• Ami et compagnon de route, Jean-Louis, disparu le 7 décembre 2014,  était passionné d'ornithologie. Instituteur puis éco-interprète cet amateur de nature, amoureux du loup,  s'était mis à écrire des textes naturalistes où il exprimait la joie de ses observations.

         En feuilletant un de mes livres préférés, "Les rapaces" de Paul Géroudet, j'ai retrouvé, soigneusement plié entre deux pages, le texte d'une chanson qu'il avait composée à l'époque du tournage des "Faucons de la Baume" (1979-1981). Une page tirée avec un stencil à alcool, le seul moyen de reproduction bon marché de l'époque. Grosse bouffée de nostalgie à la lecture de ce petit opus que je vous livre ici.

      

     Ornithomanie (Dis moi l'oiseau)                                  

    Jean-Louis Dubois      

     O dis moi l'oiseauJean-Louis Dubois

    Dis-moi l'oiseau!

    Dis-moi l'oiseau

    Sur la falaise,

    Dis-moi son cri

    Dans le matin,

    Ses ailes: rocher et glaise

    Pour encore combien de printemps ?

     O dis moi l'oiseau     

    Jean-Louis Dubois

     

     

    O dis moi le vent entre ses ailes,

    Entre ces ailes magiques

    Dis moi des poumons d'ivresse

    Qui n'ont cesse de vitesse

    Pour encore combien de printemps?

    O dis moi le vent.

     

    O dis moi des hommes aux yeux de ciel

    Dis moi des hommes de sapin

    Qui vivent pour l'oiseau gris,

    Le jour où s'envolera 

    Encore un printemps prochain

    O dis moi des hommes. 

     

    O dis moi le soir, dis moi la nuit,               Les faucons de la Baume

    Dis moi une nuit sous la pluie,

    Avec l'oiseau je m'en irai…

    La vie peut couler ses printemps,

    Tant que l'aile déchire le vent

     

    Il ne fera pas noir...

     

     

     

    Jean-Louis DuboisJean-Louis Dubois

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Texte envoyé par Jean-Louis le 4 janvier 2014 dans son mail de bonne année

     

    Le loup est de retour !

    Région de Vesoul (Haute-Saône - France), mercredi 13 novembre 2013, peu avant six heures du matin.

    Jean-Louis Dubois

    Ma nuit ayant été un peu écourtée par une insomnie, je sors dans le jardin comme il m'arrive souvent de le faire. J'y ai même deux bonnes places dédiées à mes moments d'écoute, d'observation et de contemplation : deux vieux fauteuils de jardin. Pour les beaux jours, l'un est situé sous un vieux genévrier, dans l'enchevêtrement des ramilles de charme, de troène et d'érable champêtre d'une haie mitoyenne. Pour les jours de mauvais temps, l'autre se trouve sous l'auvent de l'abri à bois dans l'ambiance de bonnes odeurs de sève et de tannin. Depuis mes fauteuils, que ma compagne Suzy appelle également "mes grottes" (mais elles sont ouvertes sur le monde !), j'observe et j'écoute, selon mes envies et ma disponibilité, la vie diurne ou nocturne du jardin, de mon village de Dampierre-sur-Linotte et de ses environs. À deux cents mètres, au centre du bourg, le clocher scande les heures et égrène régulièrement les quarts d'heures de sérénité ou de patience qui se cumulent, enrichissant ma connaissance du milieu local... 

    Une effraie chuinte en survolant le jardin ; la silhouette fantomatique de la Dame blanche s'éloigne dans l'obscurité ; une chouette hulule au loin vers le Grand bois. En cette fin de nuit humide, légèrement brumeuse, tout est assez calme. À cette heure matinale, il n'y a guère de circulation. À trois cents mètres vers ma gauche, ronronne la machine à traire de la ferme laitière. Et l'on entend, au hasard, de temps à autres, le mugissement d'une vache, le souffle de la pompe à chaleur de la maison qui tourne derrière moi, ou les ronflements plus ou moins discrets des brûleurs des chaudières du voisinage qui démarrent ou s'éteignent. Soudain, à quelques centaines de mètres, vers le nord, un hurlement mélodieux fuse dans la campagne, aussitôt soutenu par trois ou quatre autres "A-oh" et "Hou" caractéristiques. La beauté et la perfection des harmoniques me prennent aux tripes. Aucun chien ne crie de cette façon : le loup est de retour ! 

