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Hôtes discrets de nos prés: les microlépidoptères

  En été, toutes sortes de papillons peuvent être observés sur les fleurs dans tous les milieux. On connait bien et apprécie les plus colorés et  les plus spectaculaires. Ainsi le flambé et le machaon sont parmi les plus populaires et les plus recherchés par les photographes.

    A l'ombre de ces géants, des papillons  pourtant bien présents restent inaperçus et ne suscitent guère l'intérêt du commun des mortels. Tout juste si l'on remarque ces nains qui s'envolent sous le pas du promeneur pour se cacher promptement dans les herbes hautes. Ces modestes sont de couleur neutre et leur petite taille n'incite guère à les repérer. A croire qu'ils font tout pour ne pas se faire remarquer !

L'abeille donne une idée de la taille de cette pyrauste pourprée.

      Je me propose de vous faire découvrir quelques unes de ces espèces  de microlépidoptères qui révèlent leur beauté dès lors que l'on se baisse un peu pour les observer.

   L'acidalie des pâturages (Scopula immutata) est commune dans les prés plutôt humides. Elle appartient à une vaste famille: les géométridés. On remarquera les ailes décorées de fins motifs, dignes des plus jolies tapisseries.

L'acidalie des pâturages (Scopula immutata)

   La pyrauste du plantain (Pyrausta despicata) est un "papillon de nuit" (hétérocère) ... aux mœurs diurnes que l'on voit s'envoler mais qui se dissimule rapidement dans la végétation échappant ainsi aux regards indiscrets. Sa proche cousine, la pyrauste pourprée (Pyrausta purpuralis) a déjà fait l'objet d'un article sur ce site.

La pyrauste du plantain. Ci-dessous en compagnie de sa cousine la pyrauste pourprée.

    La bordure ensanglantée  (Diacrisia sannio L.)   Malgré son nom un peu gore et ses teintes, elle n'est pas plus facile à remarquer. Outre la couleur différente, le mâle (photo ci-dessous), comme tous les hétérocères, sera facilement identifiable par la présence d'antennes pectinées. 

Bien camouflée dans les herbes hautes, une bordure ensanglantée (Diacrisia sannio L.) de dos et de profil.
bordure ensanglantée ( Diacrisia sannio L. )

      Le crambus des chaumes (Agriphila straminella) et le crambus des jardins (Chrysoteuchia culmella). Les crambidés ont une forme allongée caractéristique qui permet d'identifier facilement la famille. Pour déterminer le genre et  l'espèce, l'affaire est beaucoup plus délicate. 

Crambus des chaumes (Agriphila straminella). Ci-dssous, à droite, le Crambus des jardins (Chrysoteuchia culmella)

   La Séricore des mares ou Tordeuse du Fraisier (Celypha lacunana D. & S.). Encore un petit lépidoptère délicatement orné. Le nom de tordeuse est lié au fait que les chenilles de cette espèce s'enroulent autour d'une feuille pour se protéger.

   Le ptérophore blanc (Pterophorus pentadactyla). Voilà sans doute l'un des plus curieux papillons. Au repos dans les herbes, il ressemble à un minuscule ange blanc. Impression renforcée par l'aspect plumeux de ses ailes.

     La brocatelle d'or (Camptogramma bilineata). Sûrement l'une des plus belles espèces que l'on peut rencontrer.   Comme L'acidalie des pâturages (Scopula immutata), elle appartient à la grande famille des géométridés.  Son activité est plutôt diurne. 

Brocatelle d'or (Camptogramma bilineata)

Papillons de nuit ou papillon de jour ?

   Les entomologistes avaient défini  deux groupes en fonction de l'activité diurne ou nocturne correspondant à  la forme des antennes. Logique et rigoureux mais, comme d'habitude, deux noms barbares sont attribués à nos lépidoptères:

    Les rhopalocères 1  pour ceux qui sont qualifiés couramment de papillons de jour.

    Pour les papillons traditionnellement dits de nuit on attribue le terme d'hétérocères 2.

    Dommage, ça ne marche plus! Les papillons dits de nuit incluent des espèces diurnes et effectivement nocturnes. Du coup, il parait difficile de garder cette dénomination.

    Alors, comment fait-on?

     La classification actuelle est basée sur l'étude des filiations (phylogénétique) qui conduit à distinguer des lépidoptères  "archaïques " de lépidoptères plus évolués  ou Neolepidoptera.

Mais bonne nouvelle, on garde par commodité la distinction faite à partir de la forme des antennes.

Ci-dessous, les hétérocères à gauche, et les rhopalocères à droite.

Quelques papillons: rhopalocères ou hétérocères ? Regardez les antennes !

1 (du grec ancien rhopalon « massue  et keras « corne »pris dans le sens d' « antenne »)

 2(du grec ancien héteros, " autre " ou "différent " en opposition aux rhopalocères et  keras " corne " pour "antenne" ).

    Sauf mention contraire, crédit photos  et montages "phodessins" : © Loxiafilms / Philippe Parolini 2026

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