•  

        L’actu de juin, c’est, chez Loxia, la réalisation en cours d'une mini série de six épisodes de cinq minutes racontant l'histoire d’un jeune ragondin « Rato », série qui sera aussi déclinée sous la forme d'un moyen métrage de 33 minutes.
        Réalisé à partir d’un tournage étalé sur 8 mois qui avait été à l’origine d’un premier court, «Sur la rive», « Rato » est d’abord destiné aux enfants et permet de découvrir un peu de l’intimité de la vie des ragondins.

     Le ragondin: un mal aimé ?

        L’animal n’est certes pas franchement apprécié et cela en raison des dégâts occasionnés par l'espèce considérée comme invasive. De fait, il semble que ce rongeur pose surtout problème pour les petits étangs et les petits cours d’eau dont il provoque l’effondrement des berges. Ainsi, alors que l’on se réjouit du retour du castor, on déplore la prolifération du ragondin qui, pourtant, en terme de dégâts, ne me semble pas pire que son cousin.


      Mais que regarde donc Rato avec tant d'intérêt ?

        En l’absence de prédateur naturel, rien ne viendrait vraiment freiner son expansion. On lui reproche aussi de transmettre la leptospirose. Il existe pourtant bien des espèces beaucoup plus susceptibles de transmettre cette maladie infectieuse et autrement plus proches des habitats humains, en particulier les rats surmulots et une cohorte de petits rongeurs. Du coup, et pour toutes ces raisons, le ragondin devient la cible privilégiée des « chasseurs de nuisibles ». On lui attribue aussi des dégâts sur les écluses, ce qui semble un peu exagéré.

     Une tête large et deux grandes incisives oranges, des yeux de myope: le ragondin, un animal plutôt sympa...

     

       Alors, désirable ou indésirable le ragondin? Pour ce qui me concerne, ce rongeur est un animal plutôt sympathique. Quant aux dégâts sur la rive où il a été filmé à l'origine d'une expédition punitive, je cherche encore, mais je n’ai pas trouvé ! L’écluse qui se trouve à proximité de l’île de « Rato » ne semble pas trop souffrir non plus de la présence (pourtant ancienne) de nos amis aux dents oranges.

       Ils ne sont pas mignons les ragondins ?

    Je ne saurais trop conseiller un peu de ce film  à ceux qui pensent encore que le ragondin n'est qu'un gros rat très moche sous le fallacieux prétexte qu'il a une tête un peu large et une queue ronde, ni plate ni en panache...  

     

     

     Sur la rive (2018)

      "Sur la rive" est une promenade poétique, caméra au poing, sur un texte de  Jean Monnet

    "La rive est un miroir troublé
    Où s’ébattent plumes et pattes

    Là est le rivage, et toute une vie
    Faite de fourrures et d’ébrouements, essorées
    Comme des lèches marines,
    S’y épanouit.... " 

     

     

    "Rato". Bande annonce

     La série "Rato" en six épisodes:

    1. L'hiver des ragondins

    2. Sur la glace

    3. Le printemps de Rato

    4. Un si bel été

    5. A l'heure d'automne

    6. Une nouvelle vie

         

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini 2018 

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo!

    votre commentaire

  •  

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier         J'ai fait connaissance avec Benoît au festival de Namur où nous avions tous les deux été sélectionnés. Il présentait un superbe petit film intitulé "Source miraculeuse" dans lequel il exprimait déjà sa passion pour la plongée sous-marine et les images en immersion. 

         La même soirée m'avait fait rencontrer aussi quelques réalisateurs sympathiques et deux  photographes:

                 Gregory Odemer, animalier à la production remarquable (il est auteur notamment  d'un ouvrage magnifique "les oiseaux de la plaine d'Ariège" avec une série de clichés sur l'élanion blanc, petit rapace rare inféodé surtout aux Pyrénées) 

                    et  Frédéric Labaune, macro et micro-photographe, bricoleur de génie,  présent en tant qu'exposant. Deux genres de photographies totalement différents, deux univers passionnants dont j'espère pouvoir parler un peu plus longuement dans un article dédié.

      Je vous invite donc à découvrir ce jeune homme prometteur à travers l'interview proposé par Loxia. Merci à Benoît d'avoir accepté de prendre un peu sur son temps libre pour répondre aux questions de loxia. 