    J'en suis évidemment tout retourné. Je me régale à écouter ce choeur particulier mais un peu inquiétant donner de la voix durant un court moment. Et à la fin du morceau, au lieu d'applaudir, je me précipite vers la maison pour annoncer à Suzy cette émouvante nouvelle: "- Le loup est de retour ! Je viens d'en entendre hurler un petit groupe, peut-être quatre ou cinq. À l'oreille, ils semblaient se trouver à quelques centaines de mètres des maisons du quartier ! Si tu savais comme c'est beau ! C'est encore plus beau que sur le CD Quand chantent les loups de Fernand Deroussen ! Je te le ferai écouter !" Mal réveillée, Suzy m'accueille un peu fraîchement : 

         "- T'as fumé la moquette, ou quoi ? 

           - Non, non je t'assure (ce n'est pas mon genre !). Je suis bien réveillé, il n'y a aucun doute ! Je ne te parle pas d'éléphants roses ; je connais la voix du loup : je suis tout à fait sûr d'avoir entendu, très distinctement, des LOUPS !..."

    Dans la journée, avec beaucoup d'enthousiasme, j'échange sur l'événement avec deux de mes meilleurs amis, naturalistes chevronnés. Nous nous rappelons que les loups qui avaient été massacrés ou empoisonnés jusqu'au dernier dans les années 1930 sont revenus en France, depuis l'Italie, en 1992, via le Parc national du Mercantour, dans les Alpes maritimes. Depuis, une nouvelle population s'est développée. Elle s'est répandue à travers le massif alpin, puis a atteint l'Est de la France au cours des dernières années. Et, alors que la présence de loups est désormais attestée dans tous les départements qui entourent la Haute-Saône (le nôtre), alors qu'un individu s'est fait remarquer l'an passé du côté de Lure, au pied des Vosges saônoises, comment expliquerait-on que l'espèce ne soit pas présente dans les environs de Vesoul ? Nous imaginons que notre département étant peu densément peuplé d'humains et couvert à 42% de forêts giboyeuses, la présence du prédateur pourrait y être moins dérangeante, donc moins repérable. 

    Les jours suivants s'écoulent presque normalement. Je ressors tout de même de ma bibliothèque, l'excellent livre de Gérard Ménatory La vie des loups publié en 1990, pour me remettre en mémoire les écrits d'un expert. Avec Suzy nous échangeons également sur un livre trouvé sur une aire d'autoroute pendant nos dernières vacances (!) Un homme parmi les loups de Shaun Ellis. L'ouvrage est qui ressorti récemment en livre de poche, nous a beaucoup plu et instruit. Désormais, nous savons bien, tous les deux, que le loup craint l'homme et qu'il ne mange ni les grands-mères, ni les petits chaperons rouges. Nous savons aussi que le domaine d'une meute est très étendu. L'espèce reste rare, aussi pensons-nous que nous n'entendrons plus de si tôt le chant des loups. 

    Erreur ! Trois journées plus tard, le vendredi 15 novembre au soir, je boude la fin du journal télévisé (le sport médiatique !) et je sors au jardin vers 20h15 pour admirer la première petite chute de neige. Il en est tombé quelques centimètres et les flocons virevoltent encore dans la pénombre, animés par les lumières du village : c'est la magie de l'hiver qui approche ! Soudain, le choeur des loups me fait sursauter en entonnant une plainte mélancolique qui sonorise parfaitement le paysage nocturne enneigé - La petite Sibérie de nos fantasmes ! Que c'est beau ! Que c'est beau ! Et palpitant !

    Jeudi 21 novembre 2013 - Message de Jean-Louis à Pierre et Bernard :

    « Bonsoir aux amateurs de loups !

    J'ai encore entendu au moins deux animaux se répondre, ce soir. Dans la nature, c'est donc ma troisième fois ! Par conséquent, même si l'on sait que son territoire peut être très étendu, la petite meute locale semble particulièrement se plaire dans les parages, pour l'instant.

