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    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier         J'ai fait connaissance avec Benoît au festival de Namur où nous avions tous les deux été sélectionnés. Il présentait un superbe petit film intitulé "Source miraculeuse" dans lequel il exprimait déjà sa passion pour la plongée sous-marine et les images en immersion. 

         La même soirée m'avait fait rencontrer aussi quelques réalisateurs sympathiques et deux  photographes:

                 Gregory Odemer, animalier à la production remarquable (il est auteur notamment  d'un ouvrage magnifique "les oiseaux de la plaine d'Ariège" avec une série de clichés sur l'élanion blanc, petit rapace rare inféodé surtout aux Pyrénées) 

                    et  Frédéric Labaune, macro et micro-photographe, bricoleur de génie,  présent en tant qu'exposant. Deux genres de photographies totalement différents, deux univers passionnants dont j'espère pouvoir parler un peu plus longuement dans un article dédié.

      Je vous invite donc à découvrir ce jeune homme prometteur à travers l'interview proposé par Loxia. Merci à Benoît d'avoir accepté de prendre un peu sur son temps libre pour répondre aux questions de loxia. 

    Philoxia  

       

     

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    B.C. : J’ai commencé mes premières petites prises de vues animalières dès l’acquisition de mon premier petit APN en 2003 qui avait la possibilité de faire des vidéos. Mais, c’est en 2014 après deux stages à l’IFFCAM que j’ai réellement réalisé des petits courts-métrages plus construits et réfléchis.

    Qu'est-ce qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours passé beaucoup de temps à observer la nature. Ça a commencé avec les insectes, les escargots dans le jardin de mes parents. Puis avec des copains en allant jouer à la rivière, où l’on s’amusait principalement à capturer des serpents, des poissons et des batraciens pour les observer et les relâcher. J’ai ensuite élevé des poissons, des phasmes, des chenilles que j’observais devenir papillons, …

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalierEt c’est vrai qu’à l’époque, j’ai été bercé par mon magazine préféré : Wapiti. Je rêvais d’être photographe animalier, aventurier aux quatre coins du monde. Plus tard, je suis passé à la photo puis à la vidéo pour ramener comme des preuves de ce que j’avais pu voir. C’est une manière beaucoup moins traumatisante que de manipuler ou de ramener le dit individu ! Cela a été particulièrement vrai pour mes prises de vues en eau douce, où la majorité des gens ont du mal à se rendre compte de ce que l’on peut y voir. C’était une manière de leur montrer, sans qu’ils aient à se mouiller, et de les sensibiliser.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Je ne pense pas avoir d’animal préféré, chacun à son intérêt et je peux prendre plaisir à filmer chacun d’entre eux. Ce qui est intéressant, c’est que dans tous les cas, cela nécessite une bonne connaissance de son sujet. Seules de longues observations permettent de pouvoir anticiper les comportements et donc de filmer des scènes intéressantes. C’est vrai pour les oiseaux et les mammifères, mais aussi pour les poissons ou les insectes. De ce point de vue, ce sont les zones aquatiques et ces habitants que je connais le mieux.

    Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je suis plutôt du genre à aller à la rencontre de mes sujets par une traque puis une approche délicate, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à moi. Avec cette méthode, ça ne marche pas du premier coup ; on se fait surprendre et on peut rater la bonne occasion. On apprend ainsi à connaître les habitudes, les lieux de présence en fonction du moment de la journée ou de l’année et on redouble alors de vigilance lors de l’approche sur le point crucial et l’attente est alors moins longue puisque l’on maximise ces chances de rencontre. C’est cette traque qui m’apporte le plus d’adrénaline et de surprise.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    En réalité, je ne sais même pas qui sont les grands noms de la photographie animalière. Et je peux encore moins parler de modèle. Je suis plus un autodidacte et j’essaye de faire comme je le sens, selon ce qui me semble fonctionner.

    Mon influence, vient en fait surtout des sports de glisses, des sports de natures, avec des lignes plus punchy, des rythmes rapides,…

    Comment te situes-tu dans cet art?

    Je ne me situe pas trop pour le moment. J’ai juste envie de partager ce que je vois et de le retranscrire du mieux possible. C’est pourquoi, à un moment, j’ai proposé ce que je faisais à des festivals spécialisés. J’ai eu la chance d’être sélectionné et que ces images soient vues par un plus grand nombre. Ça a été de formidables occasions d’échanger avec des gens professionnels ou non et de mieux comprendre quels sont les ingrédients d’un bon film. J’ai aussi été très touché de voir que les milieux aquatiques, puisque c’était le thème de mes premiers films, avaient pu étonner et aiguiser la curiosité de certaines personnes. Ce n’était à priori pas courant de voir ça.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Je termine actuellement un court métrage de 13 minutes sur ma rivière de prédilection, la plus sauvage et la plus claire de France. Depuis 2014, je réalise des images au fil des saisons et de la vie au sens large de cette rivière pour ce film. Depuis plusieurs années, je filme également en Camargue avec peut-être un projet sous 2 ans d’un court-métrage sur le sujet.

