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    Yves Le Presse: photographe naturaliste et poète        Ce mois-ci, je vous invite à découvrir Yves Le Presse, naturaliste breton venu tardivement à la photographie et amateur de poésie.

          C'est par le blog d'un autre ami de Loxia dont je compte bien parler dans un prochain article, le "Blogadupdup" de Bernard, que j'ai connu Yves.

        Passionné de nature, Yves parcourt régulièrement sa chère campagne bretonne à la recherche d'une belle observation. Il traduit par une photo l'impression du moment devant un paysage ou un discret habitant de l'herbe. Sans but précis, il ramène toujours quelque chose d'intéressant à partager avec ses nombreux amis.

    " L'occasion fait le larron ", dit-il. Je crois que notre larron a souvent de belles occasions que vous pourrez admirer sur son site "naturepassion" .

          Je remercie Yves d'avoir eu l'amitié de prendre un peu de son précieux temps libre pour répondre à quelques questions pour cet article, et d'avoir fourni quelques jolis clichés pour l'illustrer de manière agréable.

    Philoxia

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?
    Yves:    J'ai commencé à pratiquer la photographie animalière en 2006. La photo animalière est arrivée à moi un peu par hasard . Étant un observateur de la nature depuis tout petit ( j'ai commencé à compter les oiseaux du jardin vers l'age de 7/8 ans), j'ai eu envie de partager ces beaux moments avec le plus grand nombre par l'image. Internet a fait le pont entre nous tous .

     Le pipit maritime n'a pas échappé à l’œil expert d'Yves 


    Loxia : Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?
    Les odonates .... Je peux rester des heures à rechercher et observer et photographier les libellules.
     Je crois que cela vient du fait que j'aime être au bord de l'eau, dans un coin du Finistère en Bretagne, pays où je suis né. Le bruit d'un ruisseau, un soir près d'un étang .. J'adore.

     Un bel odonate au nom impossible: Onychogomphe à pinces (Onychogomphus forcipatus)

     


     Un agrion ou demoiselle :  le leste vert femelle ( Chalcolestes viridis )

    Loxia : Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?
    Yves:   Je pratique surtout a billebaude... Rarement l’affût.

    Loxia :  As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?
    Yves:Je n'ai pas de modèle, mais j'aime la façon de voir la nature et le travail photographique d'Erwan Balança.

    Loxia : Comment te situes-tu dans cet art?
    Yves: Je me considère comme un amateur passionné.



     

    Loxia : Quels sont tes projets en cours ?
    Yves:  Je n'ai pas de projet particulier car je n'ai aucun but lorsque je pars en balade...  L'occasion fait le larron !

    Quand l'occasion fait le larron...

     

      

      Le meilleur souvenir: rencontre inattendue avec le chevreuil.

    Loxia : Quel est ton grand rêve en photo animalière?
     YvesJe n'ai pas de rêve de ce côté-là, car pour moi, l'ordinaire reste toujours extraordinaire. 

     Loxia : Quel est ton meilleur souvenir?

    Yves: Mon meilleur souvenir est un tête à tête avec un chevreuil alors que j'étais accroupi dans l'herbe à photographier des libellules.


     Loxia : Quel est ton plus grand regret ?
    Yves: Pas assez de temps pour ma passion...

    Loxia : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?
    Yves:   Apprendre d'abord à observer et connaître la nature pour finir par anticiper... La photographie suivra le mouvement.

    Le temps suspendu d'un cliché: la linotte mélodieuse. Cette espèce est en forte régression sur une grande partie du territoire français.

    Crédit photos: © Loxiafilms / Yves Le Presse - 2018  

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           C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition brutale de Michel Guimas. Michel était un ami de la première heure de Loxia. Nous perdons un collaborateur et un ami. Il faisait partie de ces grands animaliers amateurs que l’on rencontre dans les festivals dédiés à la nature où il fut souvent invité, collectionnant les sélections et les prix. Des lauriers mérités : il était non seulement un observateur doué mais aussi un remarquable faiseur d’images, amoureux de la faune sauvage de Touraine  et passionné  par le cerf sur lequel il a réalisé de nombreux films.

     Le cerf, la grande passion de Michel.