    Sorti prendre l'air après de bulletin météo, vers 21 heures, je m'installe sous l'abri à bois, avec la chatte Gypsie dans les pieds. La configuration est la suivante : notre jardin, à l'arrière de la maison mesure modestement, en gros, 25 mètres sur 30 ; il donne sur une petite rue bordée d'une seule rangée de maison. Au delà, c'est la campagne, avec haies et bosquets de vieux conifères, vergers, prés et cultures. La lisière la plus proche du "Grand bois" (600 hectares d'un seul tenant) est à moins d'un kilomètre. Le tout est assez giboyeux : lièvres, biches et cerfs, chevreuils et sangliers...

    Ce soir, un chant plus aigu (celui de la louve ?) semblait vraiment très proche des habitations : je dirais moins de 300 mètres ! En stéréo, un dialogue poignant s'établit avec un autre chant plus grave (celui du mâle ?), provenant de beaucoup plus loin, vers la forêt. La neige de la mi-novembre a fondu. Celle qui tombe ce soir ne tient pas au sol et l'atmosphère noire et humide est vraiment peu engageante... J'avoue, qu'à demi grelottant dans mon fauteuil de jardin, la grande proximité de l'un des chanteurs m'a fortement impressionné. Au bout d'un quart d'heure, tout frémissant, j'ai laissé les loups poursuivre leurs vocalises sans moi, pour retourner au chaud, sans oublier de récupérer mon chat, au cas ou cette louve ait une petite faim pendant la nuit !

    Bonne nuit quand même, les amis !

    Ne rêvez pas trop à la Mère-grand du Petit chaperon rouge...

    Amicalement. JLD »

    ...

    Mais mon histoire préférée reste celle du Loup de Gubbio : au Moyen-âge, en Italie, à l'époque où François d'Assise vivait dans la ville de Gubbio, un loup redoutable apparut dans la campagne environnante. Ce loup terrorisait tous les habitants de Gubbio. Plus aucun habitant n'osait sortir de la ville sans être armé. Bientôt, personne n'osait s'aventurer hors des remparts... Pour venir en aide aux habitants de la cité, Saint François décida d'aller à la rencontre du loup. Les habitants, qui avaient d'abord essayé de le retenir, suivaient François en nombre pour assister au spectacle. Lorsque le loup le vit s'aventurer hors de la ville, le fauve s'approcha en courant, prêt à l'attaquer. À ce moment, Saint François fit le signe de croix et dit au loup "Viens ici, frère loup ; je te commande de la part du Christ de ne faire de mal ni à moi ni à personne." D'un seul coup (miracle !) ce loup, que tout le monde craignait, se calma. Il s'approcha tranquillement de François et s'allongea à ses pieds... Pour sceller cette paix, les habitants de Gubbio s'engagèrent à nourrir le loup...

    Hé oui, comme à tous les petits Français, la famille, la religion et l'École nous ont transmis cette curieuse culture commune sur le loup, peut-être pavée de bonnes intentions. La bête serait, tour à tour méchante, imbécile ou cruelle ! Sans compter le cours de latin, finalement plus proche de la réalité : Homo homini lupus est ! Disaient les Romains. Eux vénéraient la louve qui avait protégé et nourri les fondateurs de leur cité, Romulus et Remus. En effet, les évocations précédentes sont essentiellement légendes et contes symboliques ou moralisateurs. L'Histoire montre bien que c'est l'homme qui est un loup pour l'homme. Le loup, le vrai, a peu à voir avec sa propre réputation ! Les "mangeurs d'hommes" ont surtout nettoyé les gibets, les mouroirs et les champs de batailles ! À qui la faute ? Les attaques attestées sur des humains en bonne santé sont certainement à imputer à des animaux malades de la rage, maladie aujourd'hui éradiquée d'Europe.

    À propos du loup RÉEL, d'une part, les sciences, notamment celle des comportements, décrivent un animal sociable et extrêmement intelligent, qui joue un rôle remarquable dans nos écosystèmes. Super prédateur, le loup régule et assainit les populations de ses proies : cervidés et sangliers, chamois et mouflons, renards et campagnols, mais aussi quelques moutons... Là où il y a des loups, on peut considérer que la nature a retrouvé son super prédateur ancestral. La biodiversité, tellement mise à mal au cours du dernier siècle, y gagnerait. Pourtant, il reste ce problème de bétail dévoré occasionnellement. Dans un pays où galèrent neuf millions de chômeurs et de travailleurs pauvres et où l'on subventionne en milliards une agriculture prétendument raisonnée et qui reste globalement très polluante, ne peut-on rien faire pour vivre avec les loups en créant quelques emplois ?