    Dans un autre genre, j’ai un court-métrage sur la pêche à la mouche du saumon en Gaspésie au Québec qui va passer sur un festival spécialisé.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Mon rêve serait surtout de pouvoir œuvrer à la préservation de différents environnements, en sensibilisant le public par la diffusion d’images témoignant de leurs beautés singulières et de leur fragilité. En ce sens, si j’en avais les moyens et le temps, j’aimerais faire un sujet sur le Lac Tanganyika en Afrique. Mais je rêve aussi de manchots dans les terres australes, de Casoar en Australie,…

    Ton meilleur souvenir?

    Un de mes meilleurs souvenirs, est une rencontre fortuite avec un castor. J’étais alors invité à tourner sur une descente de la Sorgue avec Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique et Robert Luquès, cinéaste et réalisateur pour le film de ce dernier « La Rivière ». J’étais à la traine en train de filmer une truite quand une masse brunâtre est entrée dans l’eau juste dans le champ ! Je me suis mis à la filmer et à la suivre, la bête massive n’avait pas l’air paniquée ! J’ai d’abord cru à un ragondin, mais c’était en fait un castor. Identification faite je l’ai indiqué à mes compères qui étaient plus en aval. J’ai suivi le castor descendre le courant, puis le remontant tout en me passant en dessous à moins de 50 cm ! Ça tombait bien, j’étais en grand angle ! Yannick, a finalement réussi à remonter le courant, juste le temps de prendre 2 photos et le castor s’en est allé ! J’ai ainsi passé près de 5 minutes en suivi au plus proche de ce castor ! Inoubliable dans ces eaux si claires, mais physique avec le courant qu’il y avait !

    Ton plus grand regret ?

    Je n’ai pas de grand regret. Ou peut-être de ne pas avoir commencer plus tôt ! Mais au moment où j’avais le temps, c’est à dire quand j’étais ado et jeune adulte, les moyens matériels n’étaient pas les mêmes et surtout plus onéreux !

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    J’ai appris que le plus important, c’est de pourvoir raconter une histoire. De belles images, c’est bien, mais il faut surtout qu’elles puissent s’insérer dans un tout qui a du sens. Il ne faut pas oublier de faire pleins de plans de raccords et d’ambiance pour arriver à faire les jonctions, transitions et servir la narration.

     

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         Les amis de Loxia, en général, sont rencontrés durant les festivals animaliers. Ce n’est pas le cas de Jean Fyot avec qui j’ai fait fortuitement connaissance en revenant du travail dans un lieu pas forcément fréquenté par les amateurs de photographie : à Besançon, près du Doubs. Ce jour là, j’allais rendre visite aux ragondins (vedettes malheureuses du film « Sur la rive » quelques mois plus tard). Il y avait là des habitués avec qui je discutais. Jean, passant  là par hasard,  s’était joint à la discussion.  De fil en aiguille, on commence à parler nature. Très vite, ce n’est pas sans fierté que mon petit camarade m’annonce qu’il est chasseur photographe. Voilà qui tombe bien, je fréquente justement régulièrement ces lieux parce que je pratique, moi aussi ce genre d’activité. À cela près que j'ai plus l'âme d'un ciné-vidéaste que d'un photographe. Et comme le hasard fait bien les choses, nous nous découvrons un ami commun, Jacques M., poète à ses heures. Échange de cartes de visite et Jean, depuis, est devenu ami de Loxia. 

    Jean Fyot

                   La production de Jean est de grande qualité. Il expose régulièrement ses photographies  dans les expositions naturalistes comtoises. Cet amateur de nature sauvage nous livre ici quelques impressions en jouant le jeu questions réponses proposé par Loxia.  

     

    Loxia :   Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?

    Jean Fyot photographe naturalisteJ.F. : Naturaliste depuis l’enfance, photographe Nikoniste de puis 35 ans, j’ai commencé la photo animalière en 2010.

    J'ai fait le choix de ne photographier que la faune libre et sauvage dans le plus grand respect de sa tranquillité

     

    Qu'est-ce-qui t'as amené à la photo et plus particulièrement à la photo animalière?

    • La photo ?

    En 1980 un ami m’a prêté un reflex Olympus, et m’a initié tout un week-end, ça a été une révélation !Je me suis rapidement équipé d’un boitier Minolta, d’un 50 mm, j’ai adhéré à un club…. Une passion était née !

    • La photo animalière ?

    En 1986, alors que j’habitais en Alsace, j’ai eu la chance de rencontrer Bernard Million (ancien caméraman de Christian Zuber, réalisateur des émissions " Caméra au poing" diffusées à la télévision de 1972 à 1981). Et tout a commencé !