    Philoxia  

       

     

    Loxia : Depuis quand pratiques-tu la vidéo animalière?

    B.C. : J’ai commencé mes premières petites prises de vues animalières dès l’acquisition de mon premier petit APN en 2003 qui avait la possibilité de faire des vidéos. Mais, c’est en 2014 après deux stages à l’IFFCAM que j’ai réellement réalisé des petits courts-métrages plus construits et réfléchis.

    Qu'est-ce qui t'as amené à la vidéo et plus particulièrement à la vidéo animalière?

    Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours passé beaucoup de temps à observer la nature. Ça a commencé avec les insectes, les escargots dans le jardin de mes parents. Puis avec des copains en allant jouer à la rivière, où l’on s’amusait principalement à capturer des serpents, des poissons et des batraciens pour les observer et les relâcher. J’ai ensuite élevé des poissons, des phasmes, des chenilles que j’observais devenir papillons, …

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalierEt c’est vrai qu’à l’époque, j’ai été bercé par mon magazine préféré : Wapiti. Je rêvais d’être photographe animalier, aventurier aux quatre coins du monde. Plus tard, je suis passé à la photo puis à la vidéo pour ramener comme des preuves de ce que j’avais pu voir. C’est une manière beaucoup moins traumatisante que de manipuler ou de ramener le dit individu ! Cela a été particulièrement vrai pour mes prises de vues en eau douce, où la majorité des gens ont du mal à se rendre compte de ce que l’on peut y voir. C’était une manière de leur montrer, sans qu’ils aient à se mouiller, et de les sensibiliser.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?

    Je ne pense pas avoir d’animal préféré, chacun à son intérêt et je peux prendre plaisir à filmer chacun d’entre eux. Ce qui est intéressant, c’est que dans tous les cas, cela nécessite une bonne connaissance de son sujet. Seules de longues observations permettent de pouvoir anticiper les comportements et donc de filmer des scènes intéressantes. C’est vrai pour les oiseaux et les mammifères, mais aussi pour les poissons ou les insectes. De ce point de vue, ce sont les zones aquatiques et ces habitants que je connais le mieux.

    Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

    Je suis plutôt du genre à aller à la rencontre de mes sujets par une traque puis une approche délicate, plutôt que d’attendre qu’ils viennent à moi. Avec cette méthode, ça ne marche pas du premier coup ; on se fait surprendre et on peut rater la bonne occasion. On apprend ainsi à connaître les habitudes, les lieux de présence en fonction du moment de la journée ou de l’année et on redouble alors de vigilance lors de l’approche sur le point crucial et l’attente est alors moins longue puisque l’on maximise ces chances de rencontre. C’est cette traque qui m’apporte le plus d’adrénaline et de surprise.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    En réalité, je ne sais même pas qui sont les grands noms de la photographie animalière. Et je peux encore moins parler de modèle. Je suis plus un autodidacte et j’essaye de faire comme je le sens, selon ce qui me semble fonctionner.

    Mon influence, vient en fait surtout des sports de glisses, des sports de natures, avec des lignes plus punchy, des rythmes rapides,…

    Comment te situes-tu dans cet art?

    Je ne me situe pas trop pour le moment. J’ai juste envie de partager ce que je vois et de le retranscrire du mieux possible. C’est pourquoi, à un moment, j’ai proposé ce que je faisais à des festivals spécialisés. J’ai eu la chance d’être sélectionné et que ces images soient vues par un plus grand nombre. Ça a été de formidables occasions d’échanger avec des gens professionnels ou non et de mieux comprendre quels sont les ingrédients d’un bon film. J’ai aussi été très touché de voir que les milieux aquatiques, puisque c’était le thème de mes premiers films, avaient pu étonner et aiguiser la curiosité de certaines personnes. Ce n’était à priori pas courant de voir ça.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Je termine actuellement un court métrage de 13 minutes sur ma rivière de prédilection, la plus sauvage et la plus claire de France. Depuis 2014, je réalise des images au fil des saisons et de la vie au sens large de cette rivière pour ce film. Depuis plusieurs années, je filme également en Camargue avec peut-être un projet sous 2 ans d’un court-métrage sur le sujet.

    Dans un autre genre, j’ai un court-métrage sur la pêche à la mouche du saumon en Gaspésie au Québec qui va passer sur un festival spécialisé.