    D'autre part, la génétique moderne nous confirme que le loup est l'ancêtre commun à toutes les races du Chien, le meilleur ami de l'homme ! Ainsi au fil des millénaires, depuis environ 5 000 ans, nos ancêtres et nous avons sélectionné, à partir des qualités du Loup, celle que nous apprécions chez nos compagnons canins. Border Collies ou Teckels, Dobermans, Griffons, Épagneuls ou Bichons frisés sont, somme toute, des loups quelque peu dégénérés, fidèles, prêt à défendre ou à aider leur maître ou leur clan humain. Comme j'aime y penser !

    Pour finir, cette question du "retour du loup" est finalement bien mal posée ! Ceci présente l'inconvénient de faire apparaître cette fameuse question comme une régression aux yeux de beaucoup de personnes, un retour vers un passé primitif, désuet ou sauvage. Il n'en est rien ! En effet, les loups "français" des années 1930 ont bel et bien disparu avec leurs détails génétiques propres... Nos "nouveaux loups", colonisant l'Est de la France, sont bien actuels et ils proviennent de la souche italienne qui se propage dans les écosystèmes du présent. Ces écosystèmes sont eux-mêmes bien différents de ce qu'ils étaient il y a un siècle. Ainsi, le "retour du Loup" n'est pas véritablement un retour. Cette expression n'est bonne qu'à vendre du journal et à faire frissonner dans les chaumières ! Comme toutes les histoires, l'histoire évolutive va constamment de l'avant : nous assistons en réalité d'une nouvelle proposition de l'Évolution dans la recherche permanente d'un équilibre entre les espèces. Autrement dit : le loup actuel, d'origine italienne, ne se propagerait pas en France s'il n'y trouvait pas une petite place pour lui. Laissons-lui donc cette place en considérant tout ce que l'espèce a rendu, rend et rendra de services au sein du Vivant, et à l'humanité, depuis la préhistoire ! Pourquoi ne parle-t-on jamais du bénéfice qu'apporte la présence de loups, par exemple dans la limitation et l'assainissement des populations du grand gibier qui génèrent tant de dégâts sur les cultures et les forêts ? Pourquoi ne parle-t-on jamais de son intérêt dans l'élimination des chiens et chats errants, ou encore dans la régulation du renard, animaux prédateurs de gibier et de nombreuses petites espèces protégées ?

    11 décembre 2013 : le journal local annonce que deux jeunes bovins ont été tués récemment par un prédateur indéterminé, sur la commune voisine de Fontenois-lès- Montbozon. Peu après, le jeudi 19, deux apparitions hypothétiques du Loup sont signalées dans des secteurs voisins du département du Doubs : une observation avec photographie à Belfays, et deux moutons attaqués à Clerval. Force est de constater que les autorités bottent en touche, suivies par la presse, faute de preuves validées officiellement. À qui profite la langue de bois ? Va-t-on comme ailleurs - et hypocritement - autoriser le tir des chiens errants ? Il n'y en a guère dans les environs ! Dans les conditions nouvelles de la modernité, en contrôlant si nécessaire ses populations, saura-t-on réapprendre à vivre avec le Loup ?

    Jean-Louis Dubois

    Dampierre-sur-Linotte, décembre 2013 

     

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  • En 2011, l'ami le plus fidèle de Loxia et spécialiste du cerf, Michel Guimas, s'était prêté le premier au jeu de l'interview proposé par Loxiafilms. Ses réponses n'avaient pas été publiées sur ce nouveau site. L'oubli est réparé ! 

    L.:   Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    M.G. :   je pratique la vidéo animalière exclusivement depuis 1995. Contrairement à beaucoup de vidéastes,  auparavant je ne pratiquais pas la photographie.

    L.: Qu’est-ce qui t’as amené à la vidéo animalière ?

    M.G. : C’est l’animal qui m’a amené à la vidéo   car je souhaitais  immortaliser  les rencontres magiques. Le fait de filmer modifie le comportement car toute image furtive est un bonheur pour l’œil mais l’envie de confectionner des films nécessite un regard différent et une observation de longue durée.   

    L.: Sans trahir tes secrets, quels sont tes techniques de chasse photographique ?