    Dès mes premiers affûts, je me suis rendu compte qu’il fallait énormément de temps pour pratiquer cette activité sans provoquer de dérangement. J’ai pris toute la mesure des phases essentielles de repérages et de connaissance du biotope. Après deux ans de pratique occasionnelle, j’ai réalisé que la photo animalière était incompatible avec l’activité professionnelle si on veut respecter une certaine éthique. J’ai alors décidé d’attendre patiemment la retraite.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?Jean Fyot

    Sans hésitation, le cerf, c’est un animal qui me fascine.  Le pister est un vrai bonheur et le comprendre un véritable défi.

    Faire une belle photo de cerf est très difficile. Pour réussir à combiner une belle lumière, un beau fond, et un comportement intéressant, il est impératif de bien connaitre l’espèce et son environnement.

    Je ne raterai jamais une saison de brame, cela me fait toujours autant vibrer.

     

     Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

     Là aussi, aucune hésitation, l’affût.

    C'est de loin ma méthode préférée, le risque de dérangement est moindre.

    Et puis la grande émotion, c'est quand l'animal vient en direction de l'affût....  La première fois que ça m'est arrivé, j'étais tellement émerveillé que je n'ai pas eu le réflexe de déclencher !Pas grave, le plaisir reste entier, la meilleure photo c'est celle qui reste dans la tête !

     As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    Vincent MUNIER que j’admire pour son éthique exemplaire, et bien sûr pour la qualité de son travail. J’ai eu l’occasion de le rencontrer, c’est un grand monsieur, qui a su rester simple malgré son immense succès.

    Comment te situes-tu dans cet art?

    On va dire un amateur passionné. Mon grand plaisir, c’est de partager. Par mes photos, je souhaite être le témoin de la vie sauvage, et partager avec le plus grand nombre les merveilleux instants que nous offre la nature.

    Quels sont tes projets en cours ?

    J’envisage à moyen terme de monter une exposition sur les reflets d’oiseaux. Mais J’ai encore besoin d’un peu de temps pour compléter la collection que je souhaite présenter. Peut-être au printemps prochain, si l’hiver est fructueux.

     Jean Fyot photographe naturalisteJean Fyot

     

     

     

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    L’arrêt des réseaux sociaux ! Aujourd’hui, c’est devenu un terrible fléau pour la faune sauvage. "Grace" aux réseaux, aujourd’hui en forêt de Chaux, au moment du brame, il y a plus de photographes que de cerfs ! Et quels photographes ! J’en ai vu avec des téléphones portables ! Chacun veut sa photo pour la poster au plus vite sur le réseau et obtenir un maximum de "LIKE" ! Les endroits précis des places de brame sont dévoilés ! C’est d’une tristesse affligeante !

    Tout le monde court après les cerfs, ce qui provoque un dérangement extrême. Et comme maintenant les cerfs ne sortent même plus à l’aube ou au crépuscule, ces fameux "photographes" vont les débusquer dans les sous bois. J’ai jeté l’éponge, je ne fréquente plus cette magnifique forêt. Cette année, j’ai trouvé un petit paradis peuplé de quelques cerfs, j’étais seul ! Un luxe inestimable. Jusqu’à quand ? Donc mon plus grand rêve, c’est de retrouver une tranquillité NORMALE dans nos belles forêts.

    Ton meilleur souvenir?

    En fait, j’en ai deux :                    

    Le premier, c’est un cerf que j’ai suivi pendant trois ans.

    Jean Fyot photographe naturaliste Je le connaissais bien, il était le maître de la place de brame. Indélogeable. J’étais souvent à l’affût dans "sa" clairière, j’avais repéré un trou de lumière qui ne durait que quelques minutes en fin de soirée, et j’espérais le voir bramer à cet endroit...

    Il n’est passé qu’une fois en trois ans, j’étais là !Puis un jour il a disparu, victime de la chasse.

    Il restera à jamais gravé dans ma mémoire. Un plus jeune a pris la place, la vie continue…

     

      

    Jean Fyot photographe naturaliste 

     

     

    Le deuxième, C’est un chamois

    J’arrive sur une crête Vosgienne de nuit, Surprise !Il est déjà là, couché. Il m’a vu, mais ne bouge pas. Je m’éloigne à 20 mètres, il m’observe sans bouger. J’avance progressivement jusqu’à 5 mètres (une éternité), je m’allonge, le soleil se lève, pas lui, tout va bien, il m’a accepté…Je suis resté deux heures à ses côtés… un studio en pleine nature !

     

    Ton plus grand regret ?

    Je venais d’acheter un nouveau boîtier, après une multitude d’essais sur des sujets classiques, j’obtiens des résultats prometteurs, et je le sors enfin à l’affût. Chance extraordinaire, j’assiste à un défilé de biches qui se rassemblaient après le brame. 19 biches en file indienne. La biche dominante qui mène la danse est somptueuse ! e connais bien l’endroit, mon affût est parfait. Tout va bien. Pas vu, pas senti. Je mets l’œil dans le viseur, je prends le temps de cadrer avec soin, j’appuie sur le déclencheur……l’appareil s’éteint, plus de batterie ! Mes mains s’affolent dans toutes les poches…rien ! Je n’y crois pas ! La batterie de rechange chargée à bloc est restée dans mon autre veste dans la voiture ! Depuis ce jour, la batterie chargée est dans une pochette accrochée en permanence au trépied. On ne m’y reprendra plus.

