L'été, les berces sont en fleurs et développent leurs ombelles, sources de nourriture pour une multitude d'insectes. Dans cette foule, on retrouve ces redoutables pirates que nous avons déjà évoqués dans l'article précédent: des guêpes parasitoïdes. Ces insectes paralysent des proies qui servent de nourriture dévorées vivantes par leur larves. Si leur progéniture est carnivore, les imagos, eux, sont des amateurs de nectar. Voici, parmi de nombreux autres, quelques taxons communs que l'on peut observer facilement.
Les gastérupions
Parmi les plus curieuses espèces, celles du genre gastérupion se distinguent par un abdomen curieusement relevé en permanence. Pour le genre, l'identification est facile. Il en existe peu dont les représentants relèvent leur postérieur de cette manière ! Pour la détermination de l'espèce, l'opération sera beaucoup plus délicate. Ces insectes parasitent les abeilles solitaires.
Les ichneumons
Les ichneumons sont représentés par de nombreuses espèces pas toujours faciles à déterminer. Ci-dessous, deux genres photographiées sur un tas de bûches avant un gros orage.
Les pompiles
Les pompiles exclusivement chasseurs d'araignées, sont représentés par de nombreuses espèces. Ci-dessous, un citoyen déjà présenté dans le précédent article.
Quelques espèces allochtones
Outre les espèces autochtones, on peut observer quelques jolies espèces originaires d'autres continents.
Isodontia mexicana, parfois appelé sphex du Mexique est originaire d'Amérique du sud. C'est une élégante guêpe tout de noir vêtue. Ses victimes sont des orthoptères (criquets et sauterelles).
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Les pélopées ou guêpes potières, déjà citées dans l'article précédent, installent des loges en terre dans les habitations. Elles en sont plus facilement observables.
La forme des "poteries" permet de distinguer les deux principales espèces: la pélopée courbée fabrique des loges en forme de pots, la pélopée maçonne des amas de terre renfermant une dizaine de loges. Toutes deux introduisent dans leurs nids des araignées paralysées qui serviront de nourriture à leurs larves.
Ci-dessous, quelques images de nymphes retrouvées dans les loges d'une pélopée courbée.
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Les eumènes
Je termine avec les eumènes qui construisent, eux aussi, des loges en terre. L'essentiel est dit dans cette vidéo déjà ancienne de notre ami Paul Giboureau. On peut voir comment delta unguiculatum construit et remplit ses "poteries". La collerette qui est construite puis détruite avant de fermer le nid est destinée à faciliter l'introduction des proies dans le pot.
La revanche de l'araignée
Le métier de collecteur de nectar n'est pas un danger que pour les abeilles. Les guêpes parasitoïdes deviennent parfois, elles aussi, la proie des araignées. Peut-être cela les rendra-t-elles un peu plus sympathiques à ceux qui ne les aiment pas.
Mais le plus curieux sans doute est que les parasitoïdes peuvent, à leur tour , être parasités ! Les pélopées peuvent ainsi elles-mêmes être parasitées par un ichneumon du genre Acroricnus, un autre genre importé .
Pour conclure
Un aspect non traité dans notre article du jour est la spécificité des différentes espèces de parasitoïdes avec les espèces cibles : comment les guêpes parasites peuvent-elles connaitre très précisément l'endroit exact où piquer leur proie pour les paralyser sans les tuer? Déjà abordé en son temps par Jean Henri Fabre, ce problème donnait du grain à moudre aux anti-évolutionnistes ! On connait des explications permettant de comprendre globalement l'origine des ces comportements spécifiques mais les mécanismes fins restent à déterminer.
Un second aspect non évoqué est celui de l'utilisation des parasitoïdes pour lutter contre les ravageurs. Bien que particulièrement intéressant, il ne correspond pas exactement à la vocation plutôt descriptive de cet article. Deux thèmes qui seront peut-être abordés dans un prochain article.
Repères
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En savoir plus
L'article général de Wikipédia fait le point sur ces espèces
Un article de Pascal Rousse dans le site "Passion entomologie"
Un aspect des liens entre virus et parasitoïdes Les guêpes parasitoïdes et les virus
Un reportage photographique intéressant sur le genre Acroricnus de Christophe Pellé
Sauf mention contraire, crédit photos et montages "phodessins" : © Loxiafilms / Philippe Parolini 2025