    M.G.: Mes techniques sont sans doute banales et varient en fonction de l’animal recherché. La patience sous une  tenue  de  camouflage est indispensable  pour observer la période de nidification par exemple. Une connaissance approfondie  du  territoire  me  semble  nécessaire  car  les animaux ont leurs habitudes. Leurs passages varient en fonction des saisons et des interventions humaines.   Je pratique très peu l’affût mais  parcours  les sites très lentement à l’écoute des bruits et j’effectue régulièrement des pauses.  La  tenue  vestimentaire adaptée à l’environnement et le filet sur le caméscope sont indispensables.

    Michel Guimas

     

     

    L.: Quel conseil donnerais-tu à un débutant?

    M.G.: Patience et longueur de temps font plus que force et que rage!

    Michel Guimas

     

     

    Ses modèles

    Avant de capturer toute image, l’intérêt pour la nature et le monde animal est né de la lecture des livres de  Maurice Genevoix et  plus  particulièrement « la dernière harde ».

    "Sans  doute Laurent Charbonnier, un passionné, m’a  incité  à  immortaliser  les  images  de la vie animales. Toutefois j’ai parcouru les forêts et les landes sans la compagnie d’un caméscope pendant très longtemps."

     

    Ses projets

    Un film sur les serpents qui se raréfient. (NDLR: réalisé depuis, sur la couleuvre verte et jaune)

    Michel Guimas

     

    Un  film  sur la  cigogne noire  qu'il  observe depuis plusieurs années.

    Michel Guimas

      

    Un film  sur  le  cerf (évidemment) mais  tout  au long de l’année.

    Michel Guimas

    Et puis le hasard des rencontres ...

     

    Son rêve

    "Faire prendre conscience à l’homme de la beauté de  la nature que nous détruisons, que nous ne savons plus regarder."

    Comment Michel se situe dans cet art

           " Je me situe comme un passionné par l’image mais reconnais mes faiblesses au niveau du montage et du son.    Je suis un homme de terrain mais je vis une passion."

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  • En novembre 2011, c'est un nouveau venu dans les pages de Loxiafilms, Christian Bousquet qui nous  fait partager les joies d'une mémorable escapade en Patagonie à bord d'un prestigieux véhicule de collection: un Combi VW de 1976.

    Christian Bousquet

    Armé de sa Sony Z7 Christian nous avait ramené des vues d'une exceptionnelle beauté, souvenir d'un improbable et téméraire périple sud-américain.

     

     

     

     

     

     

    Après Gilles Henry, l'homme  des grands espaces, Paul Giboureau explorateur du microcosme,Christian, chasseur photographe éclectique, nous livre, à son tour quelques réflexions sur la vidéo animalière.

     

    L.: Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    C.B.:J’ai tourné mes premières images vidéo en 1987 avec une Canovision HI8, que j’avais équipée d’un complément optique 1.5 pour filmer les chamois et marmottes de la vallée de l’Ubaye et ce jusqu’en 1990.   15 ans après, je me relance dans la vidéo, vers d’autres sujets mais toujours la même passion.

     

    L.:  Qu'est-ce-qui t'as amené à la  vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    C.B.: La passion des images, des documentaires animaliers ont été des facteurs déclenchants. A mon tour, je suis parti « caméra au poing » comme disait Christian Zuber.C’était en 1978, avec une caméra 16mm et quelques bobines en poche,  depuis,  pratiquement toutes mes sorties ou voyages  sont orientés vers la nature et les animaux et mes images prolongent ma passion.

     

    L. : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    C.B.:  Je n’ai pas d’animal préféré, je passe des oiseaux aux insectes, aux mammifères ou aux fleurs ; j’aime la diversité avec le même désir de mettre en valeur la beauté de la nature.

     

    L.:  Sans  trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    C.B. : Aujourd’hui, je filme le plus souvent des petites bêtes volantes ou rampantes, c’est un peu au hasard des espaces provençaux que je pose ma caméra ici ou là, même si je commence à connaître les endroits les plus favorables à leurs rencontresJ’aime aussi pratiquer l’affût, car il permet souvent de saisir des instants magiques.

     

    L.: As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    C.B. :   Oui, comme le japonais Michio Hoshino, qui a réalisé des magnifiques photos d’ours polaires ou de grizzlis et qui a payé de sa vie sa passion pour la faune sauvage.