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

         Avant d’essayer de photographier la faune sauvage, il est indispensable d’apprendre et de comprendre… Apprendre à lire les indices, multiplier les sorties sur le terrain par tous les temps, observer les comportements, identifier les habitudes, définir les vents dominants, analyser l’évolution de la lumière,… Toute cette phase est longue mais indispensable et passionnante.

         Privilégier l’affût, (l’approche a trop souvent des effets désastreux sur la faune.) Un simple filet de camouflage suffit pour débuter. La tranquillité des animaux est prioritaire à la prise de vue. Il est préférable de renoncer à une approche ou à un affût, s'il devait en résulter l'affolement de l'animal, ou l'abandon d'une couvée. Une photo respectable a un prix, celui du respect de l'animal avant tout.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Jean Fyot - 2018  

     

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     Ce mois-ci, après la présentation de Christofor l'africain,  nous vous présentons un nouvel ami de Loxia: Cyril Bour.  Retour en France et  aux animaux en compagnie de Cyril (merci à lui) qui nous explique dans cet article comment peu à peu les faucons crécerelles venus "squatter " la maison familiale sont devenus, par le biais d'une webcaméra,  les héros d'un feuilleton suivi avec passion par les internautes chaque printemps. Un lien sera placé sur Loxiafilms pour permettre aux fidèles de notre site de suivre en direct l'évolution des faucons de ce petit village de Théding, en Moselle, qui mobilise chaque année toute la famille Bour.

     Philoxia  

    Les faucons de Théding

     

      C'est en 1996 que, pour la première fois, un couple de faucon crécerelle s'installe dans le grenier de notre maison familiale. Dans un premier temps nous observons leur manège depuis l'extérieur : impossible de s'en approcher sans perturber leur comportement.

    Les faucons de Théding

      

    C'est avec passion que l'on suit l'évolution des jeunes faucons crécerelles qui logent dans la maison familiale. 

    Notre curiosité nous pousse alors à trouver une solution pour entrer un peu plus dans leur intimité. C'est ainsi qu'en 2007 un pas est franchi en installant une webcam dans le nid.

     

        Comme les autres faucons, ce rapace ne construit pas de nid et pond directement sur la pierre ou le sable.

    L'emplacement utilisé par les faucons a donc été adapté de façon à accueillir la webcam mais aussi pour faciliter leur nidification : une base en bois recouverte de copeaux permet de protéger les œufs de la casse.

    L'ajout d'un rebord limite les risques de chute pour les oisillons. Un toit protège toute la famille de la pluie et du soleil.

    Les chances de survie des jeunes sont donc augmentées.

    Les faucons ont très rapidement adopté ce nichoir.

    En fin de saison, Cyril démonte et nettoie le nichoir

     

    Les faucons de Théding

     

     

     D’abord reliée à un ordinateur placé dans le grenier, la webcam prenait des photos du nid toutes les 15 secondes.  La difficulté était de trouver un câble suffisamment long (20 mètres) afin de pouvoir connecter le système à internet.

     

       A l'époque, le débit de la connexion internet était insuffisante pour profiter d'une vidéo en continu avec le son. Aujourd'hui, ce sont 2 webcams qui permettent de suivre le nid en direct ! 

       Guillaume Bontemps installe un nouveau dispositif

     

        L'ordinateur n'est plus nécessaire, les caméras pouvant être directement reliées au routeur internet. Les intermédiaires sont donc réduits et les bugs limités.

    La vidéo est retransmise 24h/24, 7j/7 sur la plateforme YouTube et sur le site internet des 'Faucons de Théding'.           Un suivi  régulier est effectué et des photos ainsi que des vidéos sont publiées pendant toute la période de nidification. Les internautes connectés peuvent s’exprimer sur le t'chat présent sous la diffusion et commenter de nombreux événements de la vie des faucons.        

        Ainsi, d’abondants commentaires accompagnent la naissance d’un premier fauconneau ou la mort d'un des oisillons. On comprend ainsi à quel point les internautes peuvent partager l'intimité des faucons.

    Les faucons de Théding

        Un moment particulièrement passionnant fut l’absence durant plusieurs heures de la femelle au moment de la couvaison faisant craindre un dommage pour les œufs insuffisamment chauffés. Son retour tardif a été accueilli avec soulagement par tous les internautes rassurés sur sa santé et celle de la couvée.1

    La femelle faucon a également prouvé son courage en défendant ses petits contre les attaques nocturnes d’une chouette effraie intéressée également par le nid occupé par les faucons. 2

    La fin de saison également est très riche en émotions lorsque, l’un après l’autre, les jeunes faucons quittent le nid. L’un après l’autre, chacun à leur manière, ils prennent leur envol souvent de manière originale. Chaque jeune montre ainsi son caractère, hésitant, téméraire ou timide mais toujours unique.