    Benoît Chancerel, ciné-vidéaste animalier

    Quel est ton grand rêve en vidéo animalière?

    Mon rêve serait surtout de pouvoir œuvrer à la préservation de différents environnements, en sensibilisant le public par la diffusion d’images témoignant de leurs beautés singulières et de leur fragilité. En ce sens, si j’en avais les moyens et le temps, j’aimerais faire un sujet sur le Lac Tanganyika en Afrique. Mais je rêve aussi de manchots dans les terres australes, de Casoar en Australie,…

    Ton meilleur souvenir?

    Un de mes meilleurs souvenirs, est une rencontre fortuite avec un castor. J’étais alors invité à tourner sur une descente de la Sorgue avec Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique et Robert Luquès, cinéaste et réalisateur pour le film de ce dernier « La Rivière ». J’étais à la traine en train de filmer une truite quand une masse brunâtre est entrée dans l’eau juste dans le champ ! Je me suis mis à la filmer et à la suivre, la bête massive n’avait pas l’air paniquée ! J’ai d’abord cru à un ragondin, mais c’était en fait un castor. Identification faite je l’ai indiqué à mes compères qui étaient plus en aval. J’ai suivi le castor descendre le courant, puis le remontant tout en me passant en dessous à moins de 50 cm ! Ça tombait bien, j’étais en grand angle ! Yannick, a finalement réussi à remonter le courant, juste le temps de prendre 2 photos et le castor s’en est allé ! J’ai ainsi passé près de 5 minutes en suivi au plus proche de ce castor ! Inoubliable dans ces eaux si claires, mais physique avec le courant qu’il y avait !

    Ton plus grand regret ?

    Je n’ai pas de grand regret. Ou peut-être de ne pas avoir commencer plus tôt ! Mais au moment où j’avais le temps, c’est à dire quand j’étais ado et jeune adulte, les moyens matériels n’étaient pas les mêmes et surtout plus onéreux !

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

    J’ai appris que le plus important, c’est de pourvoir raconter une histoire. De belles images, c’est bien, mais il faut surtout qu’elles puissent s’insérer dans un tout qui a du sens. Il ne faut pas oublier de faire pleins de plans de raccords et d’ambiance pour arriver à faire les jonctions, transitions et servir la narration.

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo!

    votre commentaire
  •  

     

          La saison de reproduction est commencée chez les faucons crécerelles. Vous pouvez suivre l'évolution du nid sur le site de Cyril Bour ou directement sur les liens ci-dessous.

    Bonnes observations !

    Direct 2019

    CAMERA 1  Intérieur du nid

    CAMERA 02  Extérieur du nid

    Reportage

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo!

    votre commentaire
  •  

           Œil  rouge, tête noire, la foulque macroule (fulica atra) est un hôte fréquent des eaux libres, étangs, rivières, lac et autres gravières.

        Quelques images de l’oiseau rondouillard qui se mêle souvent aux canards, seul ou en petites troupes.

    Portraits d'oiseau (7): la foulque macroule

     

     

    Portraits d'oiseau (7): la foulque macroule

     

      

    Portraits d'oiseau (7): la foulque macroule

     

    Portraits d'oiseau (7): la foulque macroule

     

    Portraits d'oiseaux (8): la foulque macroule

     

     

           Ci-dessous quelques repaires pour ceux qui la confondraient encore  avec la poule d’eau.

     

    Foulque macroule                                                                          Poule d'eau

    •  Longueur: 36 à 38 cm                                                                                      Longueur: 30 cm                               
       

       
       
    •  Poids: 600 à 800g                                                                                              Poids: 340g  
       

    Portraits d'oiseaux (7): la foulque macroule

    Crédit photos: © Loxiafilms / Philippe Parolini - 2018  

     

    Pour en savoir plus sur la foulque: La Hulotte n°18

    Portraits d'oiseaux (7): la foulque macroule

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo!