     L. :  Comment te situes-tu dans cet art?

    C.B. :    Je me considère  tout  simplement comme un amateur passionné au service de la nature,  dans  lequel  j’essaie  d’apporter une vision personnelle, avec un souci d’exigence et de respect.

    L.: Quels sont tes projets en cours ?

    C.B. :        Un documentaire sur la diversité de la plaine des Maures est le projet le plus avancé, puisque les premières images ont été tournées au printemps 2009 et que ce début d’année a été prolifique en images et en rencontres de naturalistes passionnés.Ce tournage qui me tenait tellement à cœur, devrait être bouclé à la fin de l’année. Après débutera le long et fastidieux travail du montage ... et quel travail !  Mais ça, c’est une autre histoire.

    L.: Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    C.B. : Mon grand rêve est un rêve d’enfant : partir en Australie pour filmer l’ornithorynque. Alors si vous avez des infos, je suis preneur !

     

    L.:  Quels conseils donnerais-tu à un débutant ?

    C.B. : Pour commencer, choisissez un sujet facile, conten-tez vous de faire de belles images, avec un cadrage soigné et une belle lumière si possible : le reste viendra ...

         Ne faites pas une fixation sur le matériel, la caméra n’est qu’un outil.

         Multipliez vos sorties et partez à la rencontre d’autres passionnés 

         Parfois au retour de mes sorties, complètement découragé,  je me dis « tu n’y arriveras jamais, arrête, range la caméra et laisse faire ça aux autres »  et puis,  il y a   des jours de chance où,  dans la même journée, les sujets qui s’esquivaient à mon approche depuis des semaines sont là, tout près, dans une belle lumière.

        Dans tous les cas c’est une passion qui vaut la peine d’être vécue et partagée. Je vous souhaite à tous et à toutes de réaliser de belles images remplies d’émotions sur vos sujets favoris.

     

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  •  Il y a quelques années, les amis de Loxia avaient répondu à une petite enquête sur leur pratique de la chasse photographique. Parmi eux, Gilles Henry, qui opère souvent dans le Grand Nord américain...

    Gilles Henry

    L.: depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?
    G.H. : Depuis 6 ans environ

    L.: Qu’est-ce qui t’as amené à la vidéo animalière ?
    G.H: C'est une vieille histoire. La passion de la nature m'a amené peu à peu à inscrire mes observations en vidéo.

    L.: Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?
    G.H.: Parmi tous les animaux que je tente d'observer, c'est sans conteste le loup que je préfère. Je lui voue une grande admiration et le fait qu'il soit haï de beaucoup me le fait encore plus apprécier.

    L. : Sans trahir tes secrets, quels sont tes techniques de chasse photographique ?

    G.H. : J'aime capturer des images. J'affectionne particulièrement la "maraude", un mélange d'attentes et de déplacements discrets (enfin...qui tentent de l'être !)

    L. : As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?
    G.H. : Victor Van Ballenbergh, un grand spécialiste de l'élan, un animal que je commence à bien connaître...

    Gilles Henry 

    L. : Comment te situes-tu dans cet art?
    G.H. : La chasse photographique est un art difficile et je me considère toujours comme un éternel débutant.

    L. : Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?
    G.H. : J'en ai beaucoup, mais celui que j'aimerais le plus réaliser serait de filmer une meute de loups traquant un élan mâle.

    L. :Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?
    G.H. : Une règle d'or pour progresser : accepter d'avoir à apprendre.

    Gilles Henry

    L.: Pourquoi "Cheechako" ?
    G.H.: C'est un clin d'oeil à l'univers de Jack London, Robert Service et James Oliver Curwood: à l'époque de la ruée vers l'or en Alaska (mais encore un peu aujourd'hui...) un CHEECHAKO c'était un nouveau venu, un blanc bec, un bizuth.... A l'opposé du vieux briscard, du chevronné, le "SOURDOUGH".

    Gilles Henry

    Pour passer du statut de "cheechako" à celui de "sourdough" il fallait remplir au moins 4 conditions :

    - Avoir franchi les 4 saisons,
    - Avoir affronté de près, et tué un grizzly,
    - Avoir consommé le lard de la baleine,
    - Avoir couché avec une Inuit.

    Il y a une condition que je ne saurais remplir. Donc, en Alaska, je serai toujours un Cheechako.