            Comme c’est souvent le cas avec les amis de Loxia, j’ai connu Michel au cours d’un festival de cinéma en 2007, lors de la première édition de Besancourt qui se déroulait, comme son nom le laissait deviner, à Besançon. Plusieurs documentaires étaient en compétition, et parmi ceux-ci, un court « le roi des forêts ». Le titre et le sujet (un film sur le cerf) me firent d’abord sourire. A l’heure des projections, Michel présente son film. J’admire alors la manière décontractée et assurée avec laquelle notre homme présente son œuvre. Il faut dire que je suis particulièrement mal à l’aise dans ce genre d’exercice !

     Michel au micro: un exercice dans lequel il semblait particulièrement à l'aise.

    Je ne suis qu’au début de ma surprise. Au moment de la projection… le choc ! Je suis ébloui, totalement bluffé par la qualité des images. Splendide. Ce type est trop fort!

    En 2007, Michel réalise un film superbe sur le cerf : "Le roi des forêts". Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier...

          J’oublie le titre, trop naïf à mon avis, quelques maladresses de montage et de mixage du son, totalement conquis par la beauté des plans. A la fin de la séance, je vais vers mon petit camarade et on commence à discuter nature, prises de vue, matériel, technique. Échanges de coordonnées, et je lui propose une collaboration pour un  opus futur qui se concrétisera par la réalisation de «Je me souviens »,(l’ histoire d’un renard écrasé !) qui obtiendra plusieurs récompenses.

          Malheureusement pour Michel, le prix du meilleur documentaire reviendra cette année là à "L'âme du cochon", un film où l'on saignait avec allégresse  un malheureux cochon !

           Dans les mois qui suivent, je crée le logo « Loxiafilms » puis la chaine Youtube « Loxiavideo » dans laquelle j’intègre les courts réalisés par Michel et qui obtiennent un joli succès. Parmi les titres les plus appréciés : «Deux mois plus tard», «La couleuvre verte et jaune », « Dans les brumes du matin ». Comme le monde est petit, je constate que nous avons une connaissance commune, Paul Giboureau qui nous a quittés en décembre 2015, avec qui je conversais déjà depuis quelques temps sur le forum du Repaire numérique ! Paul habitait tout près de chez lui. L’un se passionnait pour les cervidés, l’autre était un explorateur méticuleux du microcosme de l’herbe. Ainsi, pendant quelques années, nous avons formé un trio d’amis qui, tour à tour, collaboraient pour une œuvre commune ou réalisaient leurs propres production.

          Mais les qualités de Michel ne s'arrêtaient pas à son art animalier. C'était aussi un amateur de poésie qui distillait en privé un humour pince sans rire. Humour qui ponctuait parfois ses films, comme une pirouette après avoir abordé un sujet sérieux ou grave. Pour oublier la tristesse, je finirai cet article avec deux citations de mon pote Michel : la conclusion de son film « la vie d’un gland »  et l'un de ses poèmes.

          Au revoir l'ami. Et merci pour toutes ces belles choses que tu as su nous faire découvrir avec talent...

     

     

    Le renard

     

    Oh toi tendre Goupil, tu parcours les sentiers

    Famille des canidés, tu habites le terrier

    Ton pelage brun roux, enveloppe magnifique

    Est bercé de tendresse par ton regard magique.

     

    Dès le mois de janvier, tu cherches la femelle

    Qui comme toi bien sûr est toujours la plus belle,

    Tu visites les bois, et quitte la lisière,

    Tu n’attends pas la nuit pour jouer dans la clairière.

     

    Tu habites les forêts mais colonises les villes,

    Tu traverses l’étang pour rejoindre les îles,

    Tu n’attends pas le printemps pour connaître l’amour,

    Les nuits ne suffisent plus et tu colores le jour.

     

              Tu aimes les campagnols, tu raffoles de mulots,

              Tu grignotes les fruits, parfois les escargots

              Tu caches avec talent l’entrée de tes terriers

              Ton acuité des sens n’est plus à démontrer.

     

     

    La nuit parfois au loin, j’entends ta voix qui jappe,

    Alors tout près de toi, j’imagine la harpe,

    Accompagnant ton saut d’une douce musique,

    L’incrustant tendrement de notes mélodiques.