        Pour la saison 2019, les internautes ont participé financièrement afin d'acquérir une webcam de meilleure qualité adaptée à l'extérieur.

     

    Les faucons de Théding

     

     

           1 Aperçue durant son absence posée sur un poteau avec quelques plumes manquantes on suppose qu’elle avait vraisemblablement été attaquée par des corneilles noires défendant leur territoire. Elle se serait remise progressivement de ses émotions avant de rejoindre le nid.

     

               2 Au moment du choix du nid les deux espèces ont fait le spectacle avec une visite nocturne des chouettes et une visite diurne des faucons.

     

     

     

     Site de Cyril :   "les faucons de Théding"

     

     Chaîne Youtube  "Faucons crécerelles de Théding"

     Pour en savoir plus sur le faucon crécerelle: La Hulotte n°6

    Les faucons de Théding

      

     

     

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  • Ami et compagnon de route, Jean-Louis, disparu le 7 décembre 2014,  était passionné d'ornithologie. Instituteur puis éco-interprète cet amateur de nature, amoureux du loup,  s'était mis à écrire des textes naturalistes où il exprimait la joie de ses observations.

         En feuilletant un de mes livres préférés, "Les rapaces" de Paul Géroudet, j'ai retrouvé, soigneusement plié entre deux pages, le texte d'une chanson qu'il avait composée à l'époque du tournage des "Faucons de la Baume" (1979-1981). Une page tirée avec un stencil à alcool, le seul moyen de reproduction bon marché de l'époque. Grosse bouffée de nostalgie à la lecture de ce petit opus que je vous livre ici.

      

     Ornithomanie (Dis moi l'oiseau)                                  

    Jean-Louis Dubois      

     O dis moi l'oiseauJean-Louis Dubois

    Dis-moi l'oiseau!

    Dis-moi l'oiseau

    Sur la falaise,

    Dis-moi son cri

    Dans le matin,

    Ses ailes: rocher et glaise

    Pour encore combien de printemps ?

     O dis moi l'oiseau     

    Jean-Louis Dubois

     

     

    O dis moi le vent entre ses ailes,

    Entre ces ailes magiques

    Dis moi des poumons d'ivresse

    Qui n'ont cesse de vitesse

    Pour encore combien de printemps?

    O dis moi le vent.

     

    O dis moi des hommes aux yeux de ciel

    Dis moi des hommes de sapin

    Qui vivent pour l'oiseau gris,

    Le jour où s'envolera 

    Encore un printemps prochain

    O dis moi des hommes. 

     

    O dis moi le soir, dis moi la nuit,               Les faucons de la Baume

    Dis moi une nuit sous la pluie,

    Avec l'oiseau je m'en irai…

    La vie peut couler ses printemps,

    Tant que l'aile déchire le vent

     

    Il ne fera pas noir...

     

     

     

    Jean-Louis DuboisJean-Louis Dubois

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Texte envoyé par Jean-Louis le 4 janvier 2014 dans son mail de bonne année

     

    Le loup est de retour !

    Région de Vesoul (Haute-Saône - France), mercredi 13 novembre 2013, peu avant six heures du matin.

    Jean-Louis Dubois

    Ma nuit ayant été un peu écourtée par une insomnie, je sors dans le jardin comme il m'arrive souvent de le faire. J'y ai même deux bonnes places dédiées à mes moments d'écoute, d'observation et de contemplation : deux vieux fauteuils de jardin. Pour les beaux jours, l'un est situé sous un vieux genévrier, dans l'enchevêtrement des ramilles de charme, de troène et d'érable champêtre d'une haie mitoyenne. Pour les jours de mauvais temps, l'autre se trouve sous l'auvent de l'abri à bois dans l'ambiance de bonnes odeurs de sève et de tannin. Depuis mes fauteuils, que ma compagne Suzy appelle également "mes grottes" (mais elles sont ouvertes sur le monde !), j'observe et j'écoute, selon mes envies et ma disponibilité, la vie diurne ou nocturne du jardin, de mon village de Dampierre-sur-Linotte et de ses environs. À deux cents mètres, au centre du bourg, le clocher scande les heures et égrène régulièrement les quarts d'heures de sérénité ou de patience qui se cumulent, enrichissant ma connaissance du milieu local... 

    Une effraie chuinte en survolant le jardin ; la silhouette fantomatique de la Dame blanche s'éloigne dans l'obscurité ; une chouette hulule au loin vers le Grand bois. En cette fin de nuit humide, légèrement brumeuse, tout est assez calme. À cette heure matinale, il n'y a guère de circulation. À trois cents mètres vers ma gauche, ronronne la machine à traire de la ferme laitière. Et l'on entend, au hasard, de temps à autres, le mugissement d'une vache, le souffle de la pompe à chaleur de la maison qui tourne derrière moi, ou les ronflements plus ou moins discrets des brûleurs des chaudières du voisinage qui démarrent ou s'éteignent. Soudain, à quelques centaines de mètres, vers le nord, un hurlement mélodieux fuse dans la campagne, aussitôt soutenu par trois ou quatre autres "A-oh" et "Hou" caractéristiques. La beauté et la perfection des harmoniques me prennent aux tripes. Aucun chien ne crie de cette façon : le loup est de retour ! 