    votre commentaire
  •  

         Les amis de Loxia, en général, sont rencontrés durant les festivals animaliers. Ce n’est pas le cas de Jean Fyot avec qui j’ai fait fortuitement connaissance en revenant du travail dans un lieu pas forcément fréquenté par les amateurs de photographie : à Besançon, près du Doubs. Ce jour là, j’allais rendre visite aux ragondins (vedettes malheureuses du film « Sur la rive » quelques mois plus tard). Il y avait là des habitués avec qui je discutais. Jean, passant  là par hasard,  s’était joint à la discussion.  De fil en aiguille, on commence à parler nature. Très vite, ce n’est pas sans fierté que mon petit camarade m’annonce qu’il est chasseur photographe. Voilà qui tombe bien, je fréquente justement régulièrement ces lieux parce que je pratique, moi aussi ce genre d’activité. À cela près que j'ai plus l'âme d'un ciné-vidéaste que d'un photographe. Et comme le hasard fait bien les choses, nous nous découvrons un ami commun, Jacques M., poète à ses heures. Échange de cartes de visite et Jean, depuis, est devenu ami de Loxia. 

    Jean Fyot

                   La production de Jean est de grande qualité. Il expose régulièrement ses photographies  dans les expositions naturalistes comtoises. Cet amateur de nature sauvage nous livre ici quelques impressions en jouant le jeu questions réponses proposé par Loxia.  

     

    Loxia :   Depuis quand pratiques-tu la photo animalière?

    Jean Fyot photographe naturalisteJ.F. : Naturaliste depuis l’enfance, photographe Nikoniste de puis 35 ans, j’ai commencé la photo animalière en 2010.

    J'ai fait le choix de ne photographier que la faune libre et sauvage dans le plus grand respect de sa tranquillité

     

    Qu'est-ce-qui t'as amené à la photo et plus particulièrement à la photo animalière?

    • La photo ?

    En 1980 un ami m’a prêté un reflex Olympus, et m’a initié tout un week-end, ça a été une révélation !Je me suis rapidement équipé d’un boitier Minolta, d’un 50 mm, j’ai adhéré à un club…. Une passion était née !

    • La photo animalière ?

    En 1986, alors que j’habitais en Alsace, j’ai eu la chance de rencontrer Bernard Million (ancien caméraman de Christian Zuber, réalisateur des émissions " Caméra au poing" diffusées à la télévision de 1972 à 1981). Et tout a commencé !

    Dès mes premiers affûts, je me suis rendu compte qu’il fallait énormément de temps pour pratiquer cette activité sans provoquer de dérangement. J’ai pris toute la mesure des phases essentielles de repérages et de connaissance du biotope. Après deux ans de pratique occasionnelle, j’ai réalisé que la photo animalière était incompatible avec l’activité professionnelle si on veut respecter une certaine éthique. J’ai alors décidé d’attendre patiemment la retraite.

    Quel est ton animal préféré? Vois-tu une raison à ce choix?Jean Fyot

    Sans hésitation, le cerf, c’est un animal qui me fascine.  Le pister est un vrai bonheur et le comprendre un véritable défi.

    Faire une belle photo de cerf est très difficile. Pour réussir à combiner une belle lumière, un beau fond, et un comportement intéressant, il est impératif de bien connaitre l’espèce et son environnement.

    Je ne raterai jamais une saison de brame, cela me fait toujours autant vibrer.

     

     Sans trahir de secrets, quelles techniques de chasse photographique affectionnes-tu?

     Là aussi, aucune hésitation, l’affût.

    C'est de loin ma méthode préférée, le risque de dérangement est moindre.

    Et puis la grande émotion, c'est quand l'animal vient en direction de l'affût....  La première fois que ça m'est arrivé, j'étais tellement émerveillé que je n'ai pas eu le réflexe de déclencher !Pas grave, le plaisir reste entier, la meilleure photo c'est celle qui reste dans la tête !

     As-tu un modèle parmi les grands noms de la photographie animalière ?

    Vincent MUNIER que j’admire pour son éthique exemplaire, et bien sûr pour la qualité de son travail. J’ai eu l’occasion de le rencontrer, c’est un grand monsieur, qui a su rester simple malgré son immense succès.

    Comment te situes-tu dans cet art?

    On va dire un amateur passionné. Mon grand plaisir, c’est de partager. Par mes photos, je souhaite être le témoin de la vie sauvage, et partager avec le plus grand nombre les merveilleux instants que nous offre la nature.

    Quels sont tes projets en cours ?

    J’envisage à moyen terme de monter une exposition sur les reflets d’oiseaux. Mais J’ai encore besoin d’un peu de temps pour compléter la collection que je souhaite présenter. Peut-être au printemps prochain, si l’hiver est fructueux.