     

    Le bipède que tu vois, son pinard et ses armes,

    Le bourreau qui te cherche et fait couler tes larmes

    N’a qu’une envie, c’est sûr, pouvoir te supprimer

    Il en a les moyens mais n’est pas très rusé.

     

    Alors ne t’inquiète pas, continue ton chemin,

    Promène tes petits dans les brumes du matin,

    Elimine les rats qui détruisent nos blés

    Et tu verras un jour l’arroseur arrosé !

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Michel Guimas 2019  

     © imageincabestany.org

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    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier         J'ai fait connaissance avec Benoît au festival de Namur où nous avions tous les deux été sélectionnés. Il présentait un superbe petit film intitulé "Source miraculeuse" dans lequel il exprimait déjà sa passion pour la plongée sous-marine et les images en immersion. 

         La même soirée m'avait fait rencontrer aussi quelques réalisateurs sympathiques et deux  photographes:

                 Gregory Odemer, animalier à la production remarquable (il est auteur notamment  d'un ouvrage magnifique "les oiseaux de la plaine d'Ariège" avec une série de clichés sur l'élanion blanc, petit rapace rare inféodé surtout aux Pyrénées) 

                    et  Frédéric Labaune, macro et micro-photographe, bricoleur de génie,  présent en tant qu'exposant. Deux genres de photographies totalement différents, deux univers passionnants dont j'espère pouvoir parler un peu plus longuement dans un article dédié.

      Je vous invite donc à découvrir ce jeune homme prometteur à travers l'interview proposé par Loxia. Merci à Benoît d'avoir accepté de prendre un peu sur son temps libre pour répondre aux questions de loxia. 

    Philoxia  

       

     

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    B.C. : J’ai commencé mes premières petites prises de vues animalières dès l’acquisition de mon premier petit APN en 2003 qui avait la possibilité de faire des vidéos. Mais, c’est en 2014 après deux stages à l’IFFCAM que j’ai réellement réalisé des petits courts-métrages plus construits et réfléchis.

    Qu'est-ce qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours passé beaucoup de temps à observer la nature. Ça a commencé avec les insectes, les escargots dans le jardin de mes parents. Puis avec des copains en allant jouer à la rivière, où l’on s’amusait principalement à capturer des serpents, des poissons et des batraciens pour les observer et les relâcher. J’ai ensuite élevé des poissons, des phasmes, des chenilles que j’observais devenir papillons, …

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalierEt c’est vrai qu’à l’époque, j’ai été bercé par mon magazine préféré : Wapiti. Je rêvais d’être photographe animalier, aventurier aux quatre coins du monde. Plus tard, je suis passé à la photo puis à la vidéo pour ramener comme des preuves de ce que j’avais pu voir. C’est une manière beaucoup moins traumatisante que de manipuler ou de ramener le dit individu ! Cela a été particulièrement vrai pour mes prises de vues en eau douce, où la majorité des gens ont du mal à se rendre compte de ce que l’on peut y voir. C’était une manière de leur montrer, sans qu’ils aient à se mouiller, et de les sensibiliser.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Je ne pense pas avoir d’animal préféré, chacun à son intérêt et je peux prendre plaisir à filmer chacun d’entre eux. Ce qui est intéressant, c’est que dans tous les cas, cela nécessite une bonne connaissance de son sujet. Seules de longues observations permettent de pouvoir anticiper les comportements et donc de filmer des scènes intéressantes. C’est vrai pour les oiseaux et les mammifères, mais aussi pour les poissons ou les insectes. De ce point de vue, ce sont les zones aquatiques et ces habitants que je connais le mieux.

    Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je suis plutôt du genre à aller à la rencontre de mes sujets par une traque puis une approche délicate, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à moi. Avec cette méthode, ça ne marche pas du premier coup ; on se fait surprendre et on peut rater la bonne occasion. On apprend ainsi à connaître les habitudes, les lieux de présence en fonction du moment de la journée ou de l’année et on redouble alors de vigilance lors de l’approche sur le point crucial et l’attente est alors moins longue puisque l’on maximise ces chances de rencontre. C’est cette traque qui m’apporte le plus d’adrénaline et de surprise.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    En réalité, je ne sais même pas qui sont les grands noms de la photographie animalière. Et je peux encore moins parler de modèle. Je suis plus un autodidacte et j’essaye de faire comme je le sens, selon ce qui me semble fonctionner.