    J'en suis évidemment tout retourné. Je me régale à écouter ce choeur particulier mais un peu inquiétant donner de la voix durant un court moment. Et à la fin du morceau, au lieu d'applaudir, je me précipite vers la maison pour annoncer à Suzy cette émouvante nouvelle: "- Le loup est de retour ! Je viens d'en entendre hurler un petit groupe, peut-être quatre ou cinq. À l'oreille, ils semblaient se trouver à quelques centaines de mètres des maisons du quartier ! Si tu savais comme c'est beau ! C'est encore plus beau que sur le CD Quand chantent les loups de Fernand Deroussen ! Je te le ferai écouter !" Mal réveillée, Suzy m'accueille un peu fraîchement : 

         "- T'as fumé la moquette, ou quoi ? 

           - Non, non je t'assure (ce n'est pas mon genre !). Je suis bien réveillé, il n'y a aucun doute ! Je ne te parle pas d'éléphants roses ; je connais la voix du loup : je suis tout à fait sûr d'avoir entendu, très distinctement, des LOUPS !..."

    Dans la journée, avec beaucoup d'enthousiasme, j'échange sur l'événement avec deux de mes meilleurs amis, naturalistes chevronnés. Nous nous rappelons que les loups qui avaient été massacrés ou empoisonnés jusqu'au dernier dans les années 1930 sont revenus en France, depuis l'Italie, en 1992, via le Parc national du Mercantour, dans les Alpes maritimes. Depuis, une nouvelle population s'est développée. Elle s'est répandue à travers le massif alpin, puis a atteint l'Est de la France au cours des dernières années. Et, alors que la présence de loups est désormais attestée dans tous les départements qui entourent la Haute-Saône (le nôtre), alors qu'un individu s'est fait remarquer l'an passé du côté de Lure, au pied des Vosges saônoises, comment expliquerait-on que l'espèce ne soit pas présente dans les environs de Vesoul ? Nous imaginons que notre département étant peu densément peuplé d'humains et couvert à 42% de forêts giboyeuses, la présence du prédateur pourrait y être moins dérangeante, donc moins repérable. 

    Les jours suivants s'écoulent presque normalement. Je ressors tout de même de ma bibliothèque, l'excellent livre de Gérard Ménatory La vie des loups publié en 1990, pour me remettre en mémoire les écrits d'un expert. Avec Suzy nous échangeons également sur un livre trouvé sur une aire d'autoroute pendant nos dernières vacances (!) Un homme parmi les loups de Shaun Ellis. L'ouvrage est qui ressorti récemment en livre de poche, nous a beaucoup plu et instruit. Désormais, nous savons bien, tous les deux, que le loup craint l'homme et qu'il ne mange ni les grands-mères, ni les petits chaperons rouges. Nous savons aussi que le domaine d'une meute est très étendu. L'espèce reste rare, aussi pensons-nous que nous n'entendrons plus de si tôt le chant des loups. 

    Erreur ! Trois journées plus tard, le vendredi 15 novembre au soir, je boude la fin du journal télévisé (le sport médiatique !) et je sors au jardin vers 20h15 pour admirer la première petite chute de neige. Il en est tombé quelques centimètres et les flocons virevoltent encore dans la pénombre, animés par les lumières du village : c'est la magie de l'hiver qui approche ! Soudain, le choeur des loups me fait sursauter en entonnant une plainte mélancolique qui sonorise parfaitement le paysage nocturne enneigé - La petite Sibérie de nos fantasmes ! Que c'est beau ! Que c'est beau ! Et palpitant !

    Jeudi 21 novembre 2013 - Message de Jean-Louis à Pierre et Bernard :

    « Bonsoir aux amateurs de loups !

    J'ai encore entendu au moins deux animaux se répondre, ce soir. Dans la nature, c'est donc ma troisième fois ! Par conséquent, même si l'on sait que son territoire peut être très étendu, la petite meute locale semble particulièrement se plaire dans les parages, pour l'instant.

    Sorti prendre l'air après de bulletin météo, vers 21 heures, je m'installe sous l'abri à bois, avec la chatte Gypsie dans les pieds. La configuration est la suivante : notre jardin, à l'arrière de la maison mesure modestement, en gros, 25 mètres sur 30 ; il donne sur une petite rue bordée d'une seule rangée de maison. Au delà, c'est la campagne, avec haies et bosquets de vieux conifères, vergers, prés et cultures. La lisière la plus proche du "Grand bois" (600 hectares d'un seul tenant) est à moins d'un kilomètre. Le tout est assez giboyeux : lièvres, biches et cerfs, chevreuils et sangliers...