    Gilles Henry

     

     

     

     

              Dans l' Actu  Loxia  d'octobre 2011 nous notions que pour la deuxième année consécutive, un film de Gilles Henry était sélectionné au festival nature de Namur

    .Gilles Henry

      Après "dernier automne " c'était au tour de "Rendez-vous à Funnel Creek" ( histoire d'ours et de saumon quelque part en Alaska... ) de participer à cette prestigieuse manifestation .

    Le commentaire de Gilles à l'époque :

    "Rendez vous à Funnel Creek" met en scène de bons gros nounours américains qui attrappent des saumons : de l'ultra classique réalisé en quelques jours, alors que les élans de "Dernier Automne" sont le résultat de trois années d'observations difficiles et tout aussi dangereuses....voire plus.              

                      Je ne sais si j'obtiendrai un prix mais ... l'essentiel c'est de participer !

     

    Gilles n'a finalement pas obtenu de prix pour "Rendez-vous à Funnel Creek".  Il s'est rattrapé depuis... au festival Terre(s) d'Images...

      

      Prochain article: Christian Bousquet.

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  •  

            Quelques jours avant Noël disparaissait Paul Giboureau après un pénible combat contre la maladie qui devait l'emporter. Vidéaste exigeant et ami fidèle, Paul avait notamment collaboré à la réalisation de "Métamorphoses" plusieurs fois primé et vu plus de 50 000 fois sur la chaîne "Loxiavidéo". Il intervenait régulièrement sur le forum du Repaire numérique et sur le forum de insecte.org sous le pseudo de "Ptit Paul".

             En forme d'hommage nous publions ici les réponses de Paul à une petite enquête  envoyée à mes amis vidéastes pour alimenter une petite rubrique destinée à mieux faire connaître les réalisateurs proches de Loxia. Nous exprimons tout notre soutien à son épouse et ses enfants.

     

      Hommage à Paul GiboureauHommage à Paul Giboureau  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L.: Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    P.G.: Je pratique la vidéo animalière depuis mai 1995. Je ne me considère pas trop comme un vidéaste animalier du fait que je ne filme que les petites bêtes, très petites de préférence. Je préfère donc parler de vidéo à fort grandissement!


    L.: Qu'est-ce-qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    P.G.:Je pratiquais déjà la macro-photo. J'ai eu un jour le besoin d'exprimer le mouvement d'un frelon "ventilateur" à l'entrée du nid. La difficulté de rendre la scène en photographie m'a fait franchir le pas. Depuis, l'occasion de filmer cette scène ne s'est jamais représentée !


    L. : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    P.G.: Je n'en ai pas vraiment, c'est souvent le dernier filmé quand il y a la possibilité de monter un petit sujet!

     

    Hommage à Paul GiboureauHommage à Paul Giboureau

     

    L.: Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    P.G.: Étant donné mon âge (73ans), je privilégie le studio car le "quatre pattes" dans l'herbe devient de plus en plus problématique! D'autre part c'est la seule façon de "saisir" des moments tels que les éclosions diverses : on a les "éléments" sous la main et, en principe, l'éclairage adéquat. Pas de "brise" importune qui se transforme en tempête ni les parasitages divers extrêmement courant chez les p'tites bêtes!

    L.: As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    P.G.: Non, ou plus exactement un film, "Microcosmos" (Claude Nuridsany et Marie Pérennou).

    L. : Comment te situes-tu dans cet art?

    Je me considère comme un amateur averti et passionné...

    L.: Quels sont tes projets en cours ?

    P.G.: J'en ai plusieurs, mais il me manque des images, des sons et surtout beaucoup de temps pour le montage qui n'est pas la partie que je préfère de la vidéo animalière!...

    L.: Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    P.G.: Mon rêve est de filmer des scènes exceptionnelles de la vie des petites bêtes!

    L.: Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    P.G.: Avant toutes choses, apprendre le terrain et la connaissance des animaux que l'on veut filmer puis apprendre à maîtriser le matériel de prise de vue pour obtenir des images bien exposées et stables !

     

     

    Filmographie de Paul Giboureau :

    Ombelle abri

       

     Vora Cité 

     

     

      Métamorphose

     

     

      Construction du nid de Delta unguiculatum

     

    Attaque !

     

    Émergence d'un chrysope

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