    Mon influence, vient en fait surtout des sports de glisses, des sports de natures, avec des lignes plus punchy, des rythmes rapides,…

    Comment te situes-tu dans cet art?

    Je ne me situe pas trop pour le moment. J’ai juste envie de partager ce que je vois et de le retranscrire du mieux possible. C’est pourquoi, à un moment, j’ai proposé ce que je faisais à des festivals spécialisés. J’ai eu la chance d’être sélectionné et que ces images soient vues par un plus grand nombre. Ça a été de formidables occasions d’échanger avec des gens professionnels ou non et de mieux comprendre quels sont les ingrédients d’un bon film. J’ai aussi été très touché de voir que les milieux aquatiques, puisque c’était le thème de mes premiers films, avaient pu étonner et aiguiser la curiosité de certaines personnes. Ce n’était à priori pas courant de voir ça.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Je termine actuellement un court métrage de 13 minutes sur ma rivière de prédilection, la plus sauvage et la plus claire de France. Depuis 2014, je réalise des images au fil des saisons et de la vie au sens large de cette rivière pour ce film. Depuis plusieurs années, je filme également en Camargue avec peut-être un projet sous 2 ans d’un court-métrage sur le sujet.

    Dans un autre genre, j’ai un court-métrage sur la pêche à la mouche du saumon en Gaspésie au Québec qui va passer sur un festival spécialisé.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Mon rêve serait surtout de pouvoir œuvrer à la préservation de différents environnements, en sensibilisant le public par la diffusion d’images témoignant de leurs beautés singulières et de leur fragilité. En ce sens, si j’en avais les moyens et le temps, j’aimerais faire un sujet sur le Lac Tanganyika en Afrique. Mais je rêve aussi de manchots dans les terres australes, de Casoar en Australie,…

    Ton meilleur souvenir?

    Un de mes meilleurs souvenirs, est une rencontre fortuite avec un castor. J’étais alors invité à tourner sur une descente de la Sorgue avec Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique et Robert Luquès, cinéaste et réalisateur pour le film de ce dernier « La Rivière ». J’étais à la traine en train de filmer une truite quand une masse brunâtre est entrée dans l’eau juste dans le champ ! Je me suis mis à la filmer et à la suivre, la bête massive n’avait pas l’air paniquée ! J’ai d’abord cru à un ragondin, mais c’était en fait un castor. Identification faite je l’ai indiqué à mes compères qui étaient plus en aval. J’ai suivi le castor descendre le courant, puis le remontant tout en me passant en dessous à moins de 50 cm ! Ça tombait bien, j’étais en grand angle ! Yannick, a finalement réussi à remonter le courant, juste le temps de prendre 2 photos et le castor s’en est allé ! J’ai ainsi passé près de 5 minutes en suivi au plus proche de ce castor ! Inoubliable dans ces eaux si claires, mais physique avec le courant qu’il y avait !

    Ton plus grand regret ?

    Je n’ai pas de grand regret. Ou peut-être de ne pas avoir commencer plus tôt ! Mais au moment où j’avais le temps, c’est à dire quand j’étais ado et jeune adulte, les moyens matériels n’étaient pas les mêmes et surtout plus onéreux !

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    J’ai appris que le plus important, c’est de pourvoir raconter une histoire. De belles images, c’est bien, mais il faut surtout qu’elles puissent s’insérer dans un tout qui a du sens. Il ne faut pas oublier de faire pleins de plans de raccords et d’ambiance pour arriver à faire les jonctions, transitions et servir la narration.

     

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         Les amis de Loxia, en général, sont rencontrés durant les festivals animaliers. Ce n’est pas le cas de Jean Fyot avec qui j’ai fait fortuitement connaissance en revenant du travail dans un lieu pas forcément fréquenté par les amateurs de photographie : à Besançon, près du Doubs. Ce jour là, j’allais rendre visite aux ragondins (vedettes malheureuses du film « Sur la rive » quelques mois plus tard). Il y avait là des habitués avec qui je discutais. Jean, passant  là par hasard,  s’était joint à la discussion.  De fil en aiguille, on commence à parler nature. Très vite, ce n’est pas sans fierté que mon petit camarade m’annonce qu’il est chasseur photographe. Voilà qui tombe bien, je fréquente justement régulièrement ces lieux parce que je pratique, moi aussi ce genre d’activité. À cela près que j'ai plus l'âme d'un ciné-vidéaste que d'un photographe. Et comme le hasard fait bien les choses, nous nous découvrons un ami commun, Jacques M., poète à ses heures. Échange de cartes de visite et Jean, depuis, est devenu ami de Loxia. 