    Ce soir, un chant plus aigu (celui de la louve ?) semblait vraiment très proche des habitations : je dirais moins de 300 mètres ! En stéréo, un dialogue poignant s'établit avec un autre chant plus grave (celui du mâle ?), provenant de beaucoup plus loin, vers la forêt. La neige de la mi-novembre a fondu. Celle qui tombe ce soir ne tient pas au sol et l'atmosphère noire et humide est vraiment peu engageante... J'avoue, qu'à demi grelottant dans mon fauteuil de jardin, la grande proximité de l'un des chanteurs m'a fortement impressionné. Au bout d'un quart d'heure, tout frémissant, j'ai laissé les loups poursuivre leurs vocalises sans moi, pour retourner au chaud, sans oublier de récupérer mon chat, au cas ou cette louve ait une petite faim pendant la nuit !

    Bonne nuit quand même, les amis !

    Ne rêvez pas trop à la Mère-grand du Petit chaperon rouge...

    Amicalement. JLD »

    ...

    Mais mon histoire préférée reste celle du Loup de Gubbio : au Moyen-âge, en Italie, à l'époque où François d'Assise vivait dans la ville de Gubbio, un loup redoutable apparut dans la campagne environnante. Ce loup terrorisait tous les habitants de Gubbio. Plus aucun habitant n'osait sortir de la ville sans être armé. Bientôt, personne n'osait s'aventurer hors des remparts... Pour venir en aide aux habitants de la cité, Saint François décida d'aller à la rencontre du loup. Les habitants, qui avaient d'abord essayé de le retenir, suivaient François en nombre pour assister au spectacle. Lorsque le loup le vit s'aventurer hors de la ville, le fauve s'approcha en courant, prêt à l'attaquer. À ce moment, Saint François fit le signe de croix et dit au loup "Viens ici, frère loup ; je te commande de la part du Christ de ne faire de mal ni à moi ni à personne." D'un seul coup (miracle !) ce loup, que tout le monde craignait, se calma. Il s'approcha tranquillement de François et s'allongea à ses pieds... Pour sceller cette paix, les habitants de Gubbio s'engagèrent à nourrir le loup...

    Hé oui, comme à tous les petits Français, la famille, la religion et l'École nous ont transmis cette curieuse culture commune sur le loup, peut-être pavée de bonnes intentions. La bête serait, tour à tour méchante, imbécile ou cruelle ! Sans compter le cours de latin, finalement plus proche de la réalité : Homo homini lupus est ! Disaient les Romains. Eux vénéraient la louve qui avait protégé et nourri les fondateurs de leur cité, Romulus et Remus. En effet, les évocations précédentes sont essentiellement légendes et contes symboliques ou moralisateurs. L'Histoire montre bien que c'est l'homme qui est un loup pour l'homme. Le loup, le vrai, a peu à voir avec sa propre réputation ! Les "mangeurs d'hommes" ont surtout nettoyé les gibets, les mouroirs et les champs de batailles ! À qui la faute ? Les attaques attestées sur des humains en bonne santé sont certainement à imputer à des animaux malades de la rage, maladie aujourd'hui éradiquée d'Europe.

    À propos du loup RÉEL, d'une part, les sciences, notamment celle des comportements, décrivent un animal sociable et extrêmement intelligent, qui joue un rôle remarquable dans nos écosystèmes. Super prédateur, le loup régule et assainit les populations de ses proies : cervidés et sangliers, chamois et mouflons, renards et campagnols, mais aussi quelques moutons... Là où il y a des loups, on peut considérer que la nature a retrouvé son super prédateur ancestral. La biodiversité, tellement mise à mal au cours du dernier siècle, y gagnerait. Pourtant, il reste ce problème de bétail dévoré occasionnellement. Dans un pays où galèrent neuf millions de chômeurs et de travailleurs pauvres et où l'on subventionne en milliards une agriculture prétendument raisonnée et qui reste globalement très polluante, ne peut-on rien faire pour vivre avec les loups en créant quelques emplois ?

    D'autre part, la génétique moderne nous confirme que le loup est l'ancêtre commun à toutes les races du Chien, le meilleur ami de l'homme ! Ainsi au fil des millénaires, depuis environ 5 000 ans, nos ancêtres et nous avons sélectionné, à partir des qualités du Loup, celle que nous apprécions chez nos compagnons canins. Border Collies ou Teckels, Dobermans, Griffons, Épagneuls ou Bichons frisés sont, somme toute, des loups quelque peu dégénérés, fidèles, prêt à défendre ou à aider leur maître ou leur clan humain. Comme j'aime y penser !