     Jean Fyot photographe naturalisteJean Fyot

     

     

     

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    Quel est ton grand rêve en photo animalière?

    L’arrêt des réseaux sociaux ! Aujourd’hui, c’est devenu un terrible fléau pour la faune sauvage. "Grace" aux réseaux, aujourd’hui en forêt de Chaux, au moment du brame, il y a plus de photographes que de cerfs ! Et quels photographes ! J’en ai vu avec des téléphones portables ! Chacun veut sa photo pour la poster au plus vite sur le réseau et obtenir un maximum de "LIKE" ! Les endroits précis des places de brame sont dévoilés ! C’est d’une tristesse affligeante !

    Tout le monde court après les cerfs, ce qui provoque un dérangement extrême. Et comme maintenant les cerfs ne sortent même plus à l’aube ou au crépuscule, ces fameux "photographes" vont les débusquer dans les sous bois. J’ai jeté l’éponge, je ne fréquente plus cette magnifique forêt. Cette année, j’ai trouvé un petit paradis peuplé de quelques cerfs, j’étais seul ! Un luxe inestimable. Jusqu’à quand ? Donc mon plus grand rêve, c’est de retrouver une tranquillité NORMALE dans nos belles forêts.

    Ton meilleur souvenir?

    En fait, j’en ai deux :                    

    Le premier, c’est un cerf que j’ai suivi pendant trois ans.

    Jean Fyot photographe naturaliste Je le connaissais bien, il était le maître de la place de brame. Indélogeable. J’étais souvent à l’affût dans "sa" clairière, j’avais repéré un trou de lumière qui ne durait que quelques minutes en fin de soirée, et j’espérais le voir bramer à cet endroit...

    Il n’est passé qu’une fois en trois ans, j’étais là !Puis un jour il a disparu, victime de la chasse.

    Il restera à jamais gravé dans ma mémoire. Un plus jeune a pris la place, la vie continue…

     

      

    Jean Fyot photographe naturaliste 

     

     

    Le deuxième, C’est un chamois

    J’arrive sur une crête Vosgienne de nuit, Surprise !Il est déjà là, couché. Il m’a vu, mais ne bouge pas. Je m’éloigne à 20 mètres, il m’observe sans bouger. J’avance progressivement jusqu’à 5 mètres (une éternité), je m’allonge, le soleil se lève, pas lui, tout va bien, il m’a accepté…Je suis resté deux heures à ses côtés… un studio en pleine nature !

     

    Ton plus grand regret ?

    Je venais d’acheter un nouveau boîtier, après une multitude d’essais sur des sujets classiques, j’obtiens des résultats prometteurs, et je le sors enfin à l’affût. Chance extraordinaire, j’assiste à un défilé de biches qui se rassemblaient après le brame. 19 biches en file indienne. La biche dominante qui mène la danse est somptueuse ! e connais bien l’endroit, mon affût est parfait. Tout va bien. Pas vu, pas senti. Je mets l’œil dans le viseur, je prends le temps de cadrer avec soin, j’appuie sur le déclencheur……l’appareil s’éteint, plus de batterie ! Mes mains s’affolent dans toutes les poches…rien ! Je n’y crois pas ! La batterie de rechange chargée à bloc est restée dans mon autre veste dans la voiture ! Depuis ce jour, la batterie chargée est dans une pochette accrochée en permanence au trépied. On ne m’y reprendra plus.

    Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

         Avant d’essayer de photographier la faune sauvage, il est indispensable d’apprendre et de comprendre… Apprendre à lire les indices, multiplier les sorties sur le terrain par tous les temps, observer les comportements, identifier les habitudes, définir les vents dominants, analyser l’évolution de la lumière,… Toute cette phase est longue mais indispensable et passionnante.

         Privilégier l’affût, (l’approche a trop souvent des effets désastreux sur la faune.) Un simple filet de camouflage suffit pour débuter. La tranquillité des animaux est prioritaire à la prise de vue. Il est préférable de renoncer à une approche ou à un affût, s'il devait en résulter l'affolement de l'animal, ou l'abandon d'une couvée. Une photo respectable a un prix, celui du respect de l'animal avant tout.

     

    Crédit photos: © Loxiafilms / Jean Fyot - 2018  

     

    Partager via Gmail Delicious Technorati Yahoo!

    votre commentaire