    Jean Fyot

                   La production de Jean est de grande qualité. Il expose régulièrement ses photographies  dans les expositions naturalistes comtoises. Cet amateur de nature sauvage nous livre ici quelques impressions en jouant le jeu questions réponses proposé par Loxia.  

     

    Loxia :   Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?

    Jean Fyot photographe naturalisteJ.F. : Naturaliste depuis l’enfance, photographe Nikoniste de puis 35 ans, j’ai commencé la photo animalière en 2010.

    J'ai fait le choix de ne photographier que la faune libre et sauvage dans le plus grand respect de sa tranquillité

     

    Qu'est-ce-qui t'as amené à la photo et plus particulièrement à la photo animalière?

    • La photo ?

    En 1980 un ami m’a prêté un reflex Olympus, et m’a initié tout un week-end, ça a été une révélation !Je me suis rapidement équipé d’un boitier Minolta, d’un 50 mm, j’ai adhéré à un club…. Une passion était née !

    • La photo animalière ?

    En 1986, alors que j’habitais en Alsace, j’ai eu la chance de rencontrer Bernard Million (ancien caméraman de Christian Zuber, réalisateur des émissions " Caméra au poing" diffusées à la télévision de 1972 à 1981). Et tout a commencé !

    Dès mes premiers affûts, je me suis rendu compte qu’il fallait énormément de temps pour pratiquer cette activité sans provoquer de dérangement. J’ai pris toute la mesure des phases essentielles de repérages et de connaissance du biotope. Après deux ans de pratique occasionnelle, j’ai réalisé que la photo animalière était incompatible avec l’activité professionnelle si on veut respecter une certaine éthique. J’ai alors décidé d’attendre patiemment la retraite.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?Jean Fyot

    Sans hésitation, le cerf, c’est un animal qui me fascine.  Le pister est un vrai bonheur et le comprendre un véritable défi.

    Faire une belle photo de cerf est très difficile. Pour réussir à combiner une belle lumière, un beau fond, et un comportement intéressant, il est impératif de bien connaitre l’espèce et son environnement.

    Je ne raterai jamais une saison de brame, cela me fait toujours autant vibrer.

     

     Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

     Là aussi, aucune hésitation, l’affût.

    C'est de loin ma méthode préférée, le risque de dérangement est moindre.

    Et puis la grande émotion, c'est quand l'animal vient en direction de l'affût....  La première fois que ça m'est arrivé, j'étais tellement émerveillé que je n'ai pas eu le réflexe de déclencher !Pas grave, le plaisir reste entier, la meilleure photo c'est celle qui reste dans la tête !

     As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    Vincent MUNIER que j’admire pour son éthique exemplaire, et bien sûr pour la qualité de son travail. J’ai eu l’occasion de le rencontrer, c’est un grand monsieur, qui a su rester simple malgré son immense succès.

    Comment te situes-tu dans cet art?

    On va dire un amateur passionné. Mon grand plaisir, c’est de partager. Par mes photos, je souhaite être le témoin de la vie sauvage, et partager avec le plus grand nombre les merveilleux instants que nous offre la nature.

    Quels sont tes projets en cours ?

    J’envisage à moyen terme de monter une exposition sur les reflets d’oiseaux. Mais J’ai encore besoin d’un peu de temps pour compléter la collection que je souhaite présenter. Peut-être au printemps prochain, si l’hiver est fructueux.

     Jean Fyot photographe naturalisteJean Fyot

     

     

     

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    L’arrêt des réseaux sociaux ! Aujourd’hui, c’est devenu un terrible fléau pour la faune sauvage. "Grace" aux réseaux, aujourd’hui en forêt de Chaux, au moment du brame, il y a plus de photographes que de cerfs ! Et quels photographes ! J’en ai vu avec des téléphones portables ! Chacun veut sa photo pour la poster au plus vite sur le réseau et obtenir un maximum de "LIKE" ! Les endroits précis des places de brame sont dévoilés ! C’est d’une tristesse affligeante !