    Pour finir, cette question du "retour du loup" est finalement bien mal posée ! Ceci présente l'inconvénient de faire apparaître cette fameuse question comme une régression aux yeux de beaucoup de personnes, un retour vers un passé primitif, désuet ou sauvage. Il n'en est rien ! En effet, les loups "français" des années 1930 ont bel et bien disparu avec leurs détails génétiques propres... Nos "nouveaux loups", colonisant l'Est de la France, sont bien actuels et ils proviennent de la souche italienne qui se propage dans les écosystèmes du présent. Ces écosystèmes sont eux-mêmes bien différents de ce qu'ils étaient il y a un siècle. Ainsi, le "retour du Loup" n'est pas véritablement un retour. Cette expression n'est bonne qu'à vendre du journal et à faire frissonner dans les chaumières ! Comme toutes les histoires, l'histoire évolutive va constamment de l'avant : nous assistons en réalité d'une nouvelle proposition de l'Évolution dans la recherche permanente d'un équilibre entre les espèces. Autrement dit : le loup actuel, d'origine italienne, ne se propagerait pas en France s'il n'y trouvait pas une petite place pour lui. Laissons-lui donc cette place en considérant tout ce que l'espèce a rendu, rend et rendra de services au sein du Vivant, et à l'humanité, depuis la préhistoire ! Pourquoi ne parle-t-on jamais du bénéfice qu'apporte la présence de loups, par exemple dans la limitation et l'assainissement des populations du grand gibier qui génèrent tant de dégâts sur les cultures et les forêts ? Pourquoi ne parle-t-on jamais de son intérêt dans l'élimination des chiens et chats errants, ou encore dans la régulation du renard, animaux prédateurs de gibier et de nombreuses petites espèces protégées ?

    11 décembre 2013 : le journal local annonce que deux jeunes bovins ont été tués récemment par un prédateur indéterminé, sur la commune voisine de Fontenois-lès- Montbozon. Peu après, le jeudi 19, deux apparitions hypothétiques du Loup sont signalées dans des secteurs voisins du département du Doubs : une observation avec photographie à Belfays, et deux moutons attaqués à Clerval. Force est de constater que les autorités bottent en touche, suivies par la presse, faute de preuves validées officiellement. À qui profite la langue de bois ? Va-t-on comme ailleurs - et hypocritement - autoriser le tir des chiens errants ? Il n'y en a guère dans les environs ! Dans les conditions nouvelles de la modernité, en contrôlant si nécessaire ses populations, saura-t-on réapprendre à vivre avec le Loup ?

    Jean-Louis Dubois

    Dampierre-sur-Linotte, décembre 2013 

     

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  • En 2011, l'ami le plus fidèle de Loxia et spécialiste du cerf, Michel Guimas, s'était prêté le premier au jeu de l'interview proposé par Loxiafilms. Ses réponses n'avaient pas été publiées sur ce nouveau site. L'oubli est réparé ! 

    L.:   Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    M.G. :   je pratique la vidéo animalière exclusivement depuis 1995. Contrairement à beaucoup de vidéastes,  auparavant je ne pratiquais pas la photographie.

    L.: Qu’est-ce qui t’as amené à la vidéo animalière ?

    M.G. : C’est l’animal qui m’a amené à la vidéo   car je souhaitais  immortaliser  les rencontres magiques. Le fait de filmer modifie le comportement car toute image furtive est un bonheur pour l’œil mais l’envie de confectionner des films nécessite un regard différent et une observation de longue durée.   

    L.: Sans trahir tes secrets, quels sont tes techniques de chasse photographique ?

    M.G.: Mes techniques sont sans doute banales et varient en fonction de l’animal recherché. La patience sous une  tenue  de  camouflage est indispensable  pour observer la période de nidification par exemple. Une connaissance approfondie  du  territoire  me  semble  nécessaire  car  les animaux ont leurs habitudes. Leurs passages varient en fonction des saisons et des interventions humaines.   Je pratique très peu l’affût mais  parcours  les sites très lentement à l’écoute des bruits et j’effectue régulièrement des pauses.  La  tenue  vestimentaire adaptée à l’environnement et le filet sur le caméscope sont indispensables.

    Michel Guimas

     

     

    L.: Quel conseil donnerais-tu à un débutant?

    M.G.: Patience et longueur de temps font plus que force et que rage!

    Michel Guimas

     

     

    Ses modèles

    Avant de capturer toute image, l’intérêt pour la nature et le monde animal est né de la lecture des livres de  Maurice Genevoix et  plus  particulièrement « la dernière harde ».

    "Sans  doute Laurent Charbonnier, un passionné, m’a  incité  à  immortaliser  les  images  de la vie animales. Toutefois j’ai parcouru les forêts et les landes sans la compagnie d’un caméscope pendant très longtemps."

     

    Ses projets

    Un film sur les serpents qui se raréfient. (NDLR: réalisé depuis, sur la couleuvre verte et jaune)

    Michel Guimas

     

    Un  film  sur la  cigogne noire  qu'il  observe depuis plusieurs années.

    Michel Guimas

      

    Un film  sur  le  cerf (évidemment) mais  tout  au long de l’année.

    Michel Guimas

    Et puis le hasard des rencontres ...

     

    Son rêve

    "Faire prendre conscience à l’homme de la beauté de  la nature que nous détruisons, que nous ne savons plus regarder."

    Comment Michel se situe dans cet art

           " Je me situe comme un passionné par l’image mais reconnais mes faiblesses au niveau du montage et du son.    Je suis un homme de terrain mais je vis une passion."

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