la femelle

    Qui comme toi bien sûr est toujours la plus belle,

    Tu visites les bois, et quitte la lisière,

    Tu n’attends pas la nuit pour jouer dans la clairière.

     

    Tu habites les forêts mais colonises les villes,

    Tu traverses l’étang pour rejoindre les îles,

    Tu n’attends pas le printemps pour connaître l’amour,

    Les nuits ne suffisent plus et tu colores le jour.

     

              Tu aimes les campagnols, tu raffoles de mulots,

              Tu grignotes les fruits, parfois les escargots

              Tu caches avec talent l’entrée de tes terriers

              Ton acuité des sens n’est plus à démontrer.

     

     

    La nuit parfois au loin, j’entends ta voix qui jappe,

    Alors tout près de toi, j’imagine la harpe,

    Accompagnant ton saut d’une douce musique,

    L’incrustant tendrement de notes mélodiques.

     

    Le bipède que tu vois, son pinard et ses armes,

    Le bourreau qui te cherche et fait couler tes larmes

    N’a qu’une envie, c’est sûr, pouvoir te supprimer

    Il en a les moyens mais n’est pas très rusé.

     

    Alors ne t’inquiète pas, continue ton chemin,

    Promène tes petits dans les brumes du matin,

    Elimine les rats qui détruisent nos blés

    Et tu verras un jour l’arroseur arrosé !

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Michel Guimas 2019  

     © imageincabestany.org

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    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier         J'ai fait connaissance avec Benoît au festival de Namur où nous avions tous les deux été sélectionnés. Il présentait un superbe petit film intitulé "Source miraculeuse" dans lequel il exprimait déjà sa passion pour la plongée sous-marine et les images en immersion. 

         La même soirée m'avait fait rencontrer aussi quelques réalisateurs sympathiques et deux  photographes:

                 Gregory Odemer, animalier à la production remarquable (il est auteur notamment  d'un ouvrage magnifique "les oiseaux de la plaine d'Ariège" avec une série de clichés sur l'élanion blanc, petit rapace rare inféodé surtout aux Pyrénées) 

                    et  Frédéric Labaune, macro et micro-photographe, bricoleur de génie,  présent en tant qu'exposant. Deux genres de photographies totalement différents, deux univers passionnants dont j'espère pouvoir parler un peu plus longuement dans un article dédié.

      Je vous invite donc à découvrir ce jeune homme prometteur à travers l'interview proposé par Loxia. Merci à Benoît d'avoir accepté de prendre un peu sur son temps libre pour répondre aux questions de loxia. 

    Philoxia  

       

     

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    B.C. : J’ai commencé mes premières petites prises de vues animalières dès l’acquisition de mon premier petit APN en 2003 qui avait la possibilité de faire des vidéos. Mais, c’est en 2014 après deux stages à l’IFFCAM que j’ai réellement réalisé des petits courts-métrages plus construits et réfléchis.

    Qu'est-ce qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours passé beaucoup de temps à observer la nature. Ça a commencé avec les insectes, les escargots dans le jardin de mes parents. Puis avec des copains en allant jouer à la rivière, où l’on s’amusait principalement à capturer des serpents, des poissons et des batraciens pour les observer et les relâcher. J’ai ensuite élevé des poissons, des phasmes, des chenilles que j’observais devenir papillons, …

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalierEt c’est vrai qu’à l’époque, j’ai été bercé par mon magazine préféré : Wapiti. Je rêvais d’être photographe animalier, aventurier aux quatre coins du monde. Plus tard, je suis passé à la photo puis à la vidéo pour ramener comme des preuves de ce que j’avais pu voir. C’est une manière beaucoup moins traumatisante que de manipuler ou de ramener le dit individu ! Cela a été particulièrement vrai pour mes prises de vues en eau douce, où la majorité des gens ont du mal à se rendre compte de ce que l’on peut y voir. C’était une manière de leur montrer, sans qu’ils aient à se mouiller, et de les sensibiliser.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Je ne pense pas avoir d’animal préféré, chacun à son intérêt et je peux prendre plaisir à filmer chacun d’entre eux. Ce qui est intéressant, c’est que dans tous les cas, cela nécessite une bonne connaissance de son sujet. Seules de longues observations permettent de pouvoir anticiper les comportements et donc de filmer des scènes intéressantes. C’est vrai pour les oiseaux et les mammifères, mais aussi pour les poissons ou les insectes. De ce point de vue, ce sont les zones aquatiques et ces habitants que je connais le mieux.

    Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je suis plutôt du genre à aller à la rencontre de mes sujets par une traque puis une approche délicate, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à moi. Avec cette méthode, ça ne marche pas du premier coup ; on se fait surprendre et on peut rater la bonne occasion. On apprend ainsi à connaître les habitudes, les lieux de présence en fonction du moment de la journée ou de l’année et on redouble alors de vigilance lors de l’approche sur le point crucial et l’attente est alors moins longue puisque l’on maximise ces chances de rencontre. C’est cette traque qui m’apporte le plus d’adrénaline et de surprise.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    En réalité, je ne sais même pas qui sont les grands noms de la photographie animalière. Et je peux encore moins parler de modèle. Je suis plus un autodidacte et j’essaye de faire comme je le sens, selon ce qui me semble fonctionner.

    Mon influence, vient en fait surtout des sports de glisses, des sports de natures, avec des lignes plus punchy, des rythmes rapides,…

    Comment te situes-tu dans cet art?

    Je ne me situe pas trop pour le moment. J’ai juste envie de partager ce que je vois et de le retranscrire du mieux possible. C’est pourquoi, à un moment, j’ai proposé ce que je faisais à des festivals spécialisés. J’ai eu la chance d’être sélectionné et que ces images soient vues par un plus grand nombre. Ça a été de formidables occasions d’échanger avec des gens professionnels ou non et de mieux comprendre quels sont les ingrédients d’un bon film. J’ai aussi été très touché de voir que les milieux aquatiques, puisque c’était le thème de mes premiers films, avaient pu étonner et aiguiser la curiosité de certaines personnes. Ce n’était à priori pas courant de voir ça.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Je termine actuellement un court métrage de 13 minutes sur ma rivière de prédilection, la plus sauvage et la plus claire de France. Depuis 2014, je réalise des images au fil des saisons et de la vie au sens large de cette rivière pour ce film. Depuis plusieurs années, je filme également en Camargue avec peut-être un projet sous 2 ans d’un court-métrage sur le sujet.

    Dans un autre genre, j’ai un court-métrage sur la pêche à la mouche du saumon en Gaspésie au Québec qui va passer sur un festival spécialisé.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Mon rêve serait surtout de pouvoir œuvrer à la préservation de différents environnements, en sensibilisant le public par la diffusion d’images témoignant de leurs beautés singulières et de leur fragilité. En ce sens, si j’en avais les moyens et le temps, j’aimerais faire un sujet sur le Lac Tanganyika en Afrique. Mais je rêve aussi de manchots dans les terres australes, de Casoar en Australie,…

    Ton meilleur souvenir?

    Un de mes meilleurs souvenirs, est une rencontre fortuite avec un castor. J’étais alors invité à tourner sur une descente de la Sorgue avec Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique et Robert Luquès, cinéaste et réalisateur pour le film de ce dernier « La Rivière ». J’étais à la traine en train de filmer une truite quand une masse brunâtre est entrée dans l’eau juste dans le champ ! Je me suis mis à la filmer et à la suivre, la bête massive n’avait pas l’air paniquée ! J’ai d’abord cru à un ragondin, mais c’était en fait un castor. Identification faite je l’ai indiqué à mes compères qui étaient plus en aval. J’ai suivi le castor descendre le courant, puis le remontant tout en me passant en dessous à moins de 50 cm ! Ça tombait bien, j’étais en grand angle ! Yannick, a finalement réussi à remonter le courant, juste le temps de prendre 2 photos et le castor s’en est allé ! J’ai ainsi passé près de 5 minutes en suivi au plus proche de ce castor ! Inoubliable dans ces eaux si claires, mais physique avec le courant qu’il y avait !

    Ton plus grand regret ?

    Je n’ai pas de grand regret. Ou peut-être de ne pas avoir commencer plus tôt ! Mais au moment où j’avais le temps, c’est à dire quand j’étais ado et jeune adulte, les moyens matériels n’étaient pas les mêmes et surtout plus onéreux !

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    J’ai appris que le plus important, c’est de pourvoir raconter une histoire. De belles images, c’est bien, mais il faut surtout qu’elles puissent s’insérer dans un tout qui a du sens. Il ne faut pas oublier de faire pleins de plans de raccords et d’ambiance pour arriver à faire les jonctions, transitions et servir la narration.

     

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