    Tout le monde court après les cerfs, ce qui provoque un dérangement extrême. Et comme maintenant les cerfs ne sortent même plus à l’aube ou au crépuscule, ces fameux "photographes" vont les débusquer dans les sous bois. J’ai jeté l’éponge, je ne fréquente plus cette magnifique forêt. Cette année, j’ai trouvé un petit paradis peuplé de quelques cerfs, j’étais seul ! Un luxe inestimable. Jusqu’à quand ? Donc mon plus grand rêve, c’est de retrouver une tranquillité NORMALE dans nos belles forêts.

    Ton meilleur souvenir?

    En fait, j’en ai deux :                    

    Le premier, c’est un cerf que j’ai suivi pendant trois ans.

    Jean Fyot photographe naturaliste Je le connaissais bien, il était le maître de la place de brame. Indélogeable. J’étais souvent à l’affût dans "sa" clairière, j’avais repéré un trou de lumière qui ne durait que quelques minutes en fin de soirée, et j’espérais le voir bramer à cet endroit...

    Il n’est passé qu’une fois en trois ans, j’étais là !Puis un jour il a disparu, victime de la chasse.

    Il restera à jamais gravé dans ma mémoire. Un plus jeune a pris la place, la vie continue…

     

      

    Jean Fyot photographe naturaliste 

     

     

    Le deuxième, C’est un chamois

    J’arrive sur une crête Vosgienne de nuit, Surprise !Il est déjà là, couché. Il m’a vu, mais ne bouge pas. Je m’éloigne à 20 mètres, il m’observe sans bouger. J’avance progressivement jusqu’à 5 mètres (une éternité), je m’allonge, le soleil se lève, pas lui, tout va bien, il m’a accepté…Je suis resté deux heures à ses côtés… un studio en pleine nature !

     

    Ton plus grand regret ?

    Je venais d’acheter un nouveau boîtier, après une multitude d’essais sur des sujets classiques, j’obtiens des résultats prometteurs, et je le sors enfin à l’affût. Chance extraordinaire, j’assiste à un défilé de biches qui se rassemblaient après le brame. 19 biches en file indienne. La biche dominante qui mène la danse est somptueuse ! e connais bien l’endroit, mon affût est parfait. Tout va bien. Pas vu, pas senti. Je mets l’œil dans le viseur, je prends le temps de cadrer avec soin, j’appuie sur le déclencheur……l’appareil s’éteint, plus de batterie ! Mes mains s’affolent dans toutes les poches…rien ! Je n’y crois pas ! La batterie de rechange chargée à bloc est restée dans mon autre veste dans la voiture ! Depuis ce jour, la batterie chargée est dans une pochette accrochée en permanence au trépied. On ne m’y reprendra plus.

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

         Avant d’essayer de photographier la faune sauvage, il est indispensable d’apprendre et de comprendre… Apprendre à lire les indices, multiplier les sorties sur le terrain par tous les temps, observer les comportements, identifier les habitudes, définir les vents dominants, analyser l’évolution de la lumière,… Toute cette phase est longue mais indispensable et passionnante.

         Privilégier l’affût, (l’approche a trop souvent des effets désastreux sur la faune.) Un simple filet de camouflage suffit pour débuter. La tranquillité des animaux est prioritaire à la prise de vue. Il est préférable de renoncer à une approche ou à un affût, s'il devait en résulter l'affolement de l'animal, ou l'abandon d'une couvée. Une photo respectable a un prix, celui du respect de l'animal avant tout.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Jean Fyot - 2018  

     

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     Ce mois-ci, après la présentation de Christofor l'africain,  nous vous présentons un nouvel ami de Loxia: Cyril Bour.  Retour en France et  aux animaux en compagnie de Cyril (merci à lui) qui nous explique dans cet article comment peu à peu les faucons crécerelles venus "squatter " la maison familiale sont devenus, par le biais d'une webcaméra,  les héros d'un feuilleton suivi avec passion par les internautes chaque printemps. Un lien sera placé sur Loxiafilms pour permettre aux fidèles de notre site de suivre en direct l'évolution des faucons de ce petit village de Théding, en Moselle, qui mobilise chaque année toute la famille Bour.

     Philoxia  

    Les faucons de Théding

     

      C'est en 1996 que, pour la première fois, un couple de faucon crécerelle s'installe dans le grenier de notre maison familiale. Dans un premier temps nous observons leur manège depuis l'extérieur : impossible de s'en approcher sans perturber leur comportement.

    Les faucons de Théding

      

    C'est avec passion que l'on suit l'évolution des jeunes faucons crécerelles qui logent dans la maison familiale. 

    Notre curiosité nous pousse alors à trouver une solution pour entrer un peu plus dans leur intimité. C'est ainsi qu'en 2007 un pas est franchi en installant une webcam dans le nid.

     

        Comme les autres faucons, ce rapace ne construit pas de nid et pond directement sur la pierre ou le sable.

    L'emplacement utilisé par les faucons a donc été adapté de façon à accueillir la webcam mais aussi pour faciliter leur nidification : une base en bois recouverte de copeaux permet de protéger les œufs de la casse.

    L'ajout d'un rebord limite les risques de chute pour les oisillons. Un toit protège toute la famille de la pluie et du soleil.

    Les chances de survie des jeunes sont donc augmentées.

    Les faucons ont très rapidement adopté ce nichoir.

    En fin de saison, Cyril démonte et nettoie le nichoir

     

    Les faucons de Théding

     

     

     D’abord reliée à un ordinateur placé dans le grenier, la webcam prenait des photos du nid toutes les 15 secondes.  La difficulté était de trouver un câble suffisamment long (20 mètres) afin de pouvoir connecter le système à internet.

     

       A l'époque, le débit de la connexion internet était insuffisante pour profiter d'une vidéo en continu avec le son. Aujourd'hui, ce sont 2 webcams qui permettent de suivre le nid en direct ! 

       Guillaume Bontemps installe un nouveau dispositif

     

        L'ordinateur n'est plus nécessaire, les caméras pouvant être directement reliées au routeur internet. Les intermédiaires sont donc réduits et les bugs limités.

    La vidéo est retransmise 24h/24, 7j/7 sur la plateforme YouTube et sur le site internet des 'Faucons de Théding'.           Un suivi  régulier est effectué et des photos ainsi que des vidéos sont publiées pendant toute la période de nidification. Les internautes connectés peuvent s’exprimer sur le t'chat présent sous la diffusion et commenter de nombreux événements de la vie des faucons.        

        Ainsi, d’abondants commentaires accompagnent la naissance d’un premier fauconneau ou la mort d'un des oisillons. On comprend ainsi à quel point les internautes peuvent partager l'intimité des faucons.

    Les faucons de Théding

        Un moment particulièrement passionnant fut l’absence durant plusieurs heures de la femelle au moment de la couvaison faisant craindre un dommage pour les œufs insuffisamment chauffés. Son retour tardif a été accueilli avec soulagement par tous les internautes rassurés sur sa santé et celle de la couvée.1

    La femelle faucon a également prouvé son courage en défendant ses petits contre les attaques nocturnes d’une chouette effraie intéressée également par le nid occupé par les faucons. 2

    La fin de saison également est très riche en émotions lorsque, l’un après l’autre, les jeunes faucons quittent le nid. L’un après l’autre, chacun à leur manière, ils prennent leur envol souvent de manière originale. Chaque jeune montre ainsi son caractère, hésitant, téméraire ou timide mais toujours unique.

        Pour la saison 2019, les internautes ont participé financièrement afin d'acquérir une webcam de meilleure qualité adaptée à l'extérieur.

     

    Les faucons de Théding

     

     

           1 Aperçue durant son absence posée sur un poteau avec quelques plumes manquantes on suppose qu’elle avait vraisemblablement été attaquée par des corneilles noires défendant leur territoire. Elle se serait remise progressivement de ses émotions avant de rejoindre le nid.

     

               2 Au moment du choix du nid les deux espèces ont fait le spectacle avec une visite nocturne des chouettes et une visite diurne des faucons.

     

     

     

     Site de Cyril :   "les faucons de Théding"

     

     Chaîne Youtube  "Faucons crécerelles de Théding"

     Pour en savoir plus sur le faucon crécerelle: La Hulotte n°6

    Les faucons de Théding

      

     